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lundi 8 juillet 2013

Les éléphants d'Hannibal

La énième guerre punique, et celle-là on va la gagner...

Pour comprendre ce qui va suivre, prière de lire au préalable le billet Sidon-Tunis où l'on a établi, entre autres, le lien entre aquilin et colonie, ainsi que le post Argent & Quadrige où l'on a expliqué la relation entre Cheval et Monnaie chez les Numides et Puniques, Carthaginois. 

Préambule
On revient à l'histoire des éléphants de guerre d'Hannibal. Une histoire que les historiens, européens et orientaux, ont mal interprétée, et cette histoire biscornue d'éléphants carthaginois qui traversent les Alpes n'a jamais été contestée par nos voisins du Nord. Et c'est triste, pour eux et pour l'histoire. C'est triste de voir l'Europe des lumières travestir l'histoire. Leur dernier argument, à savoir les monnaies carthaginoises avec un éléphant va partir en fumée, là sur le champ. Aujourd'hui nos voisins du Nord, soit-disant les héritiers de Rome, seront la risée des héritiers du monde punique ici chez nous en Afrique du Nord !  
Sur ce blog on a déjà avancé une première version qui voudrait que les éléphants d'Hannibal soient tout simplement l'infanterie car le terme kabyle luphan = enfant/infante (d'infanterie) en romanes. Cette version est, ou plutôt était intéressante, dans une certaine mesure même proche de la vérité, mais elle est désormais caduque car la nouvelle version sur le vrai sens des éléphants d'Hannibal est implacable, ça sera sans doute la dernière, la bonne.

Elephant, aquilin
De nous jours en kabyle éléphant est appelé comment ? le vernaculaire serait perdu et certains utilisent l'fil emprunt à l'arabe fil. Et pourtant il y a un terme kabyle très proche du mot grec elephas de éléphant : ileph, ilephan pour sanglier(s) tout comme a-heluph pour le porc (al khenzir ches les arabes). Qu'y a-t-il de commun entre éléphant et ilephan (sangliers) ?  Et les deux avec l'aigle ? La première réponse est :
aquilin = éléphant 
A l'origine ça serait probablement l'éléphant, la trompe d'éléphant plus précisément qui symbolisait un nez gros ou aquilin (référence à l'aigle pour le latin). Observez bien cet animal et vous comprendrez pourquoi. 

Colonie 
Et si dans "Sidon-Tunis" on a vu que Colonie = Aquilonie, là nous allons être régalés :
Elephant (e) = Colonie 
Cette affirmation est d'ailleurs traçable ailleurs : en russe où CLN est devenue (prononcée) SLN a donné et "éléphant" (slon) et "population, colonie" (naselenie, poselenie).
Colonel
Là ça devient un jeu d'enfants : les éléphants d'Hannibal c'était soit les colonies (militaires) ou régiments d'Hannibal, soit plutôt les Colonels d'Hannibal ! 
aleph en kabyle, alif en sémitiques = mille (1000)   

Le Colonel aurait été l'un des plus hauts sinon le plus haut grade (l'alpha) de celui qui commandait une colonie de 1000 soldats ou un régiment (sous les ordres d'un colonel !) comme de nos jours.  

Sur les pièces de monnaie carthaginoise avec le portrait d'Hannibal au recto et un éléphant au verso, comme pour le cas des monnaies, sans doute de moindre valeur, avec Tanit et Cheval+Palme, l'animal indiquerait la valeur de la monnaie. De nos jours, chacun sait que Benjamin Franklin est sur le billet de 100 dollars US alors que George Washington est sur le billet de 1 USD. A Carthage ça aurait été kif-kif : Hannibal (chef) + éléphant "colonel" (pour la valeur 1000 aleph sans doute). Et les Romains ont repris ces "éléphants" dans leur monnaie avec le char en plus : bige et quadriges d'éléphants sur les monnaies romaines mais étrangement il n'y a pas de fantaisie sur les éléphants de César comme c'est le cas pour Hannibal !
Et voilà que le dernier argument "palpable" preuve de l'existence des éléphants d'Hannibal des doctes de l'Europe des lumières parti en fumée :)))
Ben, tiens ! pendant qu'on y est, le mot kilo serait probablement tiré de colonie = éléphant = 1000 (en plus c'est le plus lourd animal !). Il serait opportun de signaler que chez les européens la monnaie est liée au "nez" ou plutôt au groin de certains animaux : le coin (pièce de monnaie) anglais serait peu-être issu de groin en français, le russe qui calque souvent les occidentaux étayerait cette hypothèse pour pyatak (groin de porc, monnaie de 5 kopecks). Et puis il y a leurs cochons tirelires :)    

