jeudi 13 mars 2008

Le sablier berbère

Suite au post précédent («la voie lactée») j’ai voulu comprendre à l’aide la géométrie si vraiment le son «gh» qui se transforme en «q», par un phénomène de tension sur «gh» (transcrite dans le kabyle par la lettre grecque gamma) comme l’attestent les spécialistes, est dû à une influence étrangère (cananéenne – sémite) oû est-ce un phénomène propre au berbère depuis l’ancien libyque. Plus j’avançais dans mes «réflexions», plus je sentais me faire aspirer par une tornade et emporter par un tourbillon dans l'entonnoir. Au final j’ai découvert la toupie « linguistique » berbère dont je vais parler dans ce billet et son reflet. La toupie d’hiver que moi enfant berbère je voyais utiliser pour préparer le fil au tissage; la toupie d’été qui se transformait en jouet et que je faisais pivoter en observant ce mouvement fascinant; à l’école on chantait « tourne, tourne ma toupie... ».

Préambule
Si vous avez lu le post concernant «le cercle R» dans notre langue-mère vous savez quelle importance relève la géométrie pour le berbère tifinagh. Le R est convexe, c’est sûr et je suis passé aux autres lettres pour percer le mystère de notre langue. Là pour «gamma» je vais étaler mes observations et mes réflexions, je ne veux rien démontrer car ce n’est pas d’une science qu’il s’agit. Toutes mes réflexions ici écrites sont corroborées par la géométrie, les lois du Créateur. N’en faîtes pas une pseudo-science, un dogme de propagande ou de profit, que Dieu vous en garde. Mon voeu est d’inciter à la réflexion et à la méditation sur notre langue. Ce qui va suivre, ce billet sera spirituellement ressenti très fort surtout par un berbère, a fortiori un kabyle, comprenant cette langue et sa mystique. Il est de mon devoir de prévenir ces concernés que cet entonnoir vous enchantera d’abord et ensuite il ne vous laissera plus en paix, votre sommeil sera troublé, vous ne cesserez pas d’y penser. Mes amis, le chemin de la Vérité est une spirale!

Chaqlala la tension
Puisque on parle de phénomère de tension, ici linguistique, on ne va pas oublier non plus la tension entre les «nôtres» et les «autres» avec toute la «chaqlala» (tchaqlala = rixe, polémique, dispute à haute voix) qui va avec. Justement pour ce qui est de caqlala. En kabyle nous disons «euch aqerrukx» (bouffe ta tête) à celui qui hurle et ne veut pas se la fermer. Eh bien caqlala vient de «euch aqlal», aqlal signifie luette (appendice charnu qui pend au milieu du bord libre du voile du palais, à l’entrée du gosier), appellée aussi uvule, du latin uvula (d’oû le mot vélaire en linguistique/phonétique). Aqlal signifie en kabyle au sens figuré (donc il symbolise) un appétit, grand appétit et appétit éveillé lorsque la luette se met en mouvement, à osciller comme un pendule. En phonétique le son gamma «gh» est vélaire, le son «q» est post vélaire. Donc il faut vraiment un effort, une tension pour passer du gamma au son «q» qui symbolise aussi la ligne de démarcation, le rubicon avant l’entrée dans le gosier. C’est ce phénomène de tension que j’ai essayé de compendre par la géomérie.

Ebauche que je compléterai plus tard, pour le moment je vous laisse méditer et réfléchir, mettez les verbes/noms que vous connaissez à différents niveaux «gh», «q» et «x» et vous comprendrez.
Regardez d'abord la lettre tifinagh Libyque-ancien qui symbolise les sons "gh" et "q".

(voici le lien si nécessaire: http://www.mondeberbere.com/langue/tifinagh/tableau1.htm )

La toupie berbère
La base du cylindre tend vers zéro et devient aigue : on a un cône. En haut c'est le couvercle "GH" comme dans "ghom" couvrir, en bàs on a un "q" piquant comme dans "eqess" pique ou "qis" -viser ou essayer (une robe) ou "qed" (lqed) la taille (de femme mince il faut croire!). Le temps des verbes diffère: "negh" - tue (impératif en haut, GH) devient "ineq" en bàs (aoriste qui ne dénote aucune valeur temporelle mais un aspect dit « zéro » (ou « perfectif »), on retrouve ce phénomère d'aorisisme dans le grec ancien). Idem pour Ghez -creuser, Qeaz. Même chose pour le temps: Qal de ardh qal ( à toute à l'heure) ou comparons uGhal-reviens et uQal (de Uqlagh - je suis devenu/je suis revenu). Ce point Q, très pointu comme dans les emprunts au sémitique lQodh (pincer, glaner), aluQadh (pince). Q définit aussi la forme cônique aigue des choses (aQelmun, aQerwi, aQavash, aaQush, aaQa, aQvush, aQerdhash) et le mouvement de rotation qui dure longtemps (aQezav - flatteur ou aQefaf - escorte), qui s'éteint et la toupie tombe! (Qluqel - déambuler). Ici et seulement ici (niveau Q) et parfois au niveau GH, il y a des interférences avec le latin et grec (q devient K) et le sémite, langue arabe (et autres?) contient certains mots qui adhèrent à notre logique mais il contient encore plus de mots (de ceux vérifiés) en complète contradiction avec cette même logique. Voilà pourquoi j'avais soupçonné le son Q d'être un son sémite-cananéen-arabe. J'ai tiré quelques conclusions, entre autres: le mot sémite-arabe "meqias" (coudée) que l'on a en berbère "ameqias" (bracelet) à mon avis ne serait pas un emprunt du berbère au sémite mais plutôt l'inverse, géométriquement parlant. Ensuite le mot berbère "iGHil" signifierait en fait la "coudée" berbère ou l'avant-bras à poing fermé = la taille de l'homme. Ensuite je pense que notre mot "aQew-qaw" (bégue, qui parle mal) est l'équivalent du mot grec varvaros (barbares) que l'on retrouve dans le sémite braber; comme ça si ça vous chante de répliquer à ceux qui vous insulteraient vous connaissez le mot: les qawqaw. Le mot sémite (arabe) qamaâ, signifiant cône viendrait du grec kônos , comme quba (dôme) ? Idem pour le mot qarn (siècle/corne) en latin cornu. Le mot, proche phonétiquement, kabyle aQerru (Q pointu à l’avant + suffixe ru signifie convexe) designerait à l'origine un type de tête (machin pointu-céphale) et non pas la tête en général et le mot aQeluash qui désigne le bouc (syn. : ahuli, aghidh) désigne soit corne, soit bête à corne ou plutôt capricorne. Le mot kabyle enQev (becqueter) ne serait pas un emprunt au sémite-arabe naqeb (trouer) ou minqar (bec) oû le q piquant n’est pas dominant : le bec en kabyle est a-Qavuv (a-qevqav) forme phonétiquement et géométriquement berbère (donc pas d’adaptation d’un emprunt), voir aussi aQawqaw (bégue) ou aQamum (museau), aQadhum ("visage pointu") diminutif et parfois péjoratif de Udhem (visage), etc... Le mot berbère aQavash = hâche/pioche est souvent transcrit et pris à tort pour un emprunt sémite Kabache alors que le mot sémite-arabe est minqar ou fas.

Le sablier berbère
Le reflet de la toupie, ou la double toupie = sablier. 0 niveau de la terre (son «q»). En haut le "GH" singinifie l'homme et la vie (impératif), au milieu c'est "q" - la ligne de démarcation = la terre; en bàs c'est le monde des morts ¨X" (KH), les ténèbres ( Xssi = éteint).

Il y a les intermédiaires que je mettrai plus tard: "K" entre GH et Q; "Kx" K-spirant sous Q comme probablement le G spirant (pas sûr). Le G (Ga de uGadh) est en dessus de GH, vivement orienté vers le futur (arGu-rêve, eGal -jurer, eGGani = expect, attendre son tour, etc...). J'y reviendrai.


En language enfantin pour illustrer: ghughu = lait (produit transformé et consommé par l'homme); qaqa = friandise qui viendrait de "aqa" = grain, tiré de la terre; "xaxa" (khakha) = caca, "produit éteint".



Conclusions envisageables: il faut différencier linguistiquement le mot «xas» de «ghas», «xas» (khas) signifierait tant pis/tant pis si alors que «ghas» signifierait même si. Ensuite, « xarsum» (kharsum) est la forme correcte pour dire au moins (niveau – 1, le minimum du minimum), «gharsum» serait incorrecte. Il y a le mot tha-Khryt (la bourse) qui intrigue...est-ce lié au rituel des morts? ou à rappocher de Crypte ou de Kryt (Crète)?. Tout comme aXam/a-Kham (maison) qui en fait signifierait demeure? Le mot le plus marquant est Xiq/Khiq (nostalgie) dont le sens est proche du mot russe toska plus que du français nostalgie pour exprimer combien on regrette les disparus. Remarquez qu'en sémite (arabe) à ce niveau -1 sont placés le Créateur! et ses créatures (être humains) khalq, donc cette langue ne s'inscrit pas dans notre logique.



