mercredi 15 juillet 2009

Noé

Ce post est un moment crucial de notre combat pour recouvrer notre identité kabyle et mazigh.

Introduction
Il faut avoir lu les 2 billets précédents avec le "ankh" pour comprendre ce qui va suivre.
Nous avons vu sur ce blog nombre d'exemples d'altérations et de mutations dans la langue kabyle. Notre langue kabyle moderne est très polluée par des sons intrus et faux amis, l'identification de ceux-ci nous aidera à lancer l'assainissement de notre langue maintes fois séculaire et l'extirper enfin des griffes des usurpateurs.
Donc comme je disais dans le billet précédent une formule de change ou plutôt une formule d'altération a été identifiée, il s'agit de l'altération mutuelle de N et L quand on passe de notre langue aux sémitiques (arabe notamment). Donc c'est un grand chantier qui nous attend car il faut systématiquement vérifier tout le lexique interférent kabyle (mazigh) et arabe (sémitiques) contenenant un N ou un L, là ou c'est un N il faut mettre un L et inversement là oû c'est un L il faut mettre un N: c'est le moyen le plus sûr de désémitiser-désarabiser notre langue.
N kabyle vs L sémitique/arabe
L kabyle vs N sémitique/arabe
Je vais vous donner un exemple peu sympa mais qui vous facilitera la mémorisation de cette formule: en kabyle a-khlul (morve) = khnuna en arabe-argot DZ, c'est L kabyle vs N arabe ici. Autre exemple. Lefth (navet) en kabyle et lift en arabe, avec N au lieu de L on aura Nefth ou Nevth sans doute proche de Navet. C'est pas beau mais c'est facile à retenir!

Noix
On va prendre un exemple plus sympa surtout pour les amateurs de viennoiseries, friandises et confiseries, genre qelb luz algérois - coeur d'amandes au miel (mon Dieu que c'est sucré!)
Luz = amande (noix) en kabyle et en arabe: on procède au changement L vers N et on aura:
Nuz...comme Nuts, noix dans les langues du nord.
Et ce N à la place du L de Luz (amande) nous permet de voir un autre mot:
Nuga chez nous ou Nougat en français qui est aussi une confiserie d'amandes et de miel.
Là nous avons la notion de NOYAU, mot issu du latin nucalis (amande, datte) qui serait dérive du latin nux, nucis (noix); en sémitique arabe noyau se dita nawa(t); ces mots auraient une relation avec le latin nodellus, nodus (noeud) très proche du verbe kabyle NeDH (nouer, nouer autour). Donc ce qui est nucléaire serait soit avec un N comme en latin et en sémitique-arabe, soit avec un L, c'est soit NW-NY, soit LW-LY.

Puits
L'astuce des camarades pour s'accaparer le lexique commun, ou carrément emprunté, consiste à mettre le L en article (al-) alors qu'en kabyle le mot intérférent porte le L en préfixe. Exemple:
al-biir, biir = puits en arabe
Lvir = puits en kabyle (il n'y a pas de vir tout seul en kabyle!)
Je prends Lvir en kabyle et je procède au changement du L par N et hop!:
Nvir = a-Nu...comme dans les autres langues mazigh du Sud-Ouest ou du Sud par exemple.
Idem pour aghvalu (puits de source) qui serait aghvanu.
Nvir, a-Nu, aghvanu: je rappelle que le N atteste la forme d'anneaux, comme ceux des puits par exemple; N attesterait aussi le creux rond comme dans amdhun (bassin), là nous nous rapprochons du mot mine issu du gallo-romain (origine celte) mina.

Papiers
On dit en kabyle et mazigh nekwa pour carte ou pièce d'identité.
L'kagheDH, LekwagheDH = papier-s (idem en argot DZ, pas en arabe: warqa)
Avec le L en N j'aurai:
NkagheDH, NekwagheDH: on y voit bien nekwa!
On peut aller plus loin en s'en prenant à l'arabe:
en arabe Laqeb = patronyme, nom de famille
avec L en N on verra Naqeb ou Nakev, Nakew.
J'ai déjà donnée l'explication de Nekwa sur ce blog avec son rapprochement de l'égyptien ancien (voir post Le sceau de Salomon)

Noé
Vous croyez aux histoires ou mythes religieux (bibliques ou autres) ?
Noé est Nuh en sémitique-arabe. Ce que c'est navigern nautique vous devez connaître (du grec nautis). Pour le mot tha-nshirth (pièce de bois, planche de bois) avec comme sh = kh (voir billet précédent) j'aurai thankhirth avec l'inévitable N et ankh.
Je prends un lexique N-L interférent entre le kabyle et le sémitique-arabe:
Luh = planche/plaque (de bois), tableau.
Avec le L en N j'aurai Nuh!
Autre exemple avec Lwahsh, Lwhush en kabyle = faune, bêtes sauvages = al-wahsh, wuhush en arabe. Idem si on a N à la place du L ça donnera Nwhush, Nuhush!
En arabe al-bahr, bahr = la mer = LevheR en kabyle (vheR sans L n'existe pas). Avec N ce mot devient NevheR, ici le "v" est une voyelle (u, ou français), NuheR!
Le mot kabyle LeHwa = "pluie, averse" deviendrait NeHwa (Nugwa ou nuqua, lien avec agua/aqua =eau en espagnol/italien?). Ce N se retrouve dans n'dha = rosée, probablement ce N serait lié à l'humidité (déesse TefNout chez les anciens égyptiens) ou/et aux précipitations l'atmosphèriques.
C'est quand même bizarre que la mer, les précipitations (pluie-déluge?), la "planche de bois" (naval-bâteau?) et "animaux" soient proches phonétiquement de Nuh-Noé, il ne manque qu'à "dater" le déluge!
Maintenant prenons un autre mot interférent:
tha-felukth en kabyle, felouka en arabe (pris en Egypte) = felouque, barque
Avec L en N notre barque devient thafenukth ou sans les affixes et F transcrit correctement:
phenuk, phenug
A la prochaine, navigateurs phéniciens (pléonasme?)!

