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lundi 8 avril 2013

La Terre et le Diable

Pour être noble, faut habiter le soleil...

Ce billet fait suite au post précédent.
Nous allons voir comment les mythes et même les clichés peuvent avoir une explication rationnelle. 

Le Gitan, préambule
Généralement, en kabyle on appelle "shitan" (arabe chaytane = satan, diable) un garçon agité, turbulent, qui ne tient pas sur place et ne connaît pas de répit. Je me permets de faire un raccourci et de dire que ce terme oriental "chaytane" est très probablement le même que "gitan". Bref, le gitan est le diable, et on va voir qu'il n'est pas le seul et pourquoi d'ailleurs. 

Racine QN (5)
Cette racine kabyle (mazigh) QN de qen = attacher, lier, enchaîner est celle, comme on l'a vu bien longtemps sur ce blog, celle de de thi-qentar-th le pont. Cette racine QN correspondrait à penta (5), au 5ème jour de la semaine aussi. 
Pour la différencier de la racine KL du mouvement, voici un exemple illustré : la cérémonie nuptiale avec le hénné (qen l'henni) avec les mariés liés "pour la vie" qui sont comme les deux roues situées sur le même axe et reliées par le pont (voir photo); ces roues vont ensemble, soient les deux sont motrices, soit pas. Par ailleurs, HN de henné serait KHN=KN donc idem à QN.
Au final QN-KN-HN auront la valeur 5.

Racine KL (6)
A l'inverse, la racine KL du mouvement (thi-kli) peut être comparée à un engrenage, quant la transmission se fait par engrenage, il y a une roue denté "motrice" et une roue dentée "asservie" (akli = esclave), même une bicyclette, un vélo (mais avec chaîne de transmission) ferait une bonne parabole pour expliquer cette racine KL. 
D'autre part, cette racine kabyle KL peut-être élargie à QL et dans certains cas à la forme altérée HL : ar dh qal, niqal, l'hal (kal, qal) sont des notions de temps.
En kabyle il est souvent difficile de différencier le son aspiré -g- de -k-, donc akli (esclave, boucher, nègre)  peut-être agli, qui sait.  Le plus simple serait de rapprocher les racines KL et GL qui auront la valeur 6.

Roue dentée KL
Il se trouve qu'en kabyle uglan (uklan?) signifie "incisives, canines". Donc akli au sens "boucher" s'explique par les uglan/uklan? qui servent à dépecer, ce que fait le boucher quoi ! ; rationnellement ceci nous renvoie à la notion de Diviseur en maths : akli, agli étant 6 diviseur (de quoi alors ?). 
Curieusement, dans certaines langues, la roue d'engrenage fait référence à 6 dents, axes, branches. On ne peut pas exclure que ce serait le cas pour le kabyle aussi, une roue à 6 dents ou une étoile à 6 branches contiendrait la racine KL (KhL, GL, QL, HL). 
Entraînement soleil-planète de Watt
Et sans aucun doute, cette racine kabyle (mazigh) KL (KhL, GL, QL, HL) contiendrait le sens de Tour, Cycle, Roue/Disque, Engrenage, Axe en plus de Temps (Heure). Il n'y a qu'à comparer aux autres langues : thi-kelt (une fois) vs Vuelta en espagnol ou Volta en italien (fois, tour).  C'est cette racine la plus à même d'expliquer les connaissances en génie mécanique et mécanique céleste des anciens. 
Soulignons aussi que KL est dans dukel = aller ensemble; imdukal = compagnons (satellites) comme GL dans glu = emporter sur son chemin.  