Le cône de lumière
Voir article sur wikipedia
Dans le sablier berbère "Q" il n'y a pas de rupture comme ici, sauf dans le verbe Qers (rompre, déchirer) qui s'oppose à Qen (lier, ficeler, unir). On y reviendra plus tard.





La double-spirale ADN

Par la symétrie géométrique, chaque lettre plutôt chaque son possède son "vis-à-vis", c'est celà qu'il faudra vérifier plus tard. Le mouvement de la chute de GH vers Q rappelle une spirale. Pour le moment pas de raccourci, juste un peu bizarre et curieux comme phénomène.


Pour finir: la parole, le mot est dit "awal" ou à mon avis il doit être transcrit: a-Ual, soit Le-De-Oeil. (alen = yeux, le singulier Al ne se dit plus rempalcé par thit). Donc le mot parole aual (awal) est ce que l'oeil a observé! Le même suffixe Al se retouve dans "adhergal"-aveugle, "azerual" - aux yeux bleus, etc...L'intérêt est que aL signifierait aussi orifice, une ouverture = source, comme dans le sémite-arabe "aïn" qui signifie oeil/source; en fait on verra ça plus tard quand on arrivera à la lettre L ! Le aL berbère serait dans un sens ce qu’est «oko»(oeil, au pluriel Otchi) en russe, le (globe) «oculaire» en français du latin Oculus = 1) oeil, 2) en architecture: petite ouverture dans un mur.

Zeroual: Pour la petite histoire le nom berbère Zerual (Zeroual) très fréquent chez nos cousins chawis à l’est et rifains à l’ouest aurait son équivalent russe (de l’ancien slave) que l’on rencontre même aujourdhui «Sinéok» = bleu-oeil et chez les grecs: γαλανης [ghalanis] ou galanis (celui qui a des yeux bleus). Il est probable que Zerual est une forme arabisée de Zeghual car la couleur "bleu ciel" en berbère est zegzaw (géométriquement attesté: le gh et G vers le haut = ciel), parfois signifie "bleu très clair" ou même "vert", donc il indique la couleur turquoise (entre bleu et vert)? Donc par confusion avec azraq du sémite-arabe qui aurait remplacé le berbère zegzaw a donné au lieu de zeghu-al sa forme actuelle zeru-al on a qui a donné zerual ou zeroual ???. Si à l'origine le mot était zeru-al il signifierait (ru convexe) celui qui a les yeux ronds ??? Autre réserve, par rapport à la couleur des yeux: généralement ce n'est pas le bleu mais le vert qui est prédominant pour les berbères du nord, du moins ce que je sais en Kabylie. Alors est-il envisageable de dire que Zerual signifie aux yeux verts/ou bleu turquois?

Thalla - Thallasa: dès à présent je suis sûr de l'origine libyque (berbère) de ces mots. AL = source dans Thalla (fontaine), Illel (mer) et aussi ouverture (eLi) et aussi source de naissance (iLul) comme dans le slave-russe rodnik = source d'eau et rod=clan/famille qui donne roditsa=naitre, rody=naissances, etc... Cette découverte est fort intéressante et on la verra en détails dans un prochain post à part.


En hommage à Dda Lmuludh Feraoun,
"Fouroulou, le fils du pauvre",
assassiné le 15 mars 1962 par les nihilistes de la chimère.

13.02.2008
H.Y

Fils de Mohand Arezki
d'Ighil "nezman" des Ath Duala.

lundi 10 mars 2008

La voie λactéε

Je suppose que ceux qui vivent dans la société de consommation moderne ne confondent pas "milky way" à une barre de chocolat flottant dans le lait. Et vous connaissez tous le mot galaxie, beaucoup savent que ça vient du grec mais est-ce que vraiment beaucoup d’entre-vous connaissent l’origine «laitière» de ce mot? Peu probable.

On va donc voir ce thème de plus près. Par politesse et par sympathie je vais commencer par les grecs, plutôt le grec. J’espère que je ne fais pas de faute, normalement le vocabulaire a été vérifié sur 4 différentes sources. Rappel: gamma Γ/γ se prononce GH et non pas G (comme dans Gare).
Le lait en grec se dit = γάλα [ghala], avec l’article neutre το γάλα.
Ensuite il y le terme γάλακτος [galaktos] qui signifie «de lait» (génitif).
La voie lactée en grec = ὁ γαλαξίας κύκλος [o galaxias cyclos] = «le cercle de lait».
On retient donc le mot qui désigne «lait» : γάλα (accent sur le alpha, A fort : ghA’lla).
Et voici encore quelques mots «laitiers» en grec qui serviront de «témoins» :
Fromage = τυρί [tyri]
Os = οστό [osto]
Écume/mousse = αφρός [afros]
Beurre = βούτυρο[Voutiro] littéralement "fromage de vache": βούς/βοός = vache + τυρός = fromage
Huile = λάδι [ladhi]
Vache = αγελάδα [agheladha]
Chèvre, bique = κατσίκα [katsika]
Bouc = τράγος [traghos]
Brebis = προβατίνα [provatina]
Mouton = πρόβατο [provato]
Calcium = ασβέστιο (asvestio)
Calcaire = ασβεστόλιθος (asvestolithos)

Ensuite on passe à Zeus, à la mythologie grecque donc. Au mythe d’Amalthée (en grec ancien Ἀμάλθεια / Amáltheia) associée à l’enfance du dieu suprême Zeus. Amalthée est une chèvre qui allaite Zeus enfant, aideé en cela par des abeilles se chargeant de nourrir le dieu de miel (d’après Wikipédia et autres sources). Bref, Zeus se nourissait de lait de chèvre et de miel.
Un mot sur l’Egypte ancienne. Le «lait» en hiéroglyphe de l’ancien égyptien se traduirait par «jrtt» et il semblerait que la chèvre était «ghet» (à vérifier). Dans les langues européennes la racine du «lait» est : 1) pour les romanes Lait (fr)/Latte en italien et presque idem en espagnol et portugais, tout ça du latin «lactis», 2) pour les germaines c’est Milk en anglais, Milch en allemand, 3) pour les slaves c’est moloko (prononcer : malako) en russe, donc toujours la racine indoeuropéenne MLK. En arabe pour les sémites le «lait» est « al-halib» («h» de half anglais).

Après il faut faire un petit rappel très utile d’ailleurs. Vous savez que le calcium est un élément fondamental et nécessaire à l’homme, surtout pour les enfants et les séniors. L'organisme d'un adulte contient à peu près 1kg de calcium. Dans quels aliments l’homme le puisait-il (et le puise encore)? Le lait et les produits laitiers surtout, le jaune d’oeuf et le seigle. Le lait de chèvre aurait plus de vertus que celui de la vache ou de la brebis; le lait de chèvre est celui qui ressemble le plus par sa composition au lait maternel et il est souvent conseillé par les médecins pour l’allaitement des bébés, pour la prévention des maladies cardiaques, etc...Il serait donc vital pour l’homme (et pour le dieu grec Zeus!). Il est vital pour nos OS et nos DENTS avant tout.

