dimanche 12 février 2012

China

Au centre du jardin un fruit...

Suite au post précédent on va utiliser la formule de change
Q,K, k aspiré en kabyle ~ ch (tché en français)

tha-knisya = cerisier, griotte - en kabyle
tha-chinets, china = oranger, orange - en kabyle

Eh bien, ces deux mots sont quasiment les mêmes, k pour la cerise et ch pour l'orange. Vous n'avez qu'à proncer tha-knisya avec ch à la place de k , soit tha-chnisya = c'est presque tha-chinets.

On sait depuis le billet précédent que la racine QN de qendTaR, ou sa variante KN indiquerait le centre. L'arbre fruitier situé au centre du jardin d'Eden (version Genèse) serait kabylement parlant soit un cerisier, soit un oranger. Je pencherais plutôt vers la version kabyle suivante:

- Oranger (china) : arbe fruitier ou arbre de la vie au centre, ou au milieu. Simple coincidence, la Chine (un peu comme notre china = orange; l'orange étant considéré un fruit venu de Chine) est bien l'empire du milieu ou le Centre du monde. En allemand l'orange est appellée "apfel sin" soit "pomme de Chine", pourquoi pas "pomme du milieu" ? On ne peut pas exclure que le mot Chine ("tsin, sin"), nom d'un dynastie par ailleurs, signifie "centre" ou "milieu". En tout cas, il n'est pas exclu que le jardin d'Eden biblique, situé au levant, n'est autre que celui connu dans la mythologie grecque comme le jardin des hespérides avec ses pommes d'or, situé au couchant: les pommes d'or seraient des oranges, fruit nord-africain par excellence.

- Cerisier (knisya): arbre de la connaissance au centre du jardin. A fortiori quand on sait qu'il y a relation entre Cerisier et Eglise (assemblée) comme on l'a écrit il y a longtemps sur ce blog, voir
ce billet par exemple. Le cerisier kabyle knisya se retrouve dans knesset (assemblée) chez les hébreux, église (mot issu du grec); pour mieux mémorise cette relation y a pas mieux que l'allemand: kirche [kirkhé] "église" - kirsche [kirché] "cerisier". La racine KLS ou GLS en grec et latin (église) aurait peut-être une relation avec DjLS en arabe de djales (s'assoir) d'où madjles ou majlis (assemblée). C'est un indice qui nous pousse à vérifier si la racine KNS kabyle, KLS ou GLS européenne n'aurait pas la signification de chaise, chaire, chaire d'essence bien précise: cerisier. On peut supposer que église chez les chrétiens européens = knesset en hébreu = majlis en arabe. Pour ce qui est du kabyle, et du mazigh en général, on peut à partir de la racine KNS de tha-knisya (cerisier) reconstituer l'équivalent de "parlement" (il y a déjà thajemayth) voir sénat, ou bien église, temple, etc...

Bridge 100

Chemise ou pantalon c'est toujours le centre...

Même l'anglais (avec son volant à droite !) peut s'inscrire dans une logique universelle...

Il faut avoir suivi ce blog ou, au moins, avoir lu au préalable ce billet de l'an dernier pour comprendre ce qui va suivre. Pour rappel on a établi ce qui suit:
QNTR ou QNDR du kabyle qendTaR = 1.Pont 2.Quintal et qenduR = chemise longue, robe et peut-être anciennement "tunique" (terme altéré en gandoura, il est 100% nord-africain, chez les mazigh et en Egypte, son équivalent arabe c'est qamis/kamis).
QNTR est = Pont = Cinq (5) = Jeudi

Bridge 100
On a vu cette relation entre un habit et le pont, en kabyle c'est QNTR, en europeénnes probablement Penta (cinq en grec) relatif à Pont et Pantalon; chez les camarades sémites arabes c'est qamis (kamis d'où chemise) et khamis (jeudi) et khamsa (cinq). Vous croyez que les anglais sont du reste ? Eh bien, non !
Bridge (prononcé b'ridj) = pont
Breech (prononcé b'ritch) = pantalon court ou hauts-de-chaussures; breech issu de broc qui en germanes et ensuite en russe a donné le nom de pantalon.
Ces deux mots Bridge et Breech se prononcent quasiment de la même façon et...les anglais viennent confirmer l'hypothèse mentionnée plus haut.

Ce mot kabyle QNTR (chemise longue/robe/tunique, pont, quintal) est proche du grec KNTR kentron qui a donné en latin Centrum ou Centre en français.