Cuillère
On n'a pas tout dit, on y reviendra plus tard pour d'autres conclusions. On ne va cependant pas se priver de porter un autre "coup de boutoir" à "l'adversaire" dans cette guerre punique - guerre strictement étymologique :) - façon de "rendre la monnaie" à ces "savants sait-tout et pas-fous" arrogants et imbus de leur transcendance :)
Comment on désigne en kabyle moderne justement ce nez long, aquilin (du latin aquila "aigle") ?
Par le terme a-ghenjur, sans douté lié à a-ghunja (louche), tha-ghunjay-th (cuillère).  
Cette racine GNJ en kabyle n'est pas assez nette (origine) mais l'on voit facilement le lien entre le kabyle et le latin pour désigner ce type de nez. En d'autres mots, en romanes le nez d'aigle (aquilin) serait aussi un nez-cuillère, et cuillère devrait s'écrire aquillère, quillère :)   

Onagre
La trompe d'un éléphant, le bec d'un aigle, le groin d'un sanglier ou la cuillère voir la louche utilisé par l'homme ont une chose en commun : ce sont tous des instruments ou outils de manipulation.  
Maintenant on n'est plus avec Carthage, on est avec Rome, ce qui explique pourquoi chez nous Kabyles et chez les Latins le nez jadis d'éléphant (Carthage) soit devenu nez aquilin = nez cuillère est un instrument, un engin de guerre : la catapulte (avec une cuillère !)  ou Onagre à l'époque romaine. Cet engin ou cuillère-catapulte est un lanceur avant tout; une cuillère est mécaniquement une pelle, etc... donc on peut y trouver d'autres notions associés au nez aquilin = nez cuillère = nez d'éléphant !
Peut-on supposer que "les éléphants de guerre d'Hannibal" soient non pas "les colonies d'Hannibal" ou "les colonels d'Hannibal" mais aussi, comme pour les Romains, "les machines de guerre ou les onagres d'Hannibal" ? Sans doute que oui. 

Donc ces versions sont, à mon sens, les plus rationnelles des explications au mystère des éléphants du général carthaginois Hannibal Barca (tiens, il n'était pas colonel mais général ! et général est associé à quel animal ?), Hannibal fin stratège et grand guerrier dont les exploits sont toujours étudiés dans les plus grandes écoles militaires du monde sauf chez nous - ah oui, chez nous depuis 14 siècles c'est le chameau hilalien le roi de tout et de rien ! - alors que le devoir de mémoire l'exige. 

Cette bataille est maintenant terminée, et gagnée haut la main !, vous pouvez disposer, messieurs, dames. Vous voyez que les descendants des puniques, des numides ou des libyco-puniques sont capables de prendre une revanche...au moins sur l'histoire.

jeudi 6 août 2009

Mille blanc

Ce post est consacré à Aleph-Alfa. Première approche.

Milev
Il faut lire au préalable ce qu'est alphabet phénicien et la lettre alfa ou aleph phénicien .
Nous allons voir certaines particularités des terminaisons en F et plus généralement en F/P/B/V, ceci va nous aider peut-être à mieux comprendre les mécanismes de passage d'une langue à une autre et particulièrement le phénicien conventionnel, l'hébreu et l'arabe modernes.
J'avais parlé de l'exemple olea-olive pour la terminaison latine/romane-française pour indiquer cette terminaison en A qui serait aussi en F ou V. Comme nous avons à décrypter Aleph ou Alef nous allons voir un exemple des sémitiques, plus précisement le mot "halib" en arabe qui signifie "lait".
hlb, halib = lait. En arabe le "b" remplace souvent le P ou V inexistants chez eux ou bien le F. Donc ça serait peut-être halif, haliv, halip. Le "h" arabe est soit aspiré soit c'est une gamma "gh"ou xi grec (khi). Ce mot serait peut-être khalif/khaliv ou plus probablement ghalif, ghaliv. La terminaison en ib-eb/if-ef/iv-ev est caratéristique aux sémitiques vraisemblablement, ça donnerait un "A" pour avoir la forme grecque ou latine. Donc ghaliv/ghalif serait ghala...qui en grec signifie "lait". Intéressant non?
Cette spécifité se voit-elle en kabyle (mazigh en général)? Oui, prenons un toponymes de chez nous, celui de la ville numide Milev devenue Mila, ville natale de Saint-Optat, ville aujourd'hui complètement arabisée.
Continuons l'exemple du "lait", ghala en grec et halib en arabe. En kabyle c'est a-yefk, yefki (lait) et yghy (petit lait) et tout est lié à la gamma "gh" comme on l'a vu il y a longtemps, lire ce post voie lactée . Le Yi/Yé serait au moins avec une gamma soit ghi/ghé mais jee suppose que ça pourrait être aussi ghyi ou ghli qui se prononce yi. D'ailleurs on a l'exemple de l'italien "gli" prononcé "i" et qui signifie le pluriel comme "les" en français; en kabyle Y ou I est utilisé aussi pour le pluriel masculin et on devra revoir sa transcription! Bref, yefki pourrait être ghlefki ou avec "a" au lieu de "ef" simplement ghalaki qui lui aussi interfèrerait avec le grec ghala.
if, yf = sein, mamelon (relation avec lait)
yf, yif = meilleur, être meilleur, mieux
ighil, yghil = avant-bras (bras), coudée kabyle (du coude au poing fermé), étalon de mesures (kthill) des longueurs.
Si par exemple nous pouvons transcrire "Y" en "ghli" on aura yghil = ghlighil...qui rappelle un peu le mot calcul (que ça concorde!) qui lui est issu du latin calculus (caillou). Les latins utilisaient les caillous pour le calcul, nos ancêtres utilisaient très certainement "yghes, yghesan": les os (anatomie), les osselets, ossicules et noyaux (de fruits). Et le mot calculer se dit hsev car il est arabisé (hseb, hisab), en réalité notre variante serait ghsa ou ghsé. Et il faut se dire que les calculs de base, la coudée c'est pour les longueurs, ce sont les doigts et la main qui sont utilisés pour apprendre le calcul élémentaire.
Chez nous a-DHadh (a-DHath?) = doigt et y DHudhan = les doigts. Sans parler de Didon vous reconnaitrez la variante grecque qui a donné en français dactylo, dattes, etc...En arabe doigt se dit usbu3e, seba3e. Donc le verbe hseb concorde avec sebâe (doigt). En kabyle on utilise sebaa pour désigner "montrer le doigt d'honneur" le majeur en l'occurence, le doigt du milieu: seba-seva-sefa idem à tsnasfa (milieu). Par ailleurs en arabe seb (injurier) équivaut à notre sebel sauf qu'en kabyle il y a continuité sebel (injurier), sebaa (doigt d'honneur), sef/susef (cracher). Le plus important est que nous avons le chiffre 7 en commun sva en kabyle, seb3a en arabe et sept en français (romanes); idem pour sevth en kabyle et sebt en arabe (shabbat en hébreu) pour samedi ou saturday en anglais. La particularité est qu'en kabyle (mazigh en général) les chiffres sont utilisés pour les toponymes, chose inexistante chez les sémites ou ailleurs. Si dans le mot sevt ou sebt (7, samedi) on fait remplacer le p/v/f du milieu par l'alpha (A) on aura sat qui concorde au samedi anglais saturday "jour de Saturne". Simple hasard? Non! En tout cas je l'ai déjà dit: en ADN la toponymie est liée à l'astronomie. On verra ça plus tard.