Bon, j’espère que vous avez retenu tout ce qui a été écrit plus haut. Maintenant l’hospitalité berbère c’est une bonne chose mais il ne faut pas oublier les siens. Donc je vais m’atteler au lexique «laitier et ses alentours» dans ma langue maternelle, le berbère du nord de Kabylie ou simplement le kabyle et je ferai appel bien sûr, et avec plaisir, aux autres langues berbères pour quelques exemples. Je vais essayer de dissiper certaines confusions mais il est aussi sûr que j’en apporterai aussi. Je rappelle qu’en kabyle (en berbère en général) il y a 2 genres (féminin/masculin), le nom masculin au singulier commence presque toujours par «a» et parfois par «u» et « i» généralement utilisé pour le masculin pluriel. Le féminin commence par «Tha» surtout et parfois par «Thu» et par «Thi» (même schéma que le masculin). La transcription des mots kabyles/berbères est en lettres latines. Alors en kabyle ça donne ceci :
Lait = aKeFay, aYeFKi, aYeFK selon les régions de Kabylie. En réalité ce mot désigne le lait à son état bouilli, lorsqu’il monte : du verbe KuFeth = écumer [écume = mousse blanchâtre qui se forme à la surface des liquides agités (le lait, la mer, etc...)]. Donc là il s'agit du lait pasteurisé en qlq sorte. Alors mes chers amis il faut chercher le mot initial signifiant « lait », pour celà il faut le voir dans tous ses états! Le lait caillé se dit i-Kil (le caillé) sous entendu lait caillé mais le mot lait n'apparaît pas.
iGhi = petit lait. Ce mot est plus proche s’il n’est pas tout simplement le bon: «lait» kabyle. Rappellez vous comment on fait le beurre à la campagne kabyle, "battre la calebasse de lait". Ou la chanson d’Idir « sssendu » : ssendu, ssendu ay ighi! Alors iGhi c’était en réalité à l’origine «lait» ?
En langage enfantin kabyle le lait est appellé «ghughu» mais le son «gh» s’est transformé en «3ou3ou » à-la-sémite, cette lettre ﻉ/ce son " 'ayn" [ʔˤ] , transcrit par les «berbéristes» en epsilon grec (quelle horreur!), n’existant pas dans notre langue il serait donc issu de l’influence dramatique de l’arabisation sur le berbère.
idhGhès = fromage blanc, colostrum
thi-iGHrifin = crêpes
uDhi = beurre
tha-Ghat = la-chèvre
iGhidh = chevreau, bouquetin («bouc de lait» si vous permettez l’expression)
(en chleuh aGhadh = bouc)
? thiGhssi (prononcé thikhssi) = la-Brebis. A vérifier car très douteux, thikhssi viendrait plutôt de Kx-S («cs») = paître, comme dans a-Mekssi (k spirant) qui signifie le-Berger/Pasteur (Messie?!).
? ZoeGhk (prononcé Zeg, z emphatique, g entre G et K spirant = version non sonore de gh/γ ) = traire. A vérifier.
tha-Ghleyt = Oeuf en chleuh

aFaroz = jaune d’oeuf.
i-Ghes = l'OS

tha-GHlalt = vertèbre
thu-Ghmesth = la-Dent
a-Ghosmar = la-Mâchoire

uGlan de [uGHlan] = les (dents) canines, crocs.
thaGhmoerth ou [thu-Ghmer-th] = côte.

thaGhrut = clavicule, épaule
i-Ghil = bras/ force
a-Ghillès = enfant/garçon fort et brave comme un fauve (exprime en qlq sorte un «degré superlatif»), on dit souvent à l’enfant « izem -, aghillès» (lion –, brave/fort comme un fauve prédateur). Il n’est jamais employé pour un adulte/homme qu’on vante autrement pour sa force et bravoure «atheras» (guerrier, fantassin). Certains berbères désignent par "aghillès" la "panthère" et autres félins mais en réalité il signifie Fauve (et donc félin?, comme ça personne n'a tort!).

La Grandeur
La racine laitière exprimant la grandeur/longueur est présente dans le grec comme dans notre langue.
En grec :
Pour info: Longueur = μακρος [makros],: qu'on retrouve dans macro (macroéconomie), l’antonyme est micro.

γέρος [ghé-ros] = vieux.
γερός [gher-os] = solide, fort, costaud
Grand, long = μεγαλος [meghalos] préfixe Mega (magnus en latin) : "méghapolis" = mégapole.

Μεγας Ἀλέξανδρος [megas Alexandhros] = Alexandre Le Grand

En kabyle (et en berbère en général):
a-Moghran = Grand, Long, Ainé, Supérieur, Chef. Ce mot est faussement transcrit aMokran/Mokrane dans l’état civil francisé et il est prononcé faussement a-Moqran, la post-vélaire sémite ? "q" ayant remplacé (par tension) la vélaire d’origine gh/γ, autre exemple des conséquences néfastes de l'arabisation de notre langue-mère ? , mais à partir de quel moment (influence phénicienne)? Tout laisse penser quec ette lettre est intrinsèque au berbère depuis longtemps vu le Q-vocabulaire
amGhar = vieux, doyen, staroste, chef de famille/clan, beau-père. thaeGhzi = longueur. Idem Gheuzif = (il est) long, adjectif qui donne a-Ghezfan = le-long.


Jugurta
Il y a le verbe contenant le gh/γ laitier: uGh-kar qui devient uggar = dépasser, vaincre. J’ai remarqué ce phénomère dans le grec qui allie gamma, le son «GH» et K pour former le son G (comme dans Gare en français). Sauf que pour le kabyle, par exemple dans le verbe Uggar le G est souvent spirant. Toujours est-il que ce verbe signifie en kabyle/berbère: Suprématie, supériorité au-dessus de tout les autres; Vaincre et battre lors d’une compétition, un combat, une bataille. Donc celui qui hérite d’un qualificatif avec la racine de ce verbe est au-dessus du lot, un victorieux, un Superior, un Maximus quoi!

Le nom de notre légendaire prince numide qui a tenu la dragée haute au rouleau compresseur romain est en français Jugurta, en italien Giucurta (djiukurta), etc.... En berbère nous disons Yugurthen qui serait en fait « Y uggar ithen » (litt.: il dépasse les, sens: il les dépasse). Dépasser à tous les niveaux mais comme on parle de l’art de guerre le mot signifie ici «vaincre/battre». Donc Yugurthen signifierait le victorieux et serait par analogie au latin tout simplement Victor! Alors Ave Victorus Numidicus! Pour la petite histoire le seul à avoir ouvertement critiqué Rome pour le supplice qu’elle a fait subir à Jugurta et la cruauté des chefs romains Marius et Sylla, c’était le roi du Pont (mer noire) Mithridate VI, un grec courageux et intrépide qui sera à son tour victime de l’ogre romain et vaincu par Pompée. Ce vénérable roi avait un fils qui s’est révolté contre lui et a provoqué sa mort (il se fit tuer volontairement par un de ses mercenaires), et son fils s’appelait Φαρνάκης [farnaces], enlevez le suffixe masculin usuel en grec «es» et vous aurez farnak ou farnas (pour les latins). Voilà, supposons que la légende de la gandeur d’âme de Mithridate VI ait atteint la Numidie, je me demande si le mot kabyle/berbère «a-Farnas ou a-Fernas» (préfixe indisociable «a» pour le masculin) qui signifie « hécatombe, boucherie et désatre total lors d’un combat/bataille» ne serait pas en relation avec ce fils indirectement mais quand même patricide. En effet y a t-il chose plus désatreuse que ça?

Insolite
GH se retrouve même là oû il n’y a pas d’os!
GH, en kabyle : thaghoeshth (tha- et –th : affixes du féminin) ou [tha-GHush-th] = voix.
L en kabyle, la langue (l’organe) en kabyle est [iLes].
GH+L en grec: γλώσσα [glossa] = langue., dans les 2 sens. D’oû le mot glossaire notamment.
G+L en russe : golos [golas] = voix et [iazik] = langue dans les 2 sens.
G+L en sémite-arabe : [lugha] = langue (d’expression/vocabulaire) et [lisan] = langue (l’organe lui-même).

Deux questions:
1. Y a t-il un rapport entre lait et voix ? Oui, le lait chaud avec du miel aide au rétablissement de la voix!
2. Le mot [iLes] berbère aurait-il perdu son [gh] ou est-ce simplement parceque pour nos aïeuls la voix primait sur la langue pour désigner un son? Peut-être. Ou bien le tifinnagh allierait-il la langue (le L[iLes]) et la voix (le Gh de [ghush]) pour exprimer la langue d'expression au sens de [ghlossa]. Que des suppositions! Dans certaines langues [alas] signifie voix (ex. ossète, langue des alans). Aussi on retrouve le Gh dans [suGH] = crier, [thiGHri] = cri, [thiGhrathin] = youyous. Mais le constat pourrait être le même pour le grec: κραυγή [kranGHi] = cri. Je me demande si l’un des nombreux noms de l’âne en berbère [aghiul] ne serait pas dû à son habitude de braire?!!

Conclusions. Bizarres coincidences.
Pour le kabyle (berbère) le lien animal (chèvre)- son lait – et l’homme (os/dents) saute aux yeux. L’importance de la chèvre pour le berbère est indéniable. Aujourd’hui à l’Ouest dans l’Atlas occidental (Maroc) chez nos cousins Chleuhs, la chèvre se fait une notoriété allant pour celà jusqu’à monter sur les arbres arganiers! Les vertus de l'huile d'Argan sont connues, espérant que demain on ne nous dira pas que le mot «aRgan» (aRegane?) n’est pas berbère chleuh.