Jésus, croix, couture

Suite du billet précédent.

Jésus
La croix ansée Ankh qui signifie "vie" en ancien égyptien va nous aider à trouver de nouvelles solutions pour mieux comprendre notre lexique pour l'assainir par la suite.
D"abord il faut comparer Ankh "vie" à notre aysh "vie" trop proche de âysh la variante sémitique. Nous savons que la chuintante phénicienne "sh" aurait sans doute influencé notre langue, cette chuintante existe en hébreu aussi. Le nom de Jésus en arabe est Aïssa alors qu'en hébreu Yéshua. Si nous voulons revenir à une variante antérieure aux influences des sémitiques, phénicienne surtout, nous devons replacer notre langue au milieu, entre nous et les sémites, c'est à dire en Egypte ancienne. Par exemple Aysha du mythe populaire kabyle, celle qui sauva les os de son frère, supposée à juste titre être la soeur d'Oziris appellée en grec Isis, soit Aset en ancien égyptien, ce nom aysha aurait sans doute été déformé sous l'influence des sémitiques et il faudra aller chercher le nom originel. Mais l'intérêt aujourd'hui est pour Jésus -Yéshua et la croix. Ce qui est frappant dans tout ça est qu'on peut lier le nom Yeshua et l'appellation de la Croix à condition que le "sh" sémitique devienne un "kh" égyptien (xi grec), c'est à dire Yeshua-Aïssa-Jésus serait peut-être bien ankha = la croix ansée. Jésus Croix est un pléonasme? Ce n'est qu'une supposition bien sûr et on y reviendra si de nouveaux éléments apparaissent.

Couture
Donc ce Ankh égyptien ancien nous invite à appliquer une formule de change, la voici:
sh ~ kh
En fait pour un francophone c'est facile à retenir, c'est comme le Xi grec transcrit "ch" en français qui est prononcé soit "sh" comme dans charte (khartia en grec) ou "K" comme dans charisme (kharisma en grec). Pour nous kabyles -mazigh le passage du "sh" au "kh" nous permettra de remonter le temps, d'aller plus loin au delà de la cohabitation avec le phénicien, c'est à dire vers l'époque de l'ancien égyptien. Alors cette formule de change sh~kh se confirme-t-elle en kabyle moderne? Oui, et voici deux exemples explicites:
1. a-khenfush = bouche en kabyle familier (au lieu de a-qemush ~ rapproché du mot stomus en grec), le suffixe diminutif "-ush" atteste la petitesse.
a-shenfir, i-shenfiren = lèvre(s): avec sh=kh on aura akhenfir avec la même racine khenf entre bouche et lèvres (akhenfush-akhenfir) ce qui indiquerait la forme ronde ou la fonctionnalité de "fermer/ouvrir, ouverture".
2. a-shangal = lacs [la], potence.
avec sh=kh on aura a-khangal oû l'on devine facilement la racine khng de khneq = pendre qui interfère avec l'arabe khneq (pendre) et avec l'anglais hang (pendre).
Ce deuxième exemple est très intéressant à plusieurs titres notamment parce que il nous dévoile deux choses très intéressantes.
Primo, ma supposition faite il y a très longtemps se confirme: les sémitiques ont à l'altération du N par L, ce dont on parlera plus en détail dans le billet prochain; ici le verbe pendre khneq nous renvoie vers le cou a-anqiq en kabyle âneq en arabe mais aussi vers le verbe suspendre aaleq en kabyle et âleq en arabe: euréka! on voit bien que le L sémitique a altéré le N, ce verbe serait logiquement aaneq en kabyle ou âneq en arabe (suspendre) proche de khneq (pendre) dans les deux langues.
Secundo, j'ai observé la logique suivante: le mot cou et le verbe coudre sont étrangement proches sans doute par la forme ronde ou en noeud ou boucle, et c'est valable pour plusieurs langues:
cou - coudre en français
sheya (cou) - shit (coudre) en russe
anqiq (cou) - khiDH (coudre) en kabyle, idem en sémitique arabe: là on constate que anqiq serait ankhiq ou ankhig et que lkhidh (fil) serait nkhiDH probablement.
Pour finir. Nous avons avec ce Ankh ou simplement Nkh la forme ronde de boucle, en réalité ce sont des bagues, des anneaux comme ceux de la trachée (jakhukh, jankhukh?) ou d'une conduite gaufrée, c'est aussi un N ou Nkh des ondulations, ondes, du décompte des années, etc...Retenez cette signification rationnelle du N et Nkh pour les prochains billets sur ce blog.

lundi 13 juillet 2009

Oncle

Ce post est consacré aux "invisibles".