La Terre KL
Une construction intellectuelle assez simple permet de penser que cette racine KL en kabyle signifierait : 
- oscillation ou mouvement éternel;
- entraînement, transmission de mouvement;
Dans plusieurs langues terre se dit pour terre le sol et Terre la planète. En kabyle le sol est justement avec KL : a-kal, ici le -k- est aspiré comme dans akli (esclave assujetti) et thi-kli (le mouvement). Logiquement, on suppose que akal (terre, sol) en kabyle désignerait aussi la planète Terre qui...tourne.
Dans ce cas, akal averkan (terre noire, sol noir/fertile) en kabyle serait qlq part un pléonasme (akli étant "nègre"). 
* Mais plus intéressant encore, l'appellation de l'ancienne Egypte Kemet "terre noire", comme ke kabyle (mazigh), serait aussi Terre (planète) noire que nous appelons désormais Planète bleue depuis que l'homme a pu monter au Cosmos, il y a peine qlqs dizaines d'années. Le parallèle entre l'ancien égyptien et le kabyle, tamacheq (mazigh en général) est flagrant. 
* Encore plus curieux, en entrecoupant les significations de la racine KL kabyle on obtient que les habitants de la terre-Terre "KL", donc les terriens sont des aklan/iklan...des esclaves, des nègres. De quoi renvoyer aux chiottes les afrocentristes quant à leurs prétentions sur l'Egypte ancienne et surtout de quoi expliquer pourquoi les religions monothéistes nous affublent d'esclaves de Dieu (Terre 'KL" esclave du Soleil) jusque dans nos patronymes (abd, abid en arabe pour les musulmans). On peut même trouver un sens rationnel à la Trinité dans le schéma d'entraînement de Watt (voir plus haut).   
Hypostases de nègre KL
Dans le billet précédent on a vu les métiers de akli (esclave, boucher, nègre), là on va voir ses hypostases. C'est la racine KL (KhL, KL, HL, QL, GL) Kabyle, Mazigh plus largement mazigh, qui les détient.
- Seth des égyptiens : satana, chaytane, gitan pour le mouvement sans répit, le mouvement éternel, infernal dirais-je (tiens, tiens, l'enfer !) comme celui d'un derviche tourneur,  d'une roue dentée (engrenage) : la Terre KL tourne ! Pour expliquer la mécanique céleste les anciens ont eu recours à une parabole devenue un mythe, hélas, interprété à la lettre. Seth, en rapport avec 6 (d'où le chiffre du diable trois six 666 ?), est un akli "boucher"  car il a découpé Oziris en 14 morceaux : c'est une division du temps KL que nous pouvons expliquer facilement en y réfléchissant.
Pour la petite blague, KL étant la Terre, le diable l'habiterait donc :) 
- Diable noir : idem à Seth, Satan pour "le mouvement éternel". Le diable est noir (akli) avec des incisives, canines (uglan, uklan).    
- Épouvantail, Pantin, un être Masqué (un clown aussi !), un guerrier portant un masque, un camouflage, un maquillage (KL de khôl) de guerre. 
- Sorcier guerrisseur ou guerrier, un Chaman, un être en transe (les gnawas, par exemple), Possédé conviennent à akli
- Ogre, Vampire : je suppose que ce personnage imaginaire mais sanguinaire avec ses canines (un boucher akli quoi !)  convient on ne peut mieux à ce rôle ! A propos, et c'est fou comme raccourci, Drakul ou Drakula pourrait être une altération de Hercules (ses 12 "travaux" : division du temps), lui-même rapprochable de akli et de seth (satan, diable).   

KL atteste sans appel que les anciens, nos aïeux savaient que la terre tourne. 

Voilà, en gros, les définitions livrées par cette racine KL kabyle (mazigh). . On peut conclure que les terriens étant des "esclaves", pour être vraiment noble, il faut aller habiter le soleil. Ou simplement être un extra-terrestre. Avis aux impérieux !

samedi 30 janvier 2010

Kahina

Le nom et le destin de la dernière des braves enfin expliqués?

Tabarca 702
L'an 702 est à jamais gravé dans nos mémoires, cet an là notre patrie tomba définitivement entre les mains des envahisseurs arabes et de leurs musulmans. Nous savons que la reine Dihya (ou Damia) serait originaire des Aurès en pays shawi, son sobriquet "al-kahina" (prophétesse, sorcière?) lui aurait été donné par les arabes. Nous savons que Dihya a perdu sa dernière bataille en 702 à Tabarca (Tabarka en Tunisie actuelle) et qu'elle fut décapitée par les arabes et leurs musulmans, sa tête fut ensuite ramenée au calife omeyyade de Damas selon certains, sa tête aurait été jetée dans un puits qui portera le nom "bir al-kahina" (le puits de la Kahina) selon d'autres. Il est temps d'en finir avec ces araberies et traiter ce sujet plus sérieusement, il s'agit de notre histoire et non pas celle des arabes et de leurs musulmans ou de qui que ce soit d 'autre.