Par ailleurs l'appelation de l'oeuf en chleuh (tha-ghleyt) est la vraie version berbère. Voici pourquoi: en kabyle thamellalt signifie blanche de la même manière qu'en sémite/arabe = bayDh relatif à la couleur blanche abyaDH. Donc, si c'est un emprunt, les kabyles ont tout simplement adapté cette version sémite/arabe à leur langue. Par contre à l'est d'Algérie les chawis arabisés disent encore dans leur dialecte lâaDHem pour désigner les oeufs, omelette (un algérois ou oranais ne comprendrait pas!); en effet ils ont pris un mot arabe (îDHam = os, d'oû l'adjectif âdhim = tout-puissant, grand) pour remplacer le mot berbère (probablement tha-ghleyt) mais en sauvegardant le sens berbère initial avec la liaison "oeuf - os"!

Il faut éviter les raccourcis mais on ne peut s’empêcher de faire certains rapprochements assez bizarres et parfois drôles. La racine laitière «Gh» se retrouve partout et notamment dans chèvre pour le berbère. Pour le grec elle se retrouve dans bouc mais pas dans chèvre!, mais elle y est aussi dans Vache. Comme quoi les grecs ont trahi leur dieu Zeus en préférant le lait de vache! Et moi qui n’ai jamais bu de lait de chèvre, modernité oblige, que dire de ma kabylité et berbérité! Ce par quoi le grec désigne l’écume (afros) le kabyle désignerait le jaune d’oeuf (a-Faroz) et le chleuh coquille d'oeuf?! aGhillès kabyle/berbère est phonétiquement proche du grec Αχιλλευς (akhiléus)-Achille, quelle relation? Atheras, fantassin berbère, est le nom d'une île en Grèce! Tiens, en grec un homme est appelé αντρας [antras] mais se prononce [andras]. Bon assez pour aujourd’hui, ça fait beaucoup! L’étymologie berbère et la géométrie de la lettre GH (équivalente à gamma grecque γ) sera étudiée une autre fois. A propos de quantité (excessive!) il y a un mot kabyle qui m’intrigue: «Khila» qui signifie beaucoup en quantité/poids/nombre. En grec il y a le mot χίλια [Khi’lia] = mille, unité de mesure grecque à partir de laquelle est parvenu le mot Kilo (kg).
Pour finir. La voie lactée en kabyle/berbère je ne connais pas, les versions sur le net ne me sont pas connues (il faudra les vérifier d’abord). Donc désolé. Par contre je vous propose une autre «voie lactée kabyle», la fabuleuse et très touchante chanson du grand monsieur de la chanson kabyle Idir avec sa chanson– hommage aux mères kabyles et berbères en général «Ssendu» (battre la callebasse de lait pour faire du beurre). Bonne fête du 8 mars à toutes les femmes, à nos mères, nos soeurs, nos compagnes, nos filles, enfin à toute notre galaxie féminine! Bonne écoute.




«Ssendu» d’Idir sur Dailymo. Merci à « Tadukli».
PS:
Un peu d’humour pour terminer. Un jour à l’école d’après-guerre (60's) en Kabylie pendant le cours de français un enfant de notre terroir, orphelin de père, Mohand aMéziane (Momo junior, diraient les jeunes d’aujourd’hui) était embarassé par la question de son instituteur qui lui demanda de lui expliquer le sens des homonymes «voie & voix» àfin de les différencier. Sa réponse est devenue légendaire: «la voie ferrée et la voix thaghoesht»! thaghoesht (tha-Ghoesht) signifie "voix" en kabyle. Il y a aussi le mot thiyirsi = cordes vocales, oû le "gh" se transforme en "y" [yi], (phénomène présent dans le grec: ghé/ghi = yé/yi), sinon on aurait eu thighirsi, mot proche de thighri (= cri) par exemple, avec toujours la racine ghR des sons vocaux: cri, chant, language

dimanche 9 mars 2008

Le chantre d’Atlas

Eh bien me voilà «arrivé» à notre grand classique Lounis Aït-Menguellet. Il est Le Poète kabyle, la référence! Malheureusement il fût à maintes fois l’objet d’intimidations par le pouvoir et de critiques injustes de la part des «agités et agitateurs, engagés et dégagés, rageux et enragés». Mais pour nous, qui sommes majoritaires, il est d’abord Notre Poète. Personne très réservée avec une «hiva», une aura et un charisme inégalables. Le respect que nous sommes majoritaies à lui vouer est une récompense à ce grand monsieur de la poésie kabyle. Il a toujours chanté le peuple, discrètement peut-être, intelligement sans doute, mais toujours La Vérité en filigrane. Nous n’avons pas de chantre de Didon ou d’Achille. Nous avons notre très respecté Lounis Ath Menguelleth, le chantre de notre Atlas dont nous sommes tous les enfants.

Parmi l’oeuvre grandiose de Lounis Aït-Menguellet j’ai choisi le titre «Machaho» (album «amachahu», 1983) pou illustrer sa grandeur, sa sincérité, son amour du peuple et de sa vérité. Ecoutez bien, lisez et relisez le poète. Et méditez bien ses dires. Le jour oû l’Atlas fera de nouveau vibrer ses fils arrivera tôt ou tard. Bonne écoute!

Malheureusement le clip avec cette chanson sur dailymo a été supprimé par son auteur Amrano.

Texte original, transcrit en kabyle traditionnel pour francophone

(1)
Amkan yughal
Dh’lhevs iwumi eren uzal
Medhlent fellagh thebura
(bis)

Ma den’sawal
Qarnagh ma dh’aghderren awal
Sussemth skud inella
(bis)

A Machaho:
Af themgoert ma yers lmus,
I thidhets ma dthefgh immi?
A Machaho:
Af win yefkan aqerrus,
Ur sthenqsan medden achimi.
(bis)

Efkan afus
Widhek sinumen idhoelli

Wessan si zik afthemiisht n’daw udhar
Aken anegaru ad’yer etsar


(2)
Kri idha'ghenan
Ula dhavridh igh mlan
Wissen sani ig’etsawi
(bis)

Nejmaan ekfan
Af iqreranagh its fren
Nethni zran neukni ur nezzri
(bis)

A Machaho:
S shesh magh medhlen allen,
Yerna eqaren imedden etswalin
A Machaho:
Netswalli ken ay deqaren,
Netsruhu ken saenda aghawin
(bis)

Yebuass wissen
Thadukli ar’ad yestheqsin

Wessan si zik afthemiisht n’daw udhar
Aken anegaru ad’yer etsar


(3)
Thura nekfa
Netsarats ala ithmuchuha
Nheku fin dyidjan issmis
(bis)

Zik amk illa
Qarnes dh’mmis netsseda
Ur yaafis hed f’udharis
(bis)

A Machaho:
Adhrar ass’mi dyera asoth,
Elhivas dhebwdhed s’arrawis
A Machaho:
Syidhmaren itsqavalen lmouth,
Saaraqen iwaadhaw lathris
(bis)

Ith’negarouth
Amk arayfri souqis

Wessan si zik af’themiisht n’daw udhar
Aken anegaru ad’yer etsar
(bis final )

__________________-

La Vrac traduction, en attendant la vraie, au français

(1)
Ce coin du monde est devenu
Une lugubre forteresse-prison aux barreaux de fer
Ses portes se sont refermées sur nous
(bis)

Quand nos voix s’élèvent pour revendiquer
Ils nous disent quant ils daignent répondre
Taisez-vous tant que nous (vos maîtres-géôliers) sommes là
(bis)

La Fable:
Quant le couteau est à la gorge,
La Vérité peut-elle être dite?
La Fable:
Le brave qui a sacrifié sa vie,
Et personne pour s’enquérir de la cause de son martyr
(bis)

Toujours les mêmes qui tendent leur main complice
A l’usurpation, eux qui veulent pepétrer leurs privilèges

(Que dit) La sagesse des ancêtres de la vie sous la botte/le joug,
Que jusque l’ultime d’entre-nous fasse Justice /et triompher la Vérité

(2)
Tout ce qu’ils nous disent (leur doctrine/idéologie)
De même que les chemins qu’ils nous imposent (leur politique)
Nous mènent à l’incertitude/à l’impasse.
(bis)

Ils se sont réunis, délibéré et décrété (autocrates)
De notre sort ils ont décidé (despotes)
Sans même nous en informer (hogra)
(bis)

La Fable:
Avec le «chech» ils nous voilent les yeux,
Et au monde ils disent que nous sommes voyants/et consentants!
La Fable:
On ne voit que ce qu’ils disent,
On ne va que là oû ils nous mènent!
(bis)

Un jour peut-être,
L’Union (du peuple) se fera de nouveau.