Préambule
Quand en kabyle, en mazigh en général, nous prononçons tel ou tel mot nous ne savons pas exactement quelle est sa véritable transcription, c'est à dire quelles sont les lettres qui composent ce mot. Le fait d'inscrire un mot "à la manière du berger", comme on l'entend prononcé, est simplifiste (simpliste) et ne sert pas les intérêts de notre langue. C'est comme en français peugeot transcrit correctement ainsi mais se prononce simplement avec deux syllabes, un scribe plus simplifiste et peu scrupuleux l'aurait transcrit pejo (imaginez le grincement de dents que cette transcription ridicule aurait provoqué chez les français et les francophones!), ce qui de fait dénature ce mot et cache ses origines, son étymologie et le vide de sens. Eh ben en kabyle c'est exactement pareil, simplifier la transcription des mots sans avoir procédé à l'analyse de notre lexique ferait plus de mal que de bien à notre langue: nous devons élaborer non pas une transcription facile, simpliste je dirais, mais une transcrition adéquate et conforme à notre lexique kabyle et mazigh et pour ce faire il faut prendre le temps nécessaire et ne pas faire dans le simplifisme pour éviter de commettre l'irréparable.
Nous avons déjà parlé sur ce blog des "invisibles" ou sons non-prononcés en kabyle, des sons cachés surtout entre les syllabes. Nous allons prendre un exemple frais:
amzur (tresse) se prononce am'zur
amrar (corde) se pronince am'rar
Une tresse et une corde se ressemblent par la forme comme le serpent et la corde (proverbe arabe: la corde effrayera celui qui a été un jour piqué par un serpent).
D'autre part on a évoqué l'hypothèse d'un "th" caché dans am'rar = amthrar qui nous rapprocherait du grec methron (mesure, mètre) mais là nous avons une autre supposition pour ce mot: comparé à amzur (tresse) am'rar serait plutôt amezrar/amesrar.


Oncle
Vous savez qu'en kabyle nous disons khali pour oncle, idem chez les arabes qui comme d'habitude revendiquent ce mot. Mais regardez bien ce qui suit:
un N se cacherait devant le "khi", voir des gamma en général.
khal, khali (oncle), khalti (tante) avec ce N caché devient nkhal, nkhali, nkhalti
khali = nkhali est comme oncle ou uncle avec la même racine NKL sauf que la prononciation diffère entre le Nord et le Sud! Remarquez qu'en kabyle la logique est respectée: aDH"wgal = gendre, le sens et la phonétique des deux mots sont proches. Probabalement khali=nkhali serait plutôt nghal, nghali en kabyle-mazigh avec la gamma "gh" altérée en "khi" voir même en "g" spirant ou "G" occlusif: gali-ngali, Gali-nGali. On y reviendra un peu plus tard.

J'ai parlé du sens de "boucle" MN dans le post consacré à Amon avec le symbole de l'infini (huit couché), le chiffre huit, le magnétisme, etc... Les mots zeman, semana (semaine), thmanya, dunith avec un "kh" ou "gh" couplé au N leur donnerait un sens asssez intéressant (cycle, boucle).

Ici c'est plus simple car il ne s'agit que d'un N caché. Ce N caché est lié au "khi" et à la gamma "gh"expliquerait pourquoi nous avons déduit que le N en kabyle attesterait une forme d'arc, courbe voir boucle, en fait ça serait ce digramme "nkh, ngh" qui l'attesterait cette sorte de boucle. Pour vérifier cette hypothèse il faut prendre notre lexique avec "khi":
khekhal = bracelet aux mains et aux pieds
khathem (interférent avec l'arabe khatem) = ce mot serait en fait ankhathem
Voir aussi avec "mng" ou "ng": tha-mengusht (tha-gedTumth)= boucle d'oreille
Ce N caché est devinable dans le nom de la divinité suprême "des eaux et des sources" kabyle et mazigh anZaR: an' ZaR serait ankhZaR ou anghZar (ghZeR = torrent).




On est proche de déchiffrer le sens d'un mot égyptien ancien ANKH qui signifie "vie" et qui a comme symbole la croix ansée. Le plus marrant, sans faire de raccourcis bien sûr, est que ankha ou ANXA (anksa) avec soit ans ou ank/ang est proche de anse phonétiquement et qlq part ces deux mots ont le même sens "courbé": ansa (poignée, petit golfe). Nous avons peut-être là une notion d'orientation (astronomie) avec cette croix ansée (voir aussi la croix d'Agadez touarègue pour comparaison). Ce symbole concernenait probablement aussi la symbolique chrétienne de la croix, le Christ. La réponse est dans notre lexique (nez, tendon d'achille, etc...), dans aghillas et dans anZaR. On en reparlera une autre fois.

samedi 11 juillet 2009

Thiv'hirin

Billet DS

Ces derniers jours les débats font rage sur qui a tué les moines de Thiv'hirin (toponyme mazigh déformé transcrit en arabe-colonial Tibhirin et repris en français-colonial Tibhirine ou Tibéhirine). Lire plus: Les moines de Thiv’hirin

D'aucuns pensent que le sujet refait surface pour servir les intérêts de l'état français et pour ternir l'image de l'Algérie. En réalité les hypothèses sont nombreuses et toutes ont au moins une chose en commun: la mort des 7 moines est instrumentalisée par les politiques. Personne ne s'enquiert de la mémoire de ces sept moines.
Ces 7 moines ont été lâchement assassinés par les hordes arabistes-islamistes, là il ne peut y avoir de doutes. Ils ont été assassinés par ceux qui jurent par le mal, par les serviteurs de la bête immonde, par des assassins au service de leurs maîtres qui tirent les ficelles à partir de leur tanière au moyen-orient et au golfe persique.

