jeudi 13 mars 2008

Le sablier berbère

Suite au post précédent («la voie lactée») j’ai voulu comprendre à l’aide la géométrie si vraiment le son «gh» qui se transforme en «q», par un phénomène de tension sur «gh» (transcrite dans le kabyle par la lettre grecque gamma) comme l’attestent les spécialistes, est dû à une influence étrangère (cananéenne – sémite) oû est-ce un phénomène propre au berbère depuis l’ancien libyque. Plus j’avançais dans mes «réflexions», plus je sentais me faire aspirer par une tornade et emporter par un tourbillon dans l'entonnoir. Au final j’ai découvert la toupie « linguistique » berbère dont je vais parler dans ce billet et son reflet. La toupie d’hiver que moi enfant berbère je voyais utiliser pour préparer le fil au tissage; la toupie d’été qui se transformait en jouet et que je faisais pivoter en observant ce mouvement fascinant; à l’école on chantait « tourne, tourne ma toupie... ».

Préambule
Si vous avez lu le post concernant «le cercle R» dans notre langue-mère vous savez quelle importance relève la géométrie pour le berbère tifinagh. Le R est convexe, c’est sûr et je suis passé aux autres lettres pour percer le mystère de notre langue. Là pour «gamma» je vais étaler mes observations et mes réflexions, je ne veux rien démontrer car ce n’est pas d’une science qu’il s’agit. Toutes mes réflexions ici écrites sont corroborées par la géométrie, les lois du Créateur. N’en faîtes pas une pseudo-science, un dogme de propagande ou de profit, que Dieu vous en garde. Mon voeu est d’inciter à la réflexion et à la méditation sur notre langue. Ce qui va suivre, ce billet sera spirituellement ressenti très fort surtout par un berbère, a fortiori un kabyle, comprenant cette langue et sa mystique. Il est de mon devoir de prévenir ces concernés que cet entonnoir vous enchantera d’abord et ensuite il ne vous laissera plus en paix, votre sommeil sera troublé, vous ne cesserez pas d’y penser. Mes amis, le chemin de la Vérité est une spirale!

Chaqlala la tension
Puisque on parle de phénomère de tension, ici linguistique, on ne va pas oublier non plus la tension entre les «nôtres» et les «autres» avec toute la «chaqlala» (tchaqlala = rixe, polémique, dispute à haute voix) qui va avec. Justement pour ce qui est de caqlala. En kabyle nous disons «euch aqerrukx» (bouffe ta tête) à celui qui hurle et ne veut pas se la fermer. Eh bien caqlala vient de «euch aqlal», aqlal signifie luette (appendice charnu qui pend au milieu du bord libre du voile du palais, à l’entrée du gosier), appellée aussi uvule, du latin uvula (d’oû le mot vélaire en linguistique/phonétique). Aqlal signifie en kabyle au sens figuré (donc il symbolise) un appétit, grand appétit et appétit éveillé lorsque la luette se met en mouvement, à osciller comme un pendule. En phonétique le son gamma «gh» est vélaire, le son «q» est post vélaire. Donc il faut vraiment un effort, une tension pour passer du gamma au son «q» qui symbolise aussi la ligne de démarcation, le rubicon avant l’entrée dans le gosier. C’est ce phénomène de tension que j’ai essayé de compendre par la géomérie.

Ebauche que je compléterai plus tard, pour le moment je vous laisse méditer et réfléchir, mettez les verbes/noms que vous connaissez à différents niveaux «gh», «q» et «x» et vous comprendrez.
Regardez d'abord la lettre tifinagh Libyque-ancien qui symbolise les sons "gh" et "q".