(Que dit) La sagesse des ancêtres de la vie sous la botte/le joug,
Que jusque l’ultime d’entre-nous fasse Justice /et triompher la Vérité

(3)
A présent c’est fini pour nous (finie notre dignité)
Notre quotidien ne se meuble que d’histoires
L’épopée glorieuse d’hier nous racontons
(bis)

L’héros d’antan
Brave et fauve, disait-on de lui
Nul ne pouvait lui marcher sur les pieds
(bis)

La Fable:
Le jour oû Atlas (le mont) redonna de la voix,
Son rugissement fit vibrer ses fils!
La Fable:
Avec leurs poitrines (ardeur) ils affrontrèrent la mort,
Leur abnégation mit l’ennemi en déroute.
(bis)

Et pour la dernière en date (l’usurpation),
Comment sera réglé son sort ?

(Que dit) La sagesse des ancêtres de la vie sous la botte/le joug,
Que jusque l’ultime d’entre-nous fasse Justice /et triompher la Vérité

(bis final)

jeudi 6 mars 2008

Le cercle R

Le rond, dont le cercle est la forme parfaite. La rondeur des formes des objets observés. «Contrairement au rectangle avec son angle droit qui n'existe pas à l'état naturel, le rond, pris en son sens générique : cercle, cylindre, cône, sphère... le rond abonde naturellement tant dans le règne minéral que végétal et animal; graines, fleurs, section de tiges de végétaux, yeux, soleil, lune, astres,...» (Encyclopédie). Ajoutons degrés, arc, anneau, orbite, corde, etc...
Notre écriture ancestrale qu’a héritée le tifinagh moderne est une écriture géométrique et non pas hieroglyphique. La géométrie est donc un élément essentiel à prendre en compte dans la compréhension de notre langue. Qui dit géométrie dit architecture. Le son R dans le tifinagh, depuis l’ancien libyco-berbère au tifinagh de nos jours dans toutes leurs variantes, est désignée par un cercle (qui rappelle la lettre latine O ou le zéro). Déchiffrer notre langue est une condition sinequanone pour la faire renaitre de ses cendres.

Les préfixes R ou les verbes berbères en mouvement:
Tout francophone est sensé savoir que le préfixe latin Re symbolise le mouvement la répétition de l’action, le retour en arrière. Dans notre langue tifinagh pour le son R on utilise le cercle R rond comme une Roue (symbole du mouvement par excellence) et signifie le mouvement entamé ou répété et le retour en arrière pour le recommencement. Ensuite ça n’est pas pour rien que le R est phonétiquement roulé, mouvement oblige. Prenons les verbes (à l’impératif) du berbère contemporain de Kabylie pour illustrer cette définition. On sait la difficulté à discerner les voyelles en kabyle mais celà ne nous empêche pas d’y voir plus clair. Le verbe «eR» signifie mets/rends (mettre/rendre). Le verbe «æRR» (se prononce comme «eurr», R roulé) qui est la commande usuelle de l’ânier (conducteur d’âne) à son âne ou à son mulet pour lancer le mouvement ou pour se mettre en marche (en rond, remarquez) pour faire tourner le moulin ou un autre engrenage . Les verbes portant le préfixe R signifient le mouvement : son lancement, son accélération, sa continuation, son arrêt, sa répétition, etc... «aerfedh» (lève/relève), « aernu » (continue/ajoute), «aerwel» (fuis/cours) et sa déformation ghiwel» (hâte/presse/depêche/grouille-toi), «nernu» (pousse/grandis/croître), «aerju» (arrête/attends), «aerzef/arzu/arzew» (visite/voyage/pélerinage). Il y a aussi la dimension spirituelle et humaine de la lettre ronde, le R berbère. Le R berbère désigne l’écriture «arru»-écris (thira=écriture), la main en mouvement. «aerzef/arzu/arzew», déjà cité, désigne le voyage du point A au point B en ligne ou en parabole. Le R désigne aussi le voyage en parallèle «argu»-rêve, l’esprit en mouvement. Et beaucoup d’autres choses...On ne va pas aller plus loin, ces exemples sont amplement suffisants. Idem pour les conjonctions, par exemple « a’R » qui signifie «vers» (ar zdheth = vers l’avant/en avant) et «jusqu’à» (ar melmi = jusqu’à quand), ou pour l’adverbe «ar dhqal» (dans un moment/ensuite) les deux délimitent tout simplement le mouvement dans le temps et l’orientent dans l’espace, c'est à dire ils sont les vecteurs du mouvement.


La négation R:
Tout francophone connait la négation « ne ....pas», la formule dans le berbère (le kabyle en particulier) est la même: « ur ...ara». Exemple «ur tsualigh ara» = je ne vois pas. Ce qui est intéressant c’est le sens de « uR» et de «aRa». Il est fort plausible que le «uR» équivalent au «Ne» français mais aussi utilisé séparement comme dans «ur yella wen» (il n’y a personne) signifierait «rien» le néant, le zéro algébrique et bien sûr et surtout le cercle géométrique. Le mot kabyle «ulash» ou «ulac» (zéro, rien, pas) très utilisé par les temps qui courent viendrait-il de la composition de «uR» et de «aRa» avec la mutation du premier R en L, chose fréquente en berbère, et une terminaison avec le son «sh» qui généralement signifie la petitesse ou l’affection (hmed devient hmidush « petit hmed», idem taher – tahrirush, amir - amirush). Si c’est le cas le mot «ulash», ou «ulac» en kabyle conventionnel, signifierait le petit cercle ou simplement le zéro. Remarquez qu’en kabyle le mot emprunté «Lla» qui signifie «non» en arabe se dit «all’a», comme «ara», c’est un détail très symptomatique de l’assimiliation trop facile de mots étrangers auquels les kabyles finissent malheureusement par s’habituer.

Les suffixes berbères dans le cercle R:
Mais de loin ce sont les R-terminaisons des mots berbères, ici de Kabylie, c’est à dire des suffixes composés de R et d’une voyelle qui nous donneront plus d’informations très intéressantes. On ne prendra que les mots «naturels» du règne animal/végétal/minéral et évidemment dans leur variante de base, au masculin singulier. Nous allons comprendre comment les voyelles qui mariées au R pour former le préfixe, comme des aiguilleurs, vont orienter le sens des mots. La classification des terminaisons est chose courante en grammaire. Notre regroupement des mots finissant par un R-suffixe va nous monter plusieurs choses ô combien intéressantes. Ces suffixes délimitent la forme du mouvement dans l’espace.
Voici donc la liste des mots utilisés (langue berbère de Kabylie) au masculin singulier, noms «naturels» uniquement.
aR : *aDhmar, aDhrar, aMghar, aMrar, aNnar, aNzzar, aSghar, aSsamar, aZaghar, uRar aZzar.
eR : aNzer, *iFer, iFker, iGhzzer, iGer, iGuidher, *iJifer, iMgker, iSher.
iR : *aGeshrir, aNyir, *aShenfir, aVendir, aWrir, Dkxir, iLemssir, iThvir, Shir, Yir/ iir = ighir.
uR : aGeffur, aGhenjur, aGur, aH'eddur, aHishur, aKur (takurt), aMqerqur, aMur, aQendur, aQrur, aRrur, aSaghur, aShrur, aZagkur, aZemmur, uGgur.
oR : aQejmor, aQejdhor
____________
Ra: - (négation aRa)
Re: -
Ri : aVruri, iFri, iThri, iZzri. + (Feminin pour complémentarité): TheHri, Thiziri.
Ru : aQerru, aSsaru, Vururu.
Ro : aZzro
Remarque : mots précédes d’un asterix * vont toujours par deux, en paire.

Conclusions géométriques plausibles par groupe de suffixe:
iR désignerait le quart de la sphère (un secteur de cercle, 90 degrés). Mot pour comparer: awrir (thawrirt).
eR plus étalé que «ir» désignerait un fuseau ou un hémicycle, une hémisphère (demi-cercle, 180 degrés) comme l’envergure des ailes déployés de ighidher-l’aigle. Mot pour comparer: iger, donc plus grand que awrir (thawrirt).
aR, pris à part, désignerait-il un cône? Non, probablement un éventail ou une voûte en éventail très ouvragée. En tout cas dans le cercle il couvrirait jusqu’à 270 degrés. Mot pour comparer: azaghar/plaine nettement plus grand que iger/champ et awrir/butte.
uR désignerait un cylindre avec sa hauteur/profondeur, un tube ou même un tonneau, il va jusqu’à 360 degrés. Regardez bien les mots de ce groupe et vous comprendrez pourquoi. Mot pour comparer : amur (thamurt) mot générique qui signifie part/ campagne/pays/ région/patrie donc son sens nettement plus important que azaghar/plaine, iger/champ et awrir/butte.