Kahena
Primo il faut rappeller qu'en kabyle, en shawi (mazigh en général) c'est l'origine géographique de la personne qui donne les noms et sobriquets, du toponyme vient le patronyme ou le sobriquet.
Secundo il faut comprendre comment les arabes-musulmans excellent dans la déformation des noms mazigh, il n'y a qu'à relire le billet de décembre 2009 "Calama" sur ce blog et se rappeller leur méthode "à la Crazy Joe" qui fait de Shakespeare = cheïkh zoubir. Pour eux l'objectif est de donner une consonance et un sens arabe à des mots étrangers quitte à les déformer et massacrer, ça fait partie de leur razzia' spirit!
En clair ce sobriquet "Kahina" aurait été simplement une déformation arabe d'un nom mazigh qui lui indiquerait l'origine géographique de Dihya. Il reste à trouver le toponyme relatif à de tels noms et sobriquets.
*
h minuscule: prononcé comme dans haRa en kabyle, help en anglais
H majuscule: rpononcé comme dans Hraw en kabyle, Here en anglais
*
En réalité la solution est à la surface. La deuxième version de la légende arabe selon laquelle la tête de la reine Dihya-Kahina aurait été coupée à Tabarca soit au nord de l'actuelle frontière alégro-tunisienne (sur la méditerranée) et ramenée ensuite à Bir-el-Kahina dans la région de Tébessa soit au sud de cette même frontière pour être jetée dans un puits paraît tout simplement ridicule, on peut dire ce qu'on veut des arabes mais honnêtement je pense qu'ils auraient pu trouver un puits plus proche du lieu de leur crime pour se débarasser de la tête de leur farouche ennemie. Il suffit de réinterpréter le mot, voici notre formule du jour:
N ~ hN, HN
Tout simplement ces h, H devraient être aspirés en kabyle, shawi (mazigh) alors qu'ils sont prononcés en sémitiques (arabe notamment), inversement nos sons spirants g, k n'existent pas en arabe car ils ne peuvent pas les prononcer.
En clair ce Bir-Kahina ou bir-al-kahina (puits de Kahina) est une déformation arabe, bédouine, hillalienne d'un toponyme mazigh qui existe de nos jours en Kabylie, au Rif et ailleurs:
Bir-Kahina = Berkan, Verkan
L'adjetif verkan tiré de la racine [vrk] signifie "brun, noir, sombre, foncé". Un toponyme d'un lieu hautement symbolique aux Ath-Dwala dit akal a-verkan interprété comme "la terre noire" aurait une toute autre signification en toponymie kabyle et mazigh. Verkan transcrit faussement en Berkane se retrouve à l'Ouest au Rif.
Première conclusion: ce lieu bir-kahina non loin de Tébessa serait un nom appellé initialement Berkane, Verkan. C'est une quasi-certitude. Comme il est désormais certain que la tête de Dihya ne serait pas jetée dans un puits "bir-kahina", probablement les égorgeurs l'ont ramenée à leur calife en Orient.
Seconde conclusion: sans écarter l'hypothèse arabe de "Kahina" (prohétesse), phonétiquement proche de l'hébreu cohen (prêtre), on devrait vérifier si ce sobriquet ne serait pas initialement en langue mazigh à l'origine géographique de Dihya. D'ores et déjà on peut formuler une supposition que voici. J'ai écrit deux posts en arrière (Bizerte) que les arabes n'ont rien compris aux toponymes mazigh même en les arabisant, une personne issue de Biskra, mot avec la racine SKR, ils l'appellent al-biskri sans enlever le préfixe "b" alors qu'en mazigh de Biskra vient le nom avec seulement la racine comme Sekr ou Zekri. Idem pour un toponyme Verkan, Berkane qui donnera un patronyme ou sobriquet sans le préfixe "b" soit RKN. Entre Verkan, Berkan et Kahina la relation aurait pu exister seulement si le R de la racine RKN avait chuté dans sa version arabe "kahina" au lieu de "rekina". C'est peut-être tiré par les cheveux mais phonétiquement le mot arabe "kahina" (prophétesse) serait peut-être une déformation (avec la chute du R et ajout de leur "h") du mot rekina ou regina [réguina, rédjina] qui en latin (et italien) signifie "reine"...et Dihya-Kahina était une reine justement!; Et l'usage du latin était fréquent à l'époque pré-araboislamique en Afrique du Nord. La chute de ce R devant le K (ou G, Q) existe ailleurs, RGN devient QN de queen (reine), king (roi) en anglais et könig (roi) chez les germains et scandinaves, comme quoi...Piste à suivre en tout cas.

Khôl
Le khôl contrairement à ce que disent les usurpateurs ne serait certainement pas un mot arabe, d'ailleurs le khôl est utilisé comme maquillage par les femmes, les marins depuis des millénaires (et par les tangos depuis qlqs années!) dans toute l'Afrique du Nord, en Egypte ancienne, en Orient, etc...Le khôl est une substance sombre, noire surtout.
On doit supposer que si les "h, H" se cachent devant N comme on l'a vu plus haut, il serait juste et opportun de supposer et vérifier que ces "h, H" font de même avec L:
L ~ hL, HL
Notre fomule va expliquer un mot assez péjoratif utilisé en Afrique du Nord par les arabophones que ce soit en Tunisie ou en Algérie, au Maroc un peu moins:
Kahlush (en fr. Kahlouche) = nègre, noir.
Il vient de K'hel (noir) en argot nord-africain, ce mot n'existe pas en arabe!, l'équivalent arabe est "aswad, sudan" (d'oû Soudan "pays des noirs" apparement). En Afrique du Nord il y a même des noms Kehel, Lekhal (le noir), il y a aussi meKehla (fusil) en argot DZ qui en kabyle est tha-muG'halt (fusil). Mais d'oû vient de K'hel, Kahlouche (noir) en argot nord-africain?
En kabyle nous avons (avec un k spirant) a-kli = 1. un esclave, 2. un boucher. En réalité les esclaves exerçaient le métier de boucher chez les kabyles. Cependant on ne peut pas exclure que akli (boucher) et akli (esclave) soient simplement des homonymes. Et si on appliquait notre formule du "h" rétabli devant le L on aura:
a-kli ~ a-khli (kahli)
Donc notre a-kli (esclave) se rapproche de l'argot nord-africain Kahlush ou en fr. Kahlouche (nègre, noir). Voilà comment le lien peut être établi entre ces deux mots. Reste à souhaiter que les gens en Afrique du Nord feront preuve de plus de tolérance vis-à-vis des gens de couleur issus du Sud et aboliront à jamais le mot Kahlouche ou akli de leur langage quotidien.