(voici le lien si nécessaire: http://www.mondeberbere.com/langue/tifinagh/tableau1.htm )

La toupie berbère
La base du cylindre tend vers zéro et devient aigue : on a un cône. En haut c'est le couvercle "GH" comme dans "ghom" couvrir, en bàs on a un "q" piquant comme dans "eqess" pique ou "qis" -viser ou essayer (une robe) ou "qed" (lqed) la taille (de femme mince il faut croire!). Le temps des verbes diffère: "negh" - tue (impératif en haut, GH) devient "ineq" en bàs (aoriste qui ne dénote aucune valeur temporelle mais un aspect dit « zéro » (ou « perfectif »), on retrouve ce phénomère d'aorisisme dans le grec ancien). Idem pour Ghez -creuser, Qeaz. Même chose pour le temps: Qal de ardh qal ( à toute à l'heure) ou comparons uGhal-reviens et uQal (de Uqlagh - je suis devenu/je suis revenu). Ce point Q, très pointu comme dans les emprunts au sémitique lQodh (pincer, glaner), aluQadh (pince). Q définit aussi la forme cônique aigue des choses (aQelmun, aQerwi, aQavash, aaQush, aaQa, aQvush, aQerdhash) et le mouvement de rotation qui dure longtemps (aQezav - flatteur ou aQefaf - escorte), qui s'éteint et la toupie tombe! (Qluqel - déambuler). Ici et seulement ici (niveau Q) et parfois au niveau GH, il y a des interférences avec le latin et grec (q devient K) et le sémite, langue arabe (et autres?) contient certains mots qui adhèrent à notre logique mais il contient encore plus de mots (de ceux vérifiés) en complète contradiction avec cette même logique. Voilà pourquoi j'avais soupçonné le son Q d'être un son sémite-cananéen-arabe. J'ai tiré quelques conclusions, entre autres: le mot sémite-arabe "meqias" (coudée) que l'on a en berbère "ameqias" (bracelet) à mon avis ne serait pas un emprunt du berbère au sémite mais plutôt l'inverse, géométriquement parlant. Ensuite le mot berbère "iGHil" signifierait en fait la "coudée" berbère ou l'avant-bras à poing fermé = la taille de l'homme. Ensuite je pense que notre mot "aQew-qaw" (bégue, qui parle mal) est l'équivalent du mot grec varvaros (barbares) que l'on retrouve dans le sémite braber; comme ça si ça vous chante de répliquer à ceux qui vous insulteraient vous connaissez le mot: les qawqaw. Le mot sémite (arabe) qamaâ, signifiant cône viendrait du grec kônos , comme quba (dôme) ? Idem pour le mot qarn (siècle/corne) en latin cornu. Le mot, proche phonétiquement, kabyle aQerru (Q pointu à l’avant + suffixe ru signifie convexe) designerait à l'origine un type de tête (machin pointu-céphale) et non pas la tête en général et le mot aQeluash qui désigne le bouc (syn. : ahuli, aghidh) désigne soit corne, soit bête à corne ou plutôt capricorne. Le mot kabyle enQev (becqueter) ne serait pas un emprunt au sémite-arabe naqeb (trouer) ou minqar (bec) oû le q piquant n’est pas dominant : le bec en kabyle est a-Qavuv (a-qevqav) forme phonétiquement et géométriquement berbère (donc pas d’adaptation d’un emprunt), voir aussi aQawqaw (bégue) ou aQamum (museau), aQadhum ("visage pointu") diminutif et parfois péjoratif de Udhem (visage), etc... Le mot berbère aQavash = hâche/pioche est souvent transcrit et pris à tort pour un emprunt sémite Kabache alors que le mot sémite-arabe est minqar ou fas.

Le sablier berbère
Le reflet de la toupie, ou la double toupie = sablier. 0 niveau de la terre (son «q»). En haut le "GH" singinifie l'homme et la vie (impératif), au milieu c'est "q" - la ligne de démarcation = la terre; en bàs c'est le monde des morts ¨X" (KH), les ténèbres ( Xssi = éteint).

Il y a les intermédiaires que je mettrai plus tard: "K" entre GH et Q; "Kx" K-spirant sous Q comme probablement le G spirant (pas sûr). Le G (Ga de uGadh) est en dessus de GH, vivement orienté vers le futur (arGu-rêve, eGal -jurer, eGGani = expect, attendre son tour, etc...). J'y reviendrai.


En language enfantin pour illustrer: ghughu = lait (produit transformé et consommé par l'homme); qaqa = friandise qui viendrait de "aqa" = grain, tiré de la terre; "xaxa" (khakha) = caca, "produit éteint".