Ri désignerait un cycle, une sphère, un globe. Y compris le globe occulaire (izzri) par exemple. Mais plutôt il désignerait la sphère, un astre par exemple ou voir même le cosmos.
Ru désignerait la trajectoire, vraisemblablement du soleil qui balaye environ 180° de l’horizon (aux solstices) et 270° lors de l’équinoxe d’été. Ou voir même l’orbite visible d’une sphère, d’un astre par exemple, s’il s’agit du cosmos. Le suffixe Ru de tête-(aqerru) car elle pivote autour de son axe jusqu’à 180 degrés (comme le soleil en solstice!) pour l’homme et à 270 degrés! pour la chouette (comme le soleil en équinoxe d’été) : pour cette belle et chouette performance le suffixe «ru» est doublé dans l’appellation de la chouette «vururu», «vu»=celui qui possède, deux «ru», une double vue ou un faisceau pour balayer l’horizon (géométriquement un faisceau est déterminé par deux cercles non concentriques). Enfin, le mot «assaru», la ceinture que la femme noue autour de sa taille, fine peu-être mais surtout ronde (sphérique), ce mot signifie aussi destin et même film qui équivaudrait au terme anglais movie. Ce mot serait géométriquement un anneau (surface comprise entre deux cercles concentriques), peut-être un segment sphérique ou meilleur encore, vu la forme du corps féminin, un secteur sphérique.
Ra désignerait la sphère parfaite, donc le cercle.



Maintenant on peut reproduire le même disque 1. pour la rotation de la terre autour de son axe et ainsi déterminer avec exactitude les points cardinaux et les segments de la journée ; 2. pour la révolution de la terre autour du soleil pour déterminer les saisons et les 12 mois de l’année ; 3. verifier s’il y a corrélation avec le calendrier agraire, le calendrier astronomique, l’horoscope, etc...Mais le plus intéressant serait de mettre en place le "disque des voyelles", à l'intérieur et à l'extérieur du cercle pour les décompter et les déchiffrer.
On voit par exemple que le mot «assamar» coincide bien avec le point cardinal préssenti – le Sud!

Décryptage à défaut d’étymologie fiable:
Mon souci est d’éviter de dire n’importe quoi et de faire de l’étymologie erronée. Donc ce qui va suivre n’est qu’une tentative de déchiffrer les mots du R-lexique. Toutes les versions sont bien sûr hypothétiques et svp pas de raccourci. L’objectif est d’abord de satisfaire ma curiosité par amour de ma langue maternelle. Maintenant si ces hypothèses susciteront l’intérêt des spécialistes qui après vérification pourront confirmer certaines d’elles et infirmer d’autres, et même toutes s’il le faut, on ne pourrait que se réjouir pour notre langue-mère. Voici donc mes quelques suppositions:
iThri: étoile en kabyle ou peut-être la version «touarègue» en tamacheq aThri serait plus juste. Ce qui nous aurait permis de le déchiffrer imprudemment comme Ath-Ri ou «ceux de Ri», quoique le préfixe d’appartenance (ascendance) chez les tamacheqs est non pas le Ath (comme en kabyle) mais Kel. Il est important de comprendre que Ri, géométriquement désigne une sphère mais en réalité pour les hommes désigne aussi, et d’abord?, un astre comme nous le voyons, et voir même le cosmos .
anZzar: qui ne connaît pas l’importance de «anzzar» pour tous les berbères et l’appellation de l’arc-en-ciel «thislith nu’anzzar», la fiancée d’anzzar. Géométriquement il s’agit simplement d’un arc, comme pour le mot du même groupe Izzri (vue/yeux) qui désigne en fait l’arcade sourcilière, l’oeil lui-même étant désigné par un autre mot (thiT). Donc anZzar = arc, pas plus compliqué que ça. Au sud-ouest anZzar en chleuh signifie à tort «la pluie» qu’en kabyle nous désignons par aGgefur.
uGgur: signifie problème/peine en kabyle contemporain ; physiquement le mot est proche d’un "réseau embrouillé", d’une pelote de nœuds ou du nœud Gordien vu que la lettre G de la racine du mot y prête à cette allusion?
uL: signifie coeur en kabyle au nord et en tamacheq au sud mais en rifain à l’ouest il devient uR. Alors qui a raison? En kabyle le rein (organe plus petit que le coeur, la rondeur R y est aussi) est appellé petitement, au féminin, thuRets. Vu la forme du coeur et la rondeur de la lettre R la version rifaine est plus vraisemblable que celle en kabyle et en tamacheq. On vérifiera plus tard si cette hypothèse est vérifiée lorsqu'on se penchera sur la lettre L de notre langue-mère.
theHri: l'épaisseur (ou largeur) mais remarquez que l'adjectif gros/large est Zur, donc on voit là une mutation au sein du kabyle même du H en Z. Il est généralement admis que le H (aHul) tamacheq ou guanche se mute en Z (aZul) des langues du nord (kabyle, rifain, chaoui, etc...).


Conclusions:
J’ai sans doute omis quelque chose mais pour l’essentiel je pense avoir fait une bonne réflexion et j’ai sans doute raison de la partager. Je ne suis pas un spécialiste en linguistique (même pas amateur!) mais tout de même j’ai trois atouts : ma formation de base en mathématiques, ma liberté (par rapport à un spécialiste qui a peur de se compromettre) et l’amour de ma langue maternelle. La géométrie est abondante sur tous nos supports culturels (langue, artisanat, architecture, etc...). L’exploitation de telles informations contenues dans la langue-mère, une fois attestées par les spécialistes en sémiologie notamment, va permettre de mettre en marche le générateur linguistique berbère et d’accélerer l’accession de notre langue-mère et de son peuple à la modernité sans se laisser cannibaliser par l’usurpation. Lors des prochains posts (billets) je prendrai d’autres exemples et je reviendra aussi sur les conclusions plausibles à tirer de ces «réflexions» à défaut de recherches. Une chose est sûre: il n’y a aucun doute que ça n’est pas par hasard que le tifinagh est géométrique avec toutes les connaissances que ça suppose. Nulle part ailleurs vous ne trouverez pareil règne de la géométrie. L’authenticité de la langue-mère est indéniable, il suffit juste de voir de plus près. La lettre R est à mon avis l’une des plus importantes du tifinagh.
Le cycle infernal va bientôt s’achever pour le vrai peuple et le jour de «la Vérité» n’est pas loin. Il n’y a plus à en douter, le Créateur sera bientôt de retour en Afric.

_____________________________________________
Vocabulaire:
ADhmar = poitrine, aDhrar = mont/montagne, aMghar = vieux/senior, aMrar = corde, aNnar = aire, aNzzar = arc (en ciel), aSghar = bois, aSsamar = versant ensolleillé (sud), aZaghar = plaine, uRar = choeur/fête/jeu; aZzar = racine; aNzer = nez/narine; iFer = aile/feuille; iFker = tortue; iGhzzer = torrent/ruisseau, iGer = champ, iGuidher = aigle, iJifer = pan, iMgker = serpe/faucille, iSher = ongle. AGeshrir = genou, aNyir = front, aShenfir = lèvre, aVendir = bendir, aWrir = colline, Dkxir = aimant, iLemssir = peau de mouton tannée, iThvir = pigeon, Shir = balle, Yir/ iir (ighir)= rive, côté (extrémité). AGeffur = pluie, aGhenjur = aquilain (nez), aGur ou aYur = lune/mois, aH'eddur = crêpe, aHishur = paille, aKur (takurt) = pelotte, aMqerqur = crapaud, aMur = part/lot (de terrain), aQendur = sa forme arabisée Gandoura; aQrur = petit garçon; aRrur = dos, aSaghur = fourrage, aShrur (enfantin) = zizi, aZagkur= colonne vertébrale, aZemmur = olivier/olive, uGkur = problème/peine. AQejmor = tronc, aQejdhor = ustensile. AVruri = grêle; iFri = grotte/caverne/abri, iThri = étoile, iZzri = vue/yeux. TheHri = épaisseur/largeur, Thighri = cri; Thiziri = clair de lune/belle; AQerru = tête; aSsaru = ceinture/destin; Vururu = chouette/hibou; AZzro = pierre/caillou/rocher.

DZ’espéranto 3 voyelles

Pas le plus grand malheur mais le plus sous-estimé pour notre langue-mère provient des «internationalistes» impatients qui ont au nom de leur vérité ont décidé que notre langue n’a que 3 voyelles, comme l’arabe qu’ils combattent, alors que la langue tamacheq avec ses 7 voyelles est là pout témoigner du contraire! Comment ne comprennent-ils pas leur tort? Par souci de modernisation ils veulent sans doute nous civiliser, nous imposer leur écriture conventionnelle et nous rendre des «civilisés à 3 voyelles». Moi je vous dis «No way, folks», je ne marche pas! Votre approche expéditive est une menace pour la langue-mère au même titre que la langue des «autres». Ce sont justement les voyelles qui dirigent les sons. Ensuite cet alphabet kabyle synthétique qu’ils ont élaboré, en lettres latines assorties de deux lettres grecques, cette sorte d’espéranto algérien DZ, ne peut en rien nous faire avancer car il occulte carrément la symbolique de notre langue-mère et notre histoire en général. Et c’est quoi ces conneries avec les sons V et DH prédominants dans le berbère, comme beta et delta dans le grec, qui sont transcrits en sons b/B et D latin et sémite? Idem pour Th devenu t. Idem pour les emphatiques. Etcetera, etcetera. Pourquoi celà ? Sans doute pour faciliter la confusion et la cannibalisation de notre langue-mère par l’arabe et le français. D’accord faute de mieux on peut l’utiliser au début, à l’étape de départ quand «le naïf et le primitif» dominent la création. Ce Dz’espéranto est peut-être une solution intermédiaire pour le lancement du processus mais elle est déjà révolue cette époque et il faut passer à autre chose, plus précisemment à la réhabilitation de la langue-mère et à sa Renaissance. Personellement je pense qu’il faut impérativement sauvegarder le tifinagh au moins pour le berbère du sud (tamacheq). Ensuite s’il s’agit de moderniser l’écriture des langues du nord, le kabyle par exemple, j’opterai ...pour le grec, moderne bien sûr. Eh oui! D’ailleurs les coptes dont la langue est afroasiatique comme le berbère l’ont fait, sauf que nous on aura l'orthodoxie en moins. J’y vois beaucoup d’avantages: enrichissement spirituel, source plus antérieure et plus proche de nous que les 2 langues autres qui nous menacent, neutralité dans le contexte politique et religieux actuels (ni «hizb frança»/«évangéliste», ni «bou arboun»/«marabou-frero») et surtout aucune menace pour le tifinagh.

Celà dit, je tiens à remercier toutes et tous ceux qui ont aidé et qui aident notre langue-mère. Dda Lmuludh (Mouloud Mammeri), que le Créateur ait son âme, avait bien sûr raison: maintenant que le processus est lancé personne ne pourra l’arrêter.

Il faut surtout s'unir et certains devraient arrêter de "monopoliser" le destin de notre langue-mère au risque de la mettre en péril.


Voilà ce que je voulais dire avant de tester moi-même mes capacités à déchiffrer et comprendre notre langue-mère. Je me souhaite bon courage pour arriver sur le chemin de la Vérité.

dimanche 2 mars 2008

Elixir de bruyère

Préambule
A la mémoire de la jeune (17 ans) et brave Katia abattue à bout portant par un nihiliste enragé le 28 février 1994 pour avoir refusé de vendre son âme et renoncer à la Vérité. Comme la bruyère qui fleurit sur la terre de ses ancêtres Katia a préferé casser plutôt que plier. Comme son ancêtre la très valeureuse Dihia qui a péri lors du dernier combat des braves contre l’usurpation latente et la kabbale masquée, aux Champs de Bruyère rouges de sang un jour de l’an 702. Depuis seul le souvenir de «l’élixir de bruyère» soutient le combat de la Vérité contre l’Usurpation.

envoyé par Kabylski -

En hommage à sa famille (les Bengana) meurtrie dans sa chair par les iqewaden de l’Usurpation nihiliste et ensuite humilée par les chifan de l’Usurpation negationniste.

Haro sur l'usurpateur!

Si zedjiguen n’tsvarqa*
Dhi zman éllan subwan Thissith*
Tsazzidhent thougar thament
Zzayeth thougar ighissem*

Dhi thassilt its’sebwan
Thawashoult merra segs theswa
Ass dh’w-ass dheg’axxamen nsen
Dhi thmourth imazighen

Yiwen u’ass yenulfad iSixer amshoum,
Dha voghdhi* iheqqar meden.
Dheg mazighen ikhdhem afernas,
Ineq dheg sen, thawaghith thâada thilass.

Yezla’then, yekfa’then: widh u’zaghar
Ula dh’widh yellan s’adhrar rewlen.
S’agoudhou itdhoqar ithen,
Widh yemuthen dh’widh yetsmetsathen.

Athan yebwedhed ounevdhou,
Thamourth thedjoudjeg s’tsvarqa thezouagh.
Umaana ur d’yugri yiwen yessnen,
Thissith amek its’sebwan.

Daw thavlat am lofan ett’sen,
Widh yesnen sser* n’Tissith.
Tsama idhurar’nsen nedtlen,
Merra lmouth thoughithen.

Af u’aawdhiw ig’thedou iSixer amshoum,
Assa dhaghamesh, fadh yenghath.
Si’mkul idhis ifrakh tdhefrent,
Tsoughoun, our th’djan adh yarthah.

Itdhal af igran*, youghal yerfa iSixer amshoum,
Anyiris yerna thevrek ma y’ikhos.
Netsa zaâma dh’rebbi dhi’tmourth,
Umaâna Thissith ur thid’sah ara.

Almi iz’dedhssa theswâath,
Iqewaden’is ts’hebirren, chifan’is tdhobrend,
Swadaw ouzzrou skeflend*,
Sin imusnawen seg’widh ur yemouthen.

S’daw u’azrou ithnid jevdhen,
Aken lan dhissin gugkmen*.
Dhi lemzzi akedh vavas amghar,
Aqshish dhu’zemni, id yeqimen siwa nithni.

Dhisin ar rif nu’acherrof s’veden-ten,
S’levghodh gharsen yetsmuqul iSixer amshoum,
Ma dh’nithni zran uagui idjal imanis dha qemqoum,
Khas aken, our ougadhen ara ath’muqlen.

Yellid imis iSixer amshoum aken asen yini,
Ayeni ithni’tsrajoune our yelhi,
«Goulagh akoun’djagh thedrem, ya l’djouhala,
Limer ayid’inim sser n’Tissith.»

Amghar azemni dh’mmis siveddi susmen,
Ts’muqulen dhakusser dhassawen,
Thamourth th’djoudjeg s’thvarqa th’zouagh,
Assif izouhour* daw’athsen.

Inetqed u’amghar yennad,
Thaghoeshth-is reqiqeth amzoun thoughit thawla,
«Vghigh adh ak inigh s’thoufra,
Awal thevghidh, a Sidi.

«Nek dh’amghar ougadhegh lmouth,
Athan our iyi d’ougraent thissas*,
Ihi thoura qevlagh, sser nagh akth’zenzagh»
Iss yenna u’amghar azemni iy’Sixer amshoum.

Thaghoeshth-is amthin nu’afroukh,
Slen’as aken ma lann.
«Nek dha khabith, sser nagh akth’zenzagh
Oumaâna ougadhegh ‘mmi

«Khas dhe’mmi, our iyi’ghadh ara
Netsa mezziy, lmouth our ts’yetsaguadh
Our zmiregh adh zenzagh nif’iw
Skoud mmi mazalith y’idder.

Etdfith, a Sidi, shoudith khas s’slassel
Dhegrith seg’acherrof, adh yaghli s’assif ath’yawin;
Imirren adh ak’inigh sser nagh
Feïgk goulagh our hentagh, iyiwen our th’qaragh.»

Dhina iqewaden ou’Sixer aghlin af mmis ilemzzi
Shoud’ent s’oumrar verdhayen
Refdhent arnan etsint amu’qejmor
Dhakoussar tdhoqrent s noqma dh’levghodh

Ilemzzi assif ighawel yessevlaath
Amzoun dh’aqrour n’aashr-snine
Imirren soufella nu’acherrof youkid vavas
Amegarrou iymazighen, iw’Sixer yena’yas:

«Tsidhets awal igk denigh:
Dh’mmi kan iligh ts’aguadagh
Wahchegh our sâan ara thirougza
Arrash our yesâan shlaghem.

Ma tsoura dell* n’wen oulimith*
Sargh’thiyi, thimess oulash dheks nfâa
Goulagh dhegu’adhmariw a yemeth
Sser n’Tissith ighd’ djane imezwoura.»
___________________________________________________

N.B.:
Transcription : en kabyle «traditionnel» pour francophone et non pas conventionnel.
Motifs : adaptation d’une ballade écossaise «Heather ale» in «A Galloway legend», poéme du célèbre écrivain écossais Robert Louis Stevenson (1850-1894). Texte original en anglais.

Vocabulaire:
iqewaden : au sens oû l’entendait le grand poète Si Mouhend Ou’Mhend
chifan : au sens oû l’entendait le grand poète Si Mouhend Ou’Mhend
Thavarqa = Champs de bruyère
Thissith = boisson, élixir
Ighissem = alcool
Sixer (i-Sixer) – prononcer ziker, s comme Z, «x»/K spirant comme le «ch» allemand de «ich»– = l’Usurpateur

aVoghdhi = haineux
sser = secret (comme dans ce texte) ou charme/élégance.
Igran = champs
Skeflend, de Sekfel = déterrer
Gugmen = muets.
Izouhour, de Zhir/bruit = «rugissement», bruit continu du fleuve
Thissas = honneur
Dell = humiliation
Oulimith = inutile, pas la peine



dimanche 24 février 2008

Zemmour

Aujourd’hui la recherche d’informations et d’images sur internet peut parfois vous amener à découvrir des choses et des personnages que vous ne cherchiez pas forcément. Les moteurs de recherche en un clin d’oeil vous sortent des milliers de pages ayant rapport au «mot clé» introduit, suivant le «rating» de popularité de tel ou tel website. Eh bien voilà, j’ai tappé «zemmour» et je vois une réponse prédominante : Eric Zemmour. Eric Zemmour sur toute la ligne. Moi je cherchais «zemmour»-olivier et là on ne me propose qu'eric, encore eric et rien qu’eric...ça n’était pas le zemmour que je chechais mais il faut faire avec. Et pendant qu’on y est, voici en quelques lignes mes réflexions suite à cette «recherche guidée».

L’olivier
L’olivier (a-zemmour en berbère, article mas.sing. «A» indisociable) revêt une symbolique toute particulière quasi-religieuse pour un berbère, plus particulièrement pour un kabyle. Comment l’expliquer aux autres? Le zemmour est pour moi bien plus que ce que représente le cèdre pour le levantin, la berioza (le bouleau) pour le russe ou l’érable pour le canadien. Le zemmour, l’olivier bien entendu!, est le symbole du peuple auquel j’appartiens, il est pour moi ce qu’est la ménorah au juif (un de leurs symboles prophétiques), pas moins que ça. Vous ne le trouverez sur aucun drapeau des pays nord-africains, ni dans leurs temples et pour cause! Vous ne le trouverez même pas sur les drapeaux et les emblèmes des nationalistes, des plus fiers des berbéristes. Mais il est bien là notre zemmour, bien ancré dans la mémoire du peuple. Le zemmour a résisté à toutes les épreuves à travers les siècles, il a sauvegardé notre identité face aux pressions cananéennes et sémites d’un côté, et latines de l’autre. Son étymologie même (racine ZM) signifie vitalité et puissance, ça n’est pas pour rien que le lion s’appelle «i-ZeM» en kabyle. En fait il n’ a cédé, linguistiquement parlant, que pour son produit fini: l’huile est appellée «ziit», emprunt au sémitique qu’utilisent même les kabyles qui commercialisent avec leurs voisins. Les algériens arabophones, de l’algérois par exemple, disent le plus souvent «ziit kbayel» –huile kabyle- pour désigner l’huile d’olive. Ne serait-ce pas justice de retouver le mot berbère initial pour désigner l’huile (d’olive)? Pourquoi ne pas utiliser le mot «u-Dhi» (beurre en kabyle) pour désigner en même temps le beurre et l’huile, comme le font les slaves et en particulier les russes («maslo»=beurre, huile) et plus proche encore de nous, nos frères berbères libyens de Nefoussa qui désigneraient l’huile et le beurre par le même mot «uDhi», un mot berbère par excellence. Pour la petite histoire en grec, auquel j’essaye de m’entrainer, l’huile est appellée λάδι/ladhi et le beure βούτυρο/voutiro.
Le zemmour est à l’image du peuple kabyle: l’huile est «zitée»-assimilée, soudoyée par le commerce. Le beurre lui peut fondre à tout moment. Il ne reste plus que l’olivier pour conforter nos âmes.

Zemmour
A propos d’huile d’olive et de beurre. Ou plutôt d’Eric Zemmour et de ses propos sur le beurre, sorry, sur les beurs et les autres. Franchement ce qui ce passe en France m’intéresse peu parce que même ayant la culture je suis tout simplement loin de ce «milieu francophone» , en plus de ça je suis de l’autre côté de l’Europe et donc je ne suis l’actualité française/francophone que rarement et souvent indifférement. Depuis le début du troisième millénaire ce pays, la France, pays très beau d’ailleurs auquel je n’ai aucune arrière-pensée malgré les séquelles laissées par le passage de leur Etat en terres berbères, devient de moins en moins sympathique et ces dernières années je n’y suis le plus souvent que de passage. Faut-il vraiment croire à la décadence de la «culture française» annoncée par les perfides et les ricains? Il est clair que dans ce monde globalisé la France n’est plus La référence. De là à dire que la culture française va disparaître pour laisser sa place à la «french lux & gastro’culture» c’est aller vite en besogne. Toujours est-il que ces derniers temps de «consommation & communication de masse» la France m’est personnellement devenue de moins en moins sympathique, toutefois sans que j’éprouve de l’antipathie. Revenons à nos oliviers. Donc en découvrant Eric Zemmour j’ai un peu investigué sur lui à travers le net, dailymotion notamment. J’ai cherché à savoir quel intellectuel c’est, façon de «juger» s’il «mérite» vraiment son nom «vital». Eh bien mes impressions sur le personnage sont assez bonnes: «il n’est pas bête, c’est sûr » comme on dirait chez nous, il est un beau parleur énergique, un hyperactif, un energizer (apparement c’est un phénomène de mode en France), et tout un tas de vertus. Bon ce qu’il dit est à consommer en France par les français, donc moi ça ne me concerne pas, je suis juste curieux. Mais quand j’entends Eric Zemmour traiter sans ménagements des sujets difficiles et ses jugements parfois cyniques, je me dis qu’il doit s’appeller non pas Zemmour mais ziit, zitouni, zeïtun. Ce qu’il dit des beurs ne me concerne pas normalement puisque je ne suis ni beur ni fromage mais plutôt zemmour-caviar, avec ou sans vodka. Mais là j’apprends qu’Eric Zemmour aurait publiquement déclaré sur ITV que «l’on ne peut rien faire contre le cours de l'Histoire et que l'injustice du sort réservé aux berbères et aux kabyles est irrémédiable». Là je me sens concerné et consterné. Et surtout sidéré et dégouté par ce genre de discours obscène de celui qui comprend tout, de celui qui a réponse à tout (il aurait fait carrière dans la grande distribution, la religion ou la politique) et de celui qui annonce les verdicts sans appel, l’huissier de la vérité, la fausse bien sûr. Il me rappelle le zampolit* soviétique sauf qu’Eric Zemmour cuisine des consommateurs à la place des soldats et officiers, et sert on ne sait quels intérêts au lieu de ceux du PC. Je ne sais pas comment qualifier de tels propos comme celui-ci tenu par ce critique qui fait du cinéma, de «bavardages de phrasiste» sans doute; il ne mérite que le péjoratif russe «kritikun», soit «critiquoune» ou critiquouille si vous préférez. Intervenir d’une telle façon sur un sujet qui devrait normalement ne pas lui être indifférent, s’il a une âme bien sûr, revient à cautionner et à justifier l’usurpation. Il ne fait que répeter ce que l’Etat français avait fait en terres berbères au 19 et 20 siècles, aux kabyles notamment : le massacre identitaire pour parachever le massacre tout court. Ils sont allés jusqu’à nous désigner «arabes» et nous imposer des patronymes étrangers, façon de nous chepteliser àfin de faciliter la tâche à leurs bergers. Ils nous ont volé nos terres et même nos patronymes. Celui là aujourd’hui veut tout simplement anéantir nos maigres espoirs à l’instar de ces concitoyens d’antan qui ont détruit notre généalogie. Les noms que nous portons aujourd’hui reflètent amplement cette déchirure. J’ai toujours envié mes camarades, mes copains de classe qui avaient un vrai nom, un nom qui reflétait leur identité, un nom berbère. Je suis toujours triste aujourd’hui de ne pas pouvoir remonter mon ascendance au delà de 1871 et de ne pas avoir un nom propre. On en reparlera des patronymes prochainement mais pour le moment finissons d'abord avec notre olivier. Est-on en droit après cette offense de demander à monsieur Eric Zemmour de changer de patronyme, de rendre zemmour à l’olivier?


Verdict: oui, ça mérite sanction. Autant le canaaniser et l'appeler désormais Eric Zeytoune.

________________
* Zampolit: mot russe, «zam» de zamestitel = adjoint (au commandant), «polit» de politika = politique. Dans l’armée russe-soviétique le «zampolit» était le commandant-adjoint délégué par le parti politique dans chaque unité du corps d’armée, dans chaque caserne, à des fins de propagande iédologique. Il était responsable de l’idéologie et veillait à la loyauté politique (donc au parti communiste au pouvoir) des officiers surtout mais des soldats aussi.