Conclusions:
Notre qendtaR, qenduR ou simplement QNTR porte 6 notions:
- Chemise
- Pont
- Cinq (5)
- Jeudi
- Centre
- 100, 100 kg (quintal): soit contradiction avec 5, soit relation 5x20 =100...
Normalement, ce ne serait pas l'habit lui-même (chemise/tunique ou pantalon) qui aurait donné cette relation avec pont, centre, 100, etc...mais probablement son accessoire, la ceinture en l'occurence, mot proche dans la version romane de centre, cent. A vérifier.

En outre ceci nous donne un formule à vérifier:
Le son [k] kabyle Q, K, C altéré en ch (tché en français)
qendTaR prononcé chendTaR, par exemple.

Javelot

Twitt 2

Comment nos ancêtres désignaient les armes de l'époque antique, punico-libyque, romaine, etc...?

Masque
On ne sait point du harnachement de nos soldats d'antan cependant c'est le mot aujourd'hui désignant en kabyle "capuchon" soit a-qelmun ou la racine QLM qui servait à désigner le masque du guerrier (de nos jours c'est un casque; le masque étant prisé surtout par les gardiens de hockey sur glace) .
QLM en kabyle
yelmo en espagnol, elmo en italien, helm en allemand, shlem en russe, etc...
Le Q kabyle actuel serait donc une mutation ?

Javelot
On sait que les numides pratiquaient le javelot comme partout en méditerranée.
C'est la racine QVS, QV du kabyle moderne qavash (hache) qui aurait probablement servi à désigner une lance pointue (Q le dit) soit le javelot.

Trésor

Twitt 1

En ce moment ça caille en Kabylie recouverte de neige. Le kabyle peut toujours compter sur la richesse du terroir, le bois en l'occurence, pour se chauffer durant les hivers rudes. Le chêne en Kabylie compte plusieurs espèces et sa désignation, à voir de plus près, est très intéressante...

a-kerrush (chêne), proche du latin cerrus
~
a-gerruj (trésor)

C'est k très aspiré et g spirant qui différencient ces deux mots, sinon ce sont quasiment les mêmes. Donc les toponymes tel thagemut u'kerrush = thagemunt u'geruj; les patronymes tel geruj (ou la variante arabisé chez les maure El-Geroudj) = a-kerrush.

Le chêne est un trésor, en Kabylie en tout cas.

lundi 30 janvier 2012

DDP

Offtop

Vous savez que la différence des potentiels (DDP) est source de tension. C'est physique.
Ce qui suppose donc que l'égalité des potentiels est source de détente. C'est logique :)

L'histoire entre la Kabylie + Algérie et la France est un grand gâchis. C'est psychique :)
Néamoins à toute règle il y a exception, relax :)))

Deux grands talents, deux cracks de la caricature et de la satire, l'algérois Dilem et le parisien Plantu ont réussi là où les autres ont échoué. Figurez-vous, pendant toute une semaine, Dilem s'est métamorphosé, lors de son parachutage à Paris, en sans-papiers forcé par les impérialistes du monde à trimer 25/24 alors que son homologue Plantu s'est métamorphosé en occupant flâneur après son débarquement à Alger :) Rassurez-vous, l'aventure s'est achevée: Paris est libérée de dilemme, Alger est indépendante, y compris de l'intelligence, depuis que plantu a pris sa valise :)

L'histoire retiendra ce double-crack Dilem-Plantu, oeuvre commune de deux grands talents, deux hommes de bonne volonté et d'une rare intelligence. Chapeau et merci, les artistes !


PS

Le seul bémol (pas sidi !), c'est que personne à Alger n'a daigné baigner Plantu dans l'ambiance locale, rétro évidemment. La souris de Plantu au "bled de mickeys" c'est une excellente trouvaille mais il manquait une petite touche à cette souris de Plantu version algéroise: un p'tit bout de gruyère en coin; comme il se doit pour "la souris", la vraie souris algéroise, apprivoisée quoi :)))

DCX

RIP

Un monument de la chanson kabyle vient de s'éteindre: Dda Criph Xeddam (Cherif Kheddam) nous a quittés.

Adh phell'as y'aaphu Rebbi.

Guitare et mandole n'auront donc pas suffi, Dda Criph a ajouté luth et orchestre pour une musique kabyle académique, ne serait-ce que par souci de "respectabilité" et de compétitivité face à une concurrence aux moyens nettement plus substantiels.

