vendredi 23 mai 2008

L'arave qui cache la forêt

Updated le 31.05.08
Pour comprendre ce qui va suivre il faut impérativement avoir lu le post précédent («Ssymétrie axiale libyque») et consulté les lexiques correspondants «S» et «Sh», dans ce post on étalera un mini-lexique des Z et Zh (j) avec uniquement les mots appropriés au sujet de ce billet.

L’analyse du «s» libyque ainsi que ces mutations (z, sh, zh ou j français) a donné lieu à plusieurs conclusions. La première est que le "S" libyque dans toutes ses formes désigne le règne végétal. Le «S» axiale libyque est botanique.

Mutations:
Le son S se confond par mutation avec le son Z car ce sont deux spirantes alvéolaires, aussi le son "isotope" SH se mute en son ZH (J français) qui sont des spirantes post-alvéolaires. On va rester là sans approfondir aux autres mutations, par exemple du «sh» en «ch» (tch en français), du «zh» ("J" en français) en «dzh» ("dj" en français) un son attesté en kabyle moderne (ardju = attends) mais inexistant en libyque, du S ou Z en «ts» ou «tz». Toutes ces mutations s’opèrent au sein du même groupe de sons, pour plus de commodité appelons le groupe du «s» libyque «groupe axiale».
Il y a aussi la mutation d’un groupe à l’autre, du «groupe énergétique, règne animal» («gh» gamma libyque qui comprend GH, Q, G, g spirant, K, k spirant, Kh) au «groupe axiale, règne végétal» comme par exemple le «g» se mute en «zh», qu’on transcrira ici «j» français pour faciliter la lecture, comme le mot cile dit i-Genni en kabyle se mute en i-Jenni en chleuh. L’inverse est vrai quand un son du groupe axiale S se mute en un son du "groupe énergétique" du gamma libyque Gh, par exemple le verbe «d’orientation» æS = venir, arriver, parvenir (ad æsegh = je viendrai, æs ad ou æs ed = viens, ad y’æs = il arrivera) qui au passé de mute en verbe «d’origine» aeK comme dans "ansa i d'Kigh" = d’oû je suis venu/arrivé/parvenu). Notons que pour les langues européennes le son S occidental (français, anglais) se retrouve très souvent en K oriental (allemand, russe, grec) comme le mot moderne cyber qui devient kyber.
La mutation en libyque (dans les radicaux/préfixe) qui nous intéresse aujourd’hui est celle de S en Z car elle est révélatrice. Si en espanol c’est le Z qui se lit comme S (ex ; Zamora se dit Samora et Zidane = Sidane!) en allemand c’est l’inverse, le S se lit Z (ex. Sabine se dit Zabine). Ici c’est le modèle allemand qui nous convient car en libyque le S se mute en Z.

Révélations
Pour faire court, le Z (Z empahtique ou "z" traditionnel) est synonyme de haute densité alors que le S est celui de la légèreté. Z dense et lourd (Zay), épais et large (zur). Le Z symbolise le règne minéral: azRu ou aZRu = roche, pierre. Il symbolise aussi la VIE ou plus exactement la racine de la vie iZoran = racines, veines, le mot grec zoé = vie est on ne plus proche donc il peut être emprunté sans états d'âme. Le S est léger comme un courant, comme le bois, le S symbolise le règne végétal. Le S est aussi superficiel, à la surface quant le Z est "au sein": sous terre, sous la croûte continentale (aZru) ou sous la chair (iZoran) . Si vous voulez, le S est épidermique alors que le Z est dermique. Il y a le verbe eZo, ZZo = planter dont la transcription doit être avec un végétal "s" (emphatique) plus le "z", soit par le diagramme SZO. La paire ou plutôt le duel S + Z (y compris leurs mutations) se décline selon une règle bien définie, à savoir leur suite dans la verticale du temps ou de l'espace: d'abord/en bàs: SZo = planter; ensuite/plus haut: S de l'arbre ou plant; après/encore plus haut SH qui signifie = pousser/regénérer/dévelloper comme les ongles (isher), les cornes (ishew), les cheveux (shewbuv), la pelure/l'écorce (ishlem), l'eau coulante/cascade (shersher d'oû Djurdjura actuel); tous les plants/arbres avec "sh" ont une écorce/revêtement qui se renouvelle/regènère périodiquement/pousse sans cesse (qeshush = liège, kerrush) donc plusieurs récoltes, "Sh" en préfixe/racine du mot signifie donc qui ne tarit pas, l'abondance alors faudra-t-il 'étonner que ce soit la corne (i-shew) le symbole de l'abondance? La corne d'abondance a pris ses origines oû, hein les amis?! Le Sh symobilserait-il la floraison: fleurs ou bourgeons? ; ensuite/plus haut le "z" qui symbolise le fruit de tout le travail, le z traditionnel symbolise le fruit et la baie - berry en anglais/iagoda en russe- (thazart=figues, thazdhayt=dattes, thizwa = mûron). Sauf que fruit/baie sont en "s" et "sh" aussi: asisnu=arbousier, a-shilmun = myrtilles .Et bien sûr le "zh" ou J qui symbolise le point le plus haut et grimpant (ex. inijel = ronce), le J symbolise les légumes (ex. tha-jilvant = pois) ou peut-être aussi les fleurs (ex. a-jedjig)?

Arbre, définition:
L’arbre est un grand végétal ligneux comportant un tronc et des branches;
L’axe d’une machine (ex.voiture) transmettant le mouvement;
Un schéma hiérarchisé, comportant des ramifications.

L’arabe qui cache la fôret
En kabyle le mot tejra ou tsejra emprunté au sémite-arabe shadjara a occulté l’appellation vernaculaire de l’arbre. Aujourd’hui on va y remédier: l'appellation de l'arbre doit contenir dans sa racine un "s/z", il existe déjà ce mot: a-Seklu, référence: "Tawalt" de H.Sahki, juin 1999 (merci monsieur Sahki!). Et bien sûr le nom de la FORÊT doit obéir à cette même exigence d'avoir un "s/z"! Il faudra trouver ce mot et réparer les dégats.

Arbres fruitiers: a-zemmur (ou a-szemmur?) = olivier, tha-zdhayt = palmier, a-zembi = espèce de pomme de pin, tha-zarth = figuier, tha-zanets = chêne-zen (même que zembi?), a-zaarur ou a-zegwuar = jujubier, thi-zwa ou thi-zwelt ou thi-zwey = mûron, mûre de ronce (inijel).
Arbres non-fruitiers: tha-slent = frêne, a-sghersif = variété de peuplier-aune.
Arbres avec écorce "renouvelable": a-qeshush = chêne-liège, a-shkir = chêne vert
Plantes: a-zegdhuf = ortie,

Bois de combustion (énérgie): a-sghar, a-qejmur, asafu, asefudh, asevsi = 1.pipe/2.joint, tha-sedta = rameau/branche
Plantes de consommation (fourage): a-sasghur
Bois en architecture: a-salas, a-jgu, tha-sga, a-salel = étai/piquet, tha-sara = chevron, thi-seghlith = portillon,
Bois ustensile: a-jeqdhur, a-shavshaq = récipient, a-segru = manivelle/piquet, a-zaglu = joug, tha-zdemth = fagot, a-zerbuDH = toupie, a-zedta = métier à tisser
Bois (forêt): a-shadhukh = sous-bois

Décryptage, dualité:
tha-mazirth: signifierait "plantation de fruits et légumes"
a-zaghar = plaine, signifierait "grande plantation de céréales (blé, orge, etc...) et fruits/légumes".
a-zeka = demain devrait s'écrire aszeka = littéralement le K suivant, le K qui viendra sachant que K est relatif au temps = présent ou passé récent [et non pas le futur comme j'avais supposé au début] le mot aszeka = [demain] = le jour proche, imminent. Ce qui attesterait une mutation du son "S" (de ass/as=jour) en K, chose très fréquente en linguistique à fortiori dans les langues européennes. Exemples: ass ad y ass [ad.y-as] = il viendra, y ass d [yu.se.d] = il est venu comparé à ansa id kidh/id kem = d'oû êtes tu/vous venu (s)? Ou dans aka la thvern dunith ou aka ith vern dunith = ainsi tourne (va) le monde. Le K concrétise le S dans le présent ou passé très récent, le K = instant? le fait accompli?
tha-zeqa = maison; les maisons de nos ancêtres étaient en bois surtout l'intérieur (asalas, thasga, ajgu, tharishth, etc...) et tout ça en Afrique désertique?!! Oui, c'est possible mais à une époque très reculée. Cependant ce mot atteste plutôt et surtout "à la surface", donc maison à la surface de la terre.
a-Zeka = tombe, le Z emphatique, comme dans aZ = pousser. Deux hypothèses: 1) si on le rapproche de thazeqa on peut conclure que aZeka = demeure en pierre (tombe, crypte) alors que thazeqa = demeure/maison en bois; 2) si on le rapproche de azeka. Le Z emphatique est synonyme de densité, donc il est soit a) global, total = bilan. Donc aZeka = bilan des jours, la fin. Cette hypothèse adhèrerait à la mythologie des anciencs egyptiens avec leur K mais nous ça ne nous concerne pas et cette hypothèse je l'écarte; b) soit profond car il est vrai que la tombe est sous-terre alors que la maison est en surface.
azrem = serpent, couleuvre: il est superficiel //comparé à// aZrem = boyau, intestin: (avec Z emphatique) il est de la même forme "serpentine" mais il est en "profondeur", sous la chair dans ce cas précis.
i-Zoran (au sing./masc.: a-Zar) = 1. les racines, 2. les veines. Homonyme dû à la similitude de la forme, de la profondeur et de la fonction (nutritive) qu'ont les veines pour l'homme et les racines pour l'arbre.
a-Sif (ou assif) = rivière, fleuve [en kabyle ainsi que dans toutes les variantes du berbère moderne]. En réalité asif signifie: S «courant/cours» et F «nautique», donc asif = «courant qui permet la navigation» ou courant fluvial. Ce mot ne s’applique qu’aux eaux douces (rivière, fleuve); pour la mer et l’océan c’est le «L» qui devrait intervenir et "M - N" plus GH pour les eaux enclavées comme les lacs/étangs, etc..., mais là c’est une autre histoire, pour une autre fois

Tutti Frutti et le sixième sens
Les fruits (végétaux en général) ainsi que la roche (minéraux en général) ont servi à l'homme "libyque" pour désigner les couleurs par la lettre Z (ainsi que "z/s"), lire le post "le spectre libyque" dans ce blog. Le Z emphatique indiquerait aussi le goût: Zidh = doux, a-Zidhan = le doux; mais plus généralement le couple "s/z" serait probablement la clé pour avoir:
- les appellations des unités de mesure du temps et de l'espace
- les notions de vitesse et de température, un billet sur ce sujet sera posté dès que possible;
- les 5 sens (ouïe, vue, odorat, toucher, goût), ce sujet est déjà clair pour moi et je posterai un billet sur les 5 sens prochainement. Je tiens juste à dire que le sixième sens libyque est apparement lié au savoir.

lundi 19 mai 2008

Ssymétrie axiale libyque

Achevé le 23.05.08, les conclusions suivront à part (nouveaux billets)
Avant-propos
Il m’a été donné de lire que le «s» libyque ou du tifinagh symboliserait le soleil. Je n’en suis pas sûr. Rien qu’à prononcer ce son «s» l’on comprend qu’il s’agit plutôt d’un courant, d’un cours ou de cycle. Il est assez bizarre de voir que le mot s’tsawil = lentement/doucement ressemble à l’anglais slowly (pas de raccourci svp) avec chez nous le suffixe wil/wel du mouvement rapide ou lent (ghiwel, stsawil)...et plus rigolo encore wheel en anglais signifie roue! Est-ce que tout le monde sait qu’en kabyle comme dans beaucoup de langues «ssssss...» est une invitation au silence comme dans susem = tais-toi? Et combien de gens savent que (par mutation du «s» en «sh») commander l’arrêt à un mulet ou à un âne en kabyle on dit « sh’sh’sh’– a», il s’arrête s’il n’est pas têtu. Bon, on finit là avec les anecdotes et on passe aux choses sérieuses!

Le S libyque
Le son/la lettre «S» se transcrit différement en ancien libyque (en forme de sablier), en tifinagh saharien et en tifinagh du Hoggar (cercle avec au centre le point qui symbolyse l’axe, l’essieu de la roue); cette dernière variante est celle qui est adaptée par l’académie berbère. Toutes ces 3 formes ont une chose en commun: la symétrie par rapport au centre ou au milieu, la symétrie axiale.

AXE
En mathématiques un axe est représenté par une droite avec : une orientation, une origine et une unité. En géométrie, un axe est une droite qui sert à construire une symétrie : la symétrie axiale (dans le plan). Dans l'espace, un axe peut aussi servir à décrire une rotation. Voici un lien pour en savoir plus sur la symétrie axiale: http://www.mathox.net/sixiemes_symetrie_axiale.html

Rien qu’à voir les lettres libyques et tifinagh on peut comprendre que tout colle. La symétrie est dans la transcription des lettres et le vocabulaire à commencer par sin = 2 ou la préposition «s» = avec. L’origine dans le temps et dans l’espace est attestée par la préposition «s, si, seg» et les adverbes de lieu ansa = d'oû, sani = oû. L’orientation est d'abord un sens (direction) et sens tout court comme isegh, sser; Elle signifie aussi aspiration, espoir, ambition comme dans asirem. L’unité est attesté par sin = 2 mais aussi par les adverbes dhrus = peu, deqs = assez et adTas = beaucoup/grand nombre, etc...; la parité qui découle de la symétrie est attestée par «s» = accompagné de qui/assorti de quoi/avec quoi, ainsi que par le verbe wanes, dans les mots idhis = flanc (flanc droit, flanc gauche, donc parité), sukref qui constitue toujours 2 tresses de cheveux nattées, et probablement aussi ighes = os si l'on considère que les os du squelette, les plus importants du moins, sont le plus souvent pairs. Géométriquement les mots désignant la symétrie sont bien sûr attestés en architecture : asallas, thasara, etc...Dans l’espace la rotation de notre planète (donc de notre temps) ou sa révolution autour de son axe ou du soleil est bien là : ass (jour) et asswugas (année).

STREAM
Cours = cheminement, mouvement d’écoulement, d’eau par exemple : cours d’eau (asif = rivière, fleuve), succession de temps voir même un cycle (ass = jour), enchaînement, dévellopement, processus. Du mot cours on aura course, courir qui se dit aszel en kabyle, ici le «s» se muterait en «z» (phénomère très répandu, idem pour le «s» en «sh» d’ailleurs). Ce "s" processus est bien distingué par des étapes dans les adverbes: skud = tant que, sima/simal = plus...plus/ de plus en plus, etc... Courant = qui coule sans cesse, qui est orienté, qui tend vers une direction. Par exemple le gulfstream en anglais, stream = le courant (des eaux, des vents). Les mots asif (rivière, fleuve) et asigna (nuage) s’y prêtent. Marche = mouvement, marcher, progression, avancer. Le préfixe actif «s» dans les verbes s’y prête, regardez le vocabulaire en bàs de la page.

Il reste à dire qu'il y avait eu des peuples sur terre qui connaissaient la roue mais pas l'axe, ou plutôt l'essieu, donc cette invention ne leur a pas servi à évoluer. Comme nous le voyons le libyque témoigne de la connaisance parfaite de nos ancêtres de la rotation dans le temps comme dans l'espace, alors y a-t-il lieu de s'étonner que le char (et charette) et l'attelage des chevaux a été selon le grec Hérodote un emprunt des grecs à la nation libyque?! Il serait aussi logique de supposer que le "s" libyque doit composer les mots comme vecteur, flèche, lance, etc...J'essayerai de faire petit à petit, selon ma disponibilité et l'inspiration, une analyse plus approfondie du vocabulaire ci-dessous (les affixes "s", etc...) pour percer les secrets du "s" libyque, donc ce post sera mis à jour ou d'autres posts (billets) sur le même sujet le suivront. Mais déjà on peut voir un exemple de "rotation": isghi ou le vautour qui vole à grands cercles autour de sa proie.

Je tiens juste à rappeler que le son S se confond par mutation avec le son Z traditionnel (mais jamais avec le Z emphatique) car ce sont deux spirantes alvéolaires, aussi le son "isotope" SH se mute en son ZH (J français) qui sont des spirantes post-alvéolaires.

Suffixes «S» des noms communs, au masculin/singulier
aS : a-dhellas, a-fernas, a-assas, a-mas, a-salas + les adjectifs: a-ferDHas, a-fessas, a-lemas + féminin/pluriel: thi-ssas, thu-wlas
eS: a-wles, amwanes, i-fires, i-ghes, i-les, verkukes
iS : a-gris, i-dhis, i-ffis, ifis
uS: a-fuls, a-fus, a-gus, a-mmus, a-rrus, a-varnus, naqus, vuksus
Si: a-meksi, a-sevsi, i-nissi + féminin thi-khsi
Su: sek-su. Sa: féminin seulement: tha-DHsa, tha-ssa, thalafsa

"S" Vocabulaire

noms communs et verbes à l'impératif, environ 160 mots au total.Lettres majuscules pour les emphatiques.
a-assas = gardien, sentinelle
a-dhellas = plante diss (ampelodesmos mauritanicus). D'oû le proverbe kabyle "l'Dzayer su dhellas ith'sqef" = le toit d'Alger/Algérie est en diss.

a-fDhis = marteau
a-flus = gland

a-ferDHas = chauve
a-fernas = hécatombe
a-fessas = léger, fondu
a-fus = main
a-geswah = drôle de type, original, excentrique
a-gris = gel, givre
a-gus = corset, grosse ceinture pour femmes (surtout après accouchement)
a-ksum (voir tha-sem-th) = viande, chair
a-kwusar = descente, pente
a-lemas = médian
a-lemsir = peau de mouton tannée
a-mas = lombes
a-meksi = berger, pasteur
a-meSaDH = cuisse
a-meslay = parole
a-mmus = saleté, crasse
a-qesvuDH = gigot
a-rkas (tha-rkas-th) = chaussure, mocassin
a-rrus = escargot
a-s (ass) = jour, journée
a-safu = tison, torche
a-salas = poutre centrale
a-ssalu = sentier
a-sammar = versant ensoleillé.
a-saru = ceinture fine; aussi en chleuh = clé (tha-saru-ts en kabyle)
a-sawen = amont, montée, pente, côte
a-sefru = poème
a-sefudh = flambeau
a-seggan = vanne
a-sellaw = fané, engourdi
a-SemaDH = frais, froid
a-SemiDH = le froid
a-semmam = aigre, sans goût
a-semmum = oseille
a-senan = épine
a-serdhun = mulet
a-sevsi = joint
a-sfel = sacrifice
a-sghar = bois, bâton
a-sif = rivière, fleuve
a-signa = nuage
a-sirem = espoir, souhait, aspiration
a-sisnu = arbousier
a-siwan = milan (oiseau de proie)
a-slen = frêne
a-sordi = argent
a-sukref = natte/tresse de cheveux
a-swugas = an, année
a-syakh, plur. i-syakhen (voir slekh) = éboulement, glissement de terrain
a-theras = un brave, fantassin
a-varnus = toge blanche en laine, faussement appelée "burnous"

a-wles = glande, ganglion, adenite, furoncle, inflammation
a-wsir = vieillard, sage
efres = défricher
ekes = enlever, ôter
el'lès = tondre
eq'qès = piquer

ers = mettre, porter