Ces 7 moines étaient de facto des cibles désignées pour les islamistes, des cibles faciles pour les terroristes. Ces 7 moines avaient choisi de ne pas fuir ce pays malgré les menaces dites ou non-dites qui pesaient sur eux. Ces 7 moines étaient certes des citoyens français mais à mon avis ils défendaient non pas "la raison d'état" ou les intérêts de la France mais ils défendaient leurs convictions avec l'espoir de faire fuire un jour les démons qui ravagent ce pays nord-africain, ils voulaient sans doute contribuer à lui rendre son humanité. Ce pays, cette terre était leur destin. Leur destin fut aussi tragique que celui de ce pays.

Ces 7 moines ont été courageux car je ne doute pas un moment qu'ils étaient conscients du danger de mort qui les guettait au quotidien. En plein milieu du maquis terroriste l'échafaud islamiste était dejà tout prêt pour eux comme pour beaucoup d'innocents, enfants, femmes enceintes, vieillards, jeunes parmi les 200 mille victimes de ces monstres à la solde des idéologues bédouins sanguinaires, d'essence arabiste et islamiste. Leur exécution n'était hélas qu'une question de temps. Sept condamnés à mort qui attendaient le jour de leur exécution. Jour après jour, il auraient sans doute discuté de leurs angoisses, de leurs espoirs pour ce pays et pour ce monde.

On ne peut pas repprocher à une personne de fuir le danger mais on peut reprocher à un Etat ou de "fuir le danger" qui équivaut à "fuir ses responsabilités". Ces 7 moines ont eu plus de courage que l'Etat Français et Rome-l'Eglise Catholique réunis qui ne cessent de faire le jeu de ces usurpateurs en Afrique du Nord, qui ne cessent de faire preuve de lâcheté et de complicité avec les arabistes et les islamistes d'Afrique du Nord.

Nos intellectuels tombés sous les balles de nos ennemis tout comme nos citoyens-soldats resteront à jamais dans les mémoires. Ces 7 moines sont morts aussi pour la dignité de notre pays, ils feront à jamais partie des nôtres, ils sont morts pour leur pays. Oui ces moines sont morts pour leur pays, et franchement peu importe la nationalité "administrative" officielle. Ce sont nos concitoyens de gré. Et les autres resteront toujours les autres même s'ils sont plus nombreux, mieux armés que nous et maîtres sur nos terres. L'exécution de ces 7 moines témoigne du degré de barbarie atteint par les autres, leur haine viscérale de l'humanité; leurs atrocités et sauvageries en plus d'horrifier doivent mettre en garde les humains que pour vaincre ces monstres il faut plus de détermination et moins de démagogie.

Les 7 moines de Thiv'hirin...Que leurs âmes reposent en paix, veuille Le Créateur les réconforter, et réconforter leurs familles et leurs proches chagrinés, taire leur douleur et apaiser leur colère.

vendredi 10 juillet 2009

Byron

Offtop. On va apporter ce qui manquait à ce blog: une touche de romantisme.

Une touche de baïronisme, une touche de romantisme ne ferait pas de mal à ce blog. Autant avouer que le message qui va suivre n'est pas du poète romantique anglais George Gordon Byron (1788-1824) mais d'un simple grand romantique aux initiales MG.
Ce qu'il y a de particulier dans cette histoire est que ce message date d'au moins 24-25 ans, il a été publié à la rubrique lecteurs d'un hebdomadaire algérois vers probablement fin 1984 ou au printemps 1985. A l'époque j'ai eu tant de sympathie pour ce malheureux romantique MG que j'ai gardé ce message dans mon journal. Aujourd'hui je vais le reproduire intégralement en espérant que tout va bien pour son auteur MG après tant d'années de chagrin et surtout vu que l'Algérie a bien changé depuis 1985 en sombrant dans les ténèbres des haineux et des assassins. Voici donc un témoignage historique de ce qu'était ce pays, juste avant de chuter, via ce témoignage du romantique MG.