Dda Criph "l'oriental" ou la musique kabyle qui met les pieds au conservatoire. Dda Criph ou la chanson kabyle d'anthologie, l'aude à la ville des lumière Bougie "Vegayeth Thelha" n'est qu'un chef d'oeuvre parmi d'autres du grand maître kabyle, un grand classique.

Certains l'ont peut-être oublié mais on a aimé jusqu'à ses échanges épistolaires des années 70, poétiques, bien entendu, avec son "adversaire" en exil, un autre grand maître de la chanson kabyle, Dda Sliman (Slimane Azem). Ironie du sort ils ont rendu l'âme à Paris vers fin janvier tous les deux. Et, Dieu merci, les deux font partie du patrimoine kabyle, de la mémoire kabyle.

Dda Criph Xeddam (DCX) a laissé un héritage que les nouvelles générations doivent préserver.

Repose en paix, a Dda Criph.


lundi 9 janvier 2012

Thagaste

Un tour au souk antique...

On va prendre un verbe kabyle sémantiquement très riche: agh.
agh : acheter, contracter, acquérir
agh : épouser, marier
agh : prendre (un chemin)
Plus les autres formes comme obéir, subir (être atteint par), occuper, etc...
Cependant ce verbe n'a pas de noms kabyles équivalents équivalents de "achat" ou "marché".

Parité
On va se limiter à deux sens du verbe agh : 1.acheter (contracter), 2.épouser. Si l'action de se marier, d'épouser une femme (pour un homme) ou inversement un homme (pour une femme) se dit agh donc se confond à l'action d'acheter, de contracter (contrats de mariage!), le lieu de cette action (épouser) ou transaction (acheter) devrait être aussi le même.
En kabyle on utilise deux emprunts à l'arabe: zwadj (mariage) issu de zudj (paire, parité) et suq transcrit en français souk (marché forain, hebdomadaire généralement en ADN).
Zudj (paire) = Suq (souk)
Z.DJ = S.Q
Pour conclure un marché (suq ou souk) il faut deux parties (notion de parité) comme pour le mariage. En toponymie kabyle et mazigh le terme suq ou Souk devrait indiquer une orientation du lieu dans l'espace (aiguille à 2 ou 14 heures?). En outre, on pourrait aller plus loin en comparant zudg=souk avec yug, yuga (tha-yuga = paire) kabyle.

Souk Ahras
Terre natale de Saint-Augustin, cette ville de Souk Ahras s'appellait à son époque Thagaste soit en kabyle contemporaint Thaghasth; sans les affixes du féminin on a techniquement aghas ou la racine aghs. Le nom actuel Souk Ahras (marché ou foire aux lions) est moitié arabe (souk) et moitié mazigh (Ahras supposé issu de aHar = lion). Cette ville porte aujourd'hui le nom arabe Souk (marché, bazar), il serait logique de supposer que ce n'est qu'une arabisation du nom amazigh antique Thagaste dont la racine aghas ou aghs est tellement proche du verbe agh (acheter, contracter) que l'on a forte envie de croire et de supposer qu'en réalité Thaghasth ou Thagaste viendrait de ce verbe agh et signifierait simplement marché ou souk en arabe.
Le verbe agh aurait peut-être donné le nom Thaghaste = Marché, lieu de négoce (comptoirs de négoce), qui sera arabisé en Souk. On peut supposer ce qui suit:
Souk Ahras = Thagaste Ahras (Thagaste tout simplement)
Ahras serait peut-être un jour de la semaine (Lundi?) en libyco-punique surtout si l'on comparait à la forme totalement arabisée des toponymes kabyles tel souk el-thenine (marché du lundi). Ou bien ce toponyme Thagaste (Souk Ahras) serait comparable au jour du marché soit Mercredi (mercure, hermès) chez les romains ? Autre chose, fait curieux, le nom arabe suq (Souk) et le nom amazigh (punico-berbère) ahras dans ce toponyme Souk Ahras (Thagaste) sont comparables: la racine sémitique-arabe SQ dans suq (souk) est la même que le verbe siq (conduire); de même en kabyle la racine HR est dans le verbe n'HeR "conduire, guider", la même racine HR du nom Ahras de Souk Ahras. Simple coincidence ou le Souk en arabe serait simplement Ahras en punico-libyque (?) - en kabylo-chawi (mazigh) ? Beaucoup de questions restent posées. La vraie étymologie de Thagaste demeure une énigme.