1000
Les anglais disent thousand, les latins (français) disent Mille et les sémites (arabes) disent alef pour le chiffre 1000. En kabyle nous disons ayef, aleph pour "mille", donc c'est la variante sémitique à première vue. On pourrait adopter au vu de l'exemple de Milev-Mila une variante combinée entre mille et alef, soit milev-milef! Sauf qu'il faudra éviter la confusion avec miya (100) proche de l'arabe mi1a.
Le plus drôle dans tout ça est que le mot latin mille serait issu selon Corssen du sanscrit mil (réunir, rassembler) qui ressemble étrangement au kabyle/au shawi (mazigh en général) mlil, s'mlil = renconter, rassembler et surtout à mellal = blanc, tha-mellalt = oeuf.
Il y a une étrange interférence entre la notion de Mille-Aleph et les notions de blanc, uni (comme le spectre?) et meilleur. Je ne peux pas l'expliquer c'est juste un constat. Tout comme pour cette couleur blanche (ou claire) ML (melal) qui se retrouve dans "le lait" dans les langues européennes du nord Milk (anglais), Milch (allemand), Moloko (russe); Pire encore MLK est aussi la racine de l'ange (d'office blanc!) qu'on appelle malaykath en kabyle sans doute le même que muluk en arabe, cette racine MLK a un autre sens en sémitiques: monarque/possédant/roi (malik). C'est peut-être juste une coincidence.

Droit
Pour finir voici une petite remarque. Quand on regarde la forme de l'Aleph-Alfa de l'arabe moderne on voit un trait, une ligne droite verticale, surtout droite, directe toute différente des lettres arabes cursives. Prenons le mot droite. Comme vous le comprenez droite-droit-direct c'est la même racine.
En kabyle on dit a-zelmaDH (gauche, gaucher) et à l'opposé a-yephus (droit), yamin en arabe. Pour la gauche le préfixe zel se retrouve dans zeleg, zleg (déformé, adroit, courbé). Le préfixe ayeph de droite (ayephus) s'entrevoit dans yph, yiph (meilleur, être meilleur, mieux); Et franchement cette racine droite ayeph aurait certainement un rapport à Aleph, Alfa ou Alif car ils se ressemblent par la forme et par leur phonétique. Notre droite a-yephus serait peut-être alephus, voir même aghlephus (khalefus?). La trace de l'Aleph devrait se retrouver en toponymie kabyle et mazigh d'ADN. Si je prends thalla (source, fontaine) et que je change la terminaison (comme Milev-Mila) j'aurai Thallev-Thallef qui rappelle thallafsa (ou lafaa = hydre des sources). Ce mot thalla-thalev/thalef est aussi un toponyme kabyle (mazigh), on verra toute sa signification lorsqu'on aura plus d'élements mais déjà vous pouvez devinez les anthroponymes issus de ce toponyme.
Il y a un autre indice. En kabyle NLF "nulfu, snulfu = nouveau, inventer, créer, réapparaître" peut être que ça un rapport avec l'Alfa - Aleph n'a pas encore délivré tous ses secrets. Une autre fois donc.