Le dernier romantique


Elle a défloré mon âme. Elle a choisi quelqu’un d’autre pour sa situation. La chanson d’Aznavour fait un ravage dans mon cœur. Un cœur qui bat la chamade depuis longtemps. J’y croyais à l’amour moi! J’y croyais à mon étoile ! J’étais heuereux avec elle. J’ai tout misé sur elle, moi. J’ai tout râté à cause d’elle. Quand je reviens dans cette ville, les glandes lacrymales sont en alerte – mon cœur se serre – vais-je la rencontrer ? me dis-je souvent fut-ce au bras de mon rival (maso vous dites ! c’est qu’il y a belle lurette que je l’ai vue. Elle hante mes nuits depuis une décennie. A-t-elle épousé cette riche personne ? ! Ché pas. Qu’est ce qu’elle devient ? Ché pas non plus. Moi je l’aimais passionnément vous savez c’qui’s’passe dans mon âme, dans mes entrailles, seul Dieu le sait – je lui ai juré un amour éternel – Et puis voilà ! Cruel destin ! Voilà ! Elle a choisi ! Elle a choisi le matériel. Pourtant. Pourtant j’la connaissais pas comme ça – moi – Tous les projets qu’on a fait ensemble sont tombés à l’eau. Elle m’avait promis de me donner deux enfants. Pas plus. On écoutait souvent ensemble la chanson de Delpech « fais-moi un bébé »*, on était heureux j’vous le dis ! Non je lui jette pas la pierre. Je lui pardonne. Je lui pardonne tout. Moi ! Toutes ces souffrances que j’endure. Pourvu qu’elle soit heureuse. Pourvu qu’il lui soit rien arrivé de grave. Aimer à perdre la raison a dit le poète. Oui, le poète a toujours raison. C’est dit par le même chanteur. La déception amoureuse c’est le cancer de l’âme. J’vous demande pardon. J’voudrais pas philosophailler. Plutôt jeter des idées comme ça en vrac sur le papier. C’est plus sain. C’est plus honnête. C’est sincère. C’est profond. Ecrire ! Oui écrire jusqu’à ce que mes neurones brûlent entièrement. Me mettre à nu jusqu’à ce que j’en crève. Le jeu des osselets est un jeu passionnant pour les enfants. Je revois encore cette image quand toute gamine elle jouait à ce jeu devant la porte de leur immeuble. Ce qui m’rajeunit pas. Elle non plus. Le temps ça fait beaucoup de choses. Ça fait grandir. Ça fait souffrir. Ça fait mourir. Ça forme. Ça déforme. Oui ça forme ! Elle grandissait et elle commençait à prendre conscience de son corps. Et puis ! Et puis son esprit commençait à gambader. L’esprit en vadrouille. Tac ! La crise de l’adolescence. Les émotions répétées. La petite touche. Le petit flirt. Adieu les osselets. Adieu les jeux d’enfants. On est «adulte» maintenant. Pour moi le jeu des osselets est toujours dans ma tête. A chaque petit caillou j’ai donné une lettre et puis j’ai formé un mot. Le fameux mot magique. Dangereux : Amour. Moi j’nai rien oublié. Tu sais ! « Le vieux du quartier qui est mort est jeune » qu’tu disais en kabyle algéroisé. Et moi je riais à me casser les côtes. T’vais perdu ton latin. Plutôt ton kabyle. Tout ça c’est pas oubliable. Les nouvelles de moi ?! Eh ben moi je suis toujours le même. Je suis un grand enfant. C’est tout. L’homme. La femme. Ce sont de grands enfants. C’est tout. J’espère qu’t’as pas coiffée Ste Catherine. J’espère qu’t’es heureuse. Les nouvelles de moi tu dis ?! Eh ben moi je pense toujours à toi avec un froid intérieur à gercer mon âme. Moi marié !!..Ça va pas non ! Mon amour pour toi est un empêchement au mariage. Je vis avec cet espoir de nous rencontrer dans un autre monde. Les histoires de vie antérieures je sais qu’t’en connais un bout.
J’voulais envoyer ce petit message au journal « libé ». Et puis j’ai préféré notre «2A». C’est un hebdo sympa. A l’écoute de tout. On peut lui faire confiance.
Vivement que cette «lettre» soit publiée. J’ose l’espèrer. C’est mon vœu. Mon très cher vœu. S’il n’est pas exaucé j’naurais plus qu’à tatouer sur mon bras la phrase leitmotiv des marginaux. Des infortunés : PAS DE CHANCE.
M/G le Détenu de l’Amour

* La chanson de Michel Delpech s’appelle « fais un bébé ».

Date de parûtion de ce message: 1984 (automne) ou 1985 (avant l’été) . Hebdomadaire algérois «Algérie-Actualités», appellé AA ou 2A parfois.

Puisqu’il est question de "filles kabyles qui rendent les garçons fous" et d’amour bafoué je vous propose de découvrir l’autre talent de Dda Lwennas Maatoub en écoutant sa chanson tout simplement formidable intitulée yir thayri (amour bafoué), les paroles en kabyle et la traduction vrac en français sont aux «commentaires» de ce clip sur DailyMo, merci à l’auteur de l’upload Nomade_C.

dimanche 5 juillet 2009

Day In.

Billet D.S

Les USA fêtent leur independance day le 4 juillet.
L'Algérie fête son jour d'indépendance le 5 juillet comme témoignent les vénérables caricaturistes
Dilem et le Hic .
Comme la Kabylie n'est pas loin de l'Algérie on se croirait aussi concerné, cependant gare aux illusions. Ou gare à la désillusion?

Quand votre patrie est indépendante vous vous en rendez compte chaque jour ou au moins une fois par année le jour de fête, le jour de l'indépendance. Si votre patrie est indépendante votre peuple l'est aussi normalement. Si votre patrie est indépendante cela suppose que votre peuple a acquis ses droits d'être maître de son destin, maître sur ses terres, il a normalment acquis la souveraineté politique sur ses territoires.
Il n'a y a qu'à confronter ces attributs d'indépendance à l'état des lieux dans notre pays pour se rendre compte que notre patrie et notre peuple sont tout sauf indépendants. Les territoires sont toujours entre les mains des autres, la langue et la culture du peuple sont interdites ou folklorisées, les moeurs et doctrines étrangères s'imposent par la force des armes sur nos territoires., etc...

On peut aussi sentir son indépendance! Si vous avez du feeling vous discernez votre pays, votre patrie, votre chez-moi des contrées étrangères et des pays étrangers. Combien de kabyles se sentaient et se sentent chez-eux en Algérie "arabe et islamiste"? Mais sans blagues, un kabyle parti d'Europe qui atterit à l'aéroport d'Alger se sent chez lui, surtout devant le pafiste algérien? Pire encore, dehors avec tout le décor "djellabas et machin" c'est chez-lui ça? Bien sûr que non! Que dire alors des centaines de milliers sinon des millions de kabyles forcés à l'exil? Que dire de plus sauf que leur patrie est occupée, leur peuple opprimé et qu'eux-mêmes ne sont rien d'autre que des apatrides. Oui des apatrides, nobles concitoyens. Des apatrides...des apatrides...

Les pauvres d'esprit croient peut-être à la demi-dépendance ou à l'indépendance illusoire. Comme ils croient aux ragots des usurpateurs comme celui-ci: "les kabyles ont toujours habité les montagnes et ils ont attendu.... la venue des arabes (venus du désert) qui ont peuplé les plaines et le plat pays". Punaise, on mêle le sable et l'agriculture! Mais d'oû vient cette densité démographique en Kabylie pourtant pauvre en terres? Et cette particularité culturelle d'oû vient-elle si ce n'est de l'histoire, de notre ancienne patrie? Les pauvres d'esprit refusent de voir la réalité en face à savoir que la Kabylie n'est qu'un refuge qui a permis à des centaines de milliers de nos concitoyens de fuire les envahisseurs et criminels étrangers. Chaque période de notre histoire aurait apporté son lot de réfugiés en Kabylie , en faisant le compte à rebours on peut assez facilement parvenir à une explication simple:
- expropriation des terres kabyles (nos dernières terres) par les français après 1871
- expropriation des terres par les turcs surtout à l'ouest (entre Tizi et Alger) du 15 au 18 siècle
- et la plus grande expropriation ou la plus grosse vague de réfugiés a sans douté été générée par les invasions arabes-musulmanes hilaliennes 11-12 siècles et celles des conquêtes musulmanes du 7ième siècle, les régions de l'est ont le plus souffert (Est-Algérien + Tunisie de nos jours). Ethniquement les gens qui habitent depuis les 7-12 siècles ces contrées n'ont dans leur majorité aucune relation avec la période numide ou punique.
Pour expliquer ce phénomène prenons un lemthel (métaphore, allégorie). Quand il y a une grande inondation que se passe-t-il? D'abord l'eau envahit ce qui est en bas, c'est d'abord le plat-pays et les plaines qui sont sinistrés, ensuite les gens vont se réfugier sur les hauteurs, dans les montagnes pour échapper à ce fléau. Idem quand une maison est inondée les gens se réfugient sur le toit!
Des hussards, et pas seulement, sur les toits...
Et bien c'est exactement ce qui se serait passé dans notre pays après le déferlement des envahisseurs orientaux après le 7ième siècle, les gens se sont réfugiés dans les Aurès au Sud, en Kabylie à l'Ouest de ce qui était la Numidie dans l'antiquité.

La chagrin, le grand chagrin est surtout de nous rendre compte aujourd'hui que nous payons le prix de nos défaites militaires consécutives depuis au moins Juba I qui a tenté de réunifier notre grande patrie depuis la capitale de la province Maurétanie Césarienne (Cherchell-Tipasa, ouest-algérois actuel) jusqu'à Leptis Magna en Syrte (Libye actuelle). Certainement il y aurait eu d'autres défaites antérieures à cette période notamment les guerres puniques mais Juba I écrasé par Jules César a eu au moins le courage, et le mérite, d'avoir tenté de redonner sa souveraineté à notre grande patrie.

Nous continuons à y croire, au jour d'indépendance, au jour I, au day In ou independance day. Et tous ceux qui veulent nous exterminer par la force et par la ruse ne pourront jamais arriver à leur fin et ils resteront toujours des étrangers sur ces terres qui sont certes leur propriété mais jamais leur patrie, ils n'échapperont jamais à la malédiction de ne générer que "fils éhontés" et désastres sur leur chemin.
Quand aux nobles concitoyens, pour la plupart apatrides, il est recommandé de nourrir l'espoir de voir revivre un jour notre mère-patrie et d'oeuvrer pour que notre mère-patrie retrouve sa dignité. Le jour tant attendu viendra, le jour de notre indépendance sera le jour de la résurrection.

samedi 4 juillet 2009

Sisyphe au Québec

Ce post est un offtop. Aujourd’hui on va parler du Québec.

Pourquoi tant de kabyles émigrent au Québec? Et si j’étais à leur place surtout que ce n’est pas la motivation qui manque, des raisons aussi j’en ai à gogo! Tintin au Québec je ne connais pas mais Sisyphe au Québec c'est facile à imaginer!

Les montagnes russes
Envisager de quitter son pays, le pays des aïeux, est une chose, envisager de quitter son pays d’adoption, par la même occasion la patrie de son seul descendant, en est une autre. Je n’ai jamais compris l'origine de l'expression française «les montagnes russes» surtout ici dans la ravnina ou le pays plat russe et surtout que les russes utilisent une autre expression «les montagnes américaines» pour désigner le roller coaster comme il est appellé par les américains. Cependant il existe bel et bien des montagnes russes au sens propre (Oural à l’Est, Caucase au Sud) et au sens figuré. La vie en Russie de nos jours c’est exactement comme le roller coaster appellé «les montagnes russes ou américaines» (comme il vous plaîra), un exercise à vous donner le vertige. C’est donc par souci d’équilibre et de la stabilité qui va avec qu’on envisage de descendre de ce machin d’engin surtout que toute personne peut se lasser de pratiquer ce même exercice des années durant et crier: «arrêtez-moi ce machin, je descends!». Quand on n’arrive pas à capitaliser ses efforts ou pire encore on est confronté à une énième vidange (chaque quinquennat ou septennat) on se dit qu’il est temps de mettre un terme à ce genre de pratique de peur de devenir masochiste.

O.K sur glace
S’il est question de changer de pays à mon avis il est nécessaire de choisir un pays ou une province pour lequel ou laquelle on au moins un peu de sympathie, sinon pourquoi y aller? Alors pourquoi envisager le Québec? Pour différentes raisons, sur conseil d’anciens copains installés là-bas et sans doute parce que c’est d’abord une province francophone qui défend courageusement son identité, sa culture et sa langue : ce n’est pas pour me déplaire! Et puis qui n’a pas entendu parler du Québec, cet îlot de la francophonie au milieu d’un océan anglophone «vorace et envahisseur»? Et la fameuse déclaration du non moins fameux Grand Français «Vive le Québec libre»? Cependant je ne sais pas si les québécois contemporains ont la fleur de lys à fleur de peau.
Que connait-on du Québec et du Canada? Eh bien d’abord étymologiquement canada signifierait village dans une des langues des autochtones amérindiens. Ensuite ce sont les grands espaces et le grand froid, pas de quoi me surprendre après la Russie. Cependant je me rends compte que je connais peu de choses du Québec, aucun écrivain, aucune idée sur leur littérature, etc...Ce ne sont pourtant pas les personnalités mondialement connues qui manquent dans ce Canada bilingue et au Québec francophone. Que ce soit une enseigne comme Bombardier, des célébrités comme Dion, Villeneuve, Roy, Lemieux ou simplement des patronymes Tremblay, Beaulieu on comprend tout de suite que «c’est Québec». Vous voyez que je connais mieux le hall of fame, le panthéon du hockey (sur glace) québecois-canadien que la littérature québécoise, tout ça grâce à la vie en Russie qui m’a permis d’apprécier ce sport. Avoir entendu parler de Maurice Richard, Gordie Howe, avoir vu (à la télé!) évoluer en NHL ou contre les russes (que je supportais!) les légendes canadiennes comme Wayne Gretzky, Mario Lemieux ou Patrick Roy est une grande chance, comprendre l’importance de ce sport pour les québécois et les canadiens n’est pas moins important (socialement) que de connaître leurs goûts littéraires, c’est un moyen sûr de se socialiser. A propos, les québécois n’ont plus qu’une équipe en NHL, les légendaires Canadiens de Montréal, après le déménagement des Québec Nordiques au Colorado en 1995 pour se transformer en Avalanche, donc les chances de ramener le trophée «Stanley cup» au Québec sont moindres qu’avant.
Bref, le hockey pour eux est ce qu’est le foot-ball ailleurs dans le monde, donc pour devenir québecois et canadien il est préférable de mettre des patins et tout sera OK sur glace!


Fiche technique, chiffres québecois
Plus d’informations ici sur le portail officiel d’immigration au Québec
Les objectifs du Québec sont:
1) attirer les compétences et les travailleurs qualifiés pour leur marché du travail,
2) assurer une croissance démographique,
3) pérenniser la langue française.
Pour obtenir ce fameux sésame québecois le candidat doit obtenir 59 points sur une grille de 100 pour candidat(e)célibataire ou 68 points sur 100 pour candidat(e) marié(e).
Maximum de points, votre âge 18-35 ans = 18 pts (> 40 ans = 2 pts)
Enfant (moins de 12 ans) = 4 points.
Diplôme uinversitaire : 11 pts.
Doctorat: 13 pts.
Expérience professionnelle: les 5 dernières années seules sont prises en compte.
Taux de réussite: 85%
Frais: 350 $can. ~ 224 € pour vous + 150 $can. ~ 96 € pour chaque membre de votre famille (conjoint(e), enfants).
Durée des procédures : 1 an ou plus.
Frais d’installation (autonomie financière 3 premiers mois) : au moins 3000 $can. ~ 1920 € par personne.

Echos québecois
On ne va pas tout commenter mais certaines remarques s’imposent quand même.
D’abord la langue française que le Québec veut pérenniser n’est pas plus LE critère de sélection, c’est plutôt la profession et les compétences de tel ou tel candidat qui importent le plus, c’est LE critère numéro 1. Leur but est de drainer des spécialistes hautement qualifiés (ex.hautes technologies) comme des travailleurs qualifiés (ex.bouchers) que réclame leur marché du travail. Des bouche-trous donc? Non, il ne faut pas être si cruel, ils veulent simplement avoir ceux dont ils ont besoin, point barre. Ils ont raison, remarquez.
Un boucher âgé entre dix-huit et trente cinq ans même s’il ne parle pas, ou pas encore, un traître mot de français a plus de chance d’être sélectionné qu’un cadre commercial moins jeune que ce boucher mais avec un français courant, le jeune boucher court-circuite le moins jeune commercial car simplement le Québec et le Canada doivent regorger d’ingénieurs commerciaux mais accusent un déficit flagrant de bouchers. Business is business.

Par rapport à «perenniser le français» on constate un manque de volonté car franchement quand même un francophone moyen ne connaît presque rien de la culture et de la littérature québécoise il y a lieu de dire que le Québec n’entreprend pas grand chose pour promouvoir son identité en dehors de ses frontières. D’après plusieurs témoignages le critère «langue française» ne pèse pas lourd dans la balance ou plutôt n’a pas la cote haute dans la grille de sélection.

L’argument sécuritaire est aussi évoqué pour «vendre» le Québec et c’est un argument de taille pour les pères de familles désireux de s’établir au Québec. Une simple comparaison suffit pour faire de Montréal une ville sûre, regardez le taux d’homicide par 100 mille habitants :
1.7 Montréal
2.9 Paris
3.8 Vancouver
7.9 New York
9.5 Los Angeles
28.3 Bogota (Colombie)
36.2 Sao Paulo (Brésil)
A titre de comparaison sachez qu’en ex-URSS avec son tout-puissant appareil répressif le taux était environ de 4.5, ensuite après la chute de l’empire soviètique durant les années chaudes 90 en Russie ce taux est passé à 20, voir même 24 selon certains spécialistes, normalement un tel taux est synonyme de guerre civile. Donc comme vous voyez Montréal avec ses 4 millions d’habitants (du total des 7.7 millions de la province de Québec) est bien placée pour revendiquer un label de «ville sûre». Mais dans cet havre de paix oû attérit la majorité (85%) des immigrés un autre péril guette le nouvel arrivant: le chômage. Une ville sûre oû à coup sûr chaque nouveau immigré risque de se retrouver sur la touche pour longtemps. Vancouver l’anglophone à l’ouest du Canada est certes plus dangereuse que Montréal mais elle offre plus d’opportunités professionnelles. Tout est relatif dans ce monde.

Démarrage en côte
Si vous êtes candidat à émigrer au Québec il faut vous poser la bonne question avant de passer à l’acte et surtout définir si votre cas ne se situe pas aux extrêmes:
rien à perdre tout à gagner : dans ce cas foncez !
tout à perdre rien à gagner : restez oû vous êtes !
Chaque soldat voudrait être général mais aucun général ne voudrait redevenir soldat, même un capitaine ne voudrait pas. Donc il faut peser les pour et les contre avant de s’engager.
Si vous avez franchi le pas et avez acquis le sésame pour le Québec il faut se dire que vous êtes le seul à vous prendre en charge dès votre premier pas sur le sol québécois. Dites-vous bien que vous êtes un grand garçon, majeur et vacciné, et que le Québec n’est pas la mère Thérèse ou l’armée du salut pour vous accueillir à bras ouverts.
L’installation au Québec incombe au seul nouvel arrivant, et là c’est à mon avis une faille de ce système d’immigration québécois (canadien en général). C’est en qlq sorte un démarrage en côte que l’on propose au nouveau chauffeur, même un vieux briscard rompu aux difficultés dans des conditions similaires ou presque risque de caler, surtout s’il a l’habitude des boîtes automatiques et là il est confronté à la boîte mécanique, alors que dire des jeunes «chauffeurs novices» ou de ceux qui n’y sont pas préparés du tout? Tiens je vais vous raconter une histoire anecdotique à ce propos. Cette histoire s’est passée en kabylie; un jour A qui vient juste d’avoir son permis de conduire (et franchement, c’est un laborieux conducteur!) roule sur la route qui mène au chef-lieu de sa commune; sur une pente il eut le malheur de rattraper son oncle qui allait à pied sous un soleil de plomb; donc A devait s’arrêter pour le prendre mais comme il était mauvais conducteur...il ne l’a pas fait au risque de se fâcher avec son vénérable oncle; il trouva la parade avec une phrase qui resta légendaire; en effet il ralentit pour être au niveau de son oncle et il baissa la vitre pour s’excuser : « désolé mon oncle, je ne peux pas m’arrêter car je ne sais pas faire le démarrage en côte» !!! NB: le constat est sans équivoques, le Québec est peu clément car il n'est pas votre oncle ou votre tante pour vous pardonner, le démarrage en côte est inévitable!

Post-scriptum
En réalité c’est triste de voir surtout des jeunes, que ce soit en Kabylie ou en Russie, arrâchés de leur patrie respective pour une destination certes prometteuse mais qui leur demande beaucoup de sacrifices. On the other hand c’est réjouissant de voir leur bravoure devant l’incertitude et leur esprit d’aventurier (au bon sens du terme) ou comment ils sont déterminés et prêts à relever le défi qu’est la conquête d’une nouvelle patrie. Leurs efforts seront sans aucun doute récompensés à moyen ou long terme et profiteront surtout à leur descendance et à leur pays d’accueil.
Juste une petite phrase pour terminer. Si le Québec pour les kabyles est en passe de devenir ce qu’est Boston pour les irlandais je dirais que «le jeu vaut la chandelle». A bon entendeur.

Signé: D.S*
* là ce n’est pas Dda Stay. mais D.S comme Dé Sisyphe.