Conclusions envisageables: il faut différencier linguistiquement le mot «xas» de «ghas», «xas» (khas) signifierait tant pis/tant pis si alors que «ghas» signifierait même si. Ensuite, « xarsum» (kharsum) est la forme correcte pour dire au moins (niveau – 1, le minimum du minimum), «gharsum» serait incorrecte. Il y a le mot tha-Khryt (la bourse) qui intrigue...est-ce lié au rituel des morts? ou à rappocher de Crypte ou de Kryt (Crète)?. Tout comme aXam/a-Kham (maison) qui en fait signifierait demeure? Le mot le plus marquant est Xiq/Khiq (nostalgie) dont le sens est proche du mot russe toska plus que du français nostalgie pour exprimer combien on regrette les disparus. Remarquez qu'en sémite (arabe) à ce niveau -1 sont placés le Créateur! et ses créatures (être humains) khalq, donc cette langue ne s'inscrit pas dans notre logique.



Le cône de lumière
Voir article sur wikipedia
Dans le sablier berbère "Q" il n'y a pas de rupture comme ici, sauf dans le verbe Qers (rompre, déchirer) qui s'oppose à Qen (lier, ficeler, unir). On y reviendra plus tard.





La double-spirale ADN

Par la symétrie géométrique, chaque lettre plutôt chaque son possède son "vis-à-vis", c'est celà qu'il faudra vérifier plus tard. Le mouvement de la chute de GH vers Q rappelle une spirale. Pour le moment pas de raccourci, juste un peu bizarre et curieux comme phénomène.


Pour finir: la parole, le mot est dit "awal" ou à mon avis il doit être transcrit: a-Ual, soit Le-De-Oeil. (alen = yeux, le singulier Al ne se dit plus rempalcé par thit). Donc le mot parole aual (awal) est ce que l'oeil a observé! Le même suffixe Al se retouve dans "adhergal"-aveugle, "azerual" - aux yeux bleus, etc...L'intérêt est que aL signifierait aussi orifice, une ouverture = source, comme dans le sémite-arabe "aïn" qui signifie oeil/source; en fait on verra ça plus tard quand on arrivera à la lettre L ! Le aL berbère serait dans un sens ce qu’est «oko»(oeil, au pluriel Otchi) en russe, le (globe) «oculaire» en français du latin Oculus = 1) oeil, 2) en architecture: petite ouverture dans un mur.

Zeroual: Pour la petite histoire le nom berbère Zerual (Zeroual) très fréquent chez nos cousins chawis à l’est et rifains à l’ouest aurait son équivalent russe (de l’ancien slave) que l’on rencontre même aujourdhui «Sinéok» = bleu-oeil et chez les grecs: γαλανης [ghalanis] ou galanis (celui qui a des yeux bleus). Il est probable que Zerual est une forme arabisée de Zeghual car la couleur "bleu ciel" en berbère est zegzaw (géométriquement attesté: le gh et G vers le haut = ciel), parfois signifie "bleu très clair" ou même "vert", donc il indique la couleur turquoise (entre bleu et vert)? Donc par confusion avec azraq du sémite-arabe qui aurait remplacé le berbère zegzaw a donné au lieu de zeghu-al sa forme actuelle zeru-al on a qui a donné zerual ou zeroual ???. Si à l'origine le mot était zeru-al il signifierait (ru convexe) celui qui a les yeux ronds ??? Autre réserve, par rapport à la couleur des yeux: généralement ce n'est pas le bleu mais le vert qui est prédominant pour les berbères du nord, du moins ce que je sais en Kabylie. Alors est-il envisageable de dire que Zerual signifie aux yeux verts/ou bleu turquois?

Thalla - Thallasa: dès à présent je suis sûr de l'origine libyque (berbère) de ces mots. AL = source dans Thalla (fontaine), Illel (mer) et aussi ouverture (eLi) et aussi source de naissance (iLul) comme dans le slave-russe rodnik = source d'eau et rod=clan/famille qui donne roditsa=naitre, rody=naissances, etc... Cette découverte est fort intéressante et on la verra en détails dans un prochain post à part.


En hommage à Dda Lmuludh Feraoun,
"Fouroulou, le fils du pauvre",
assassiné le 15 mars 1962 par les nihilistes de la chimère.

13.02.2008
H.Y

Fils de Mohand Arezki
d'Ighil "nezman" des Ath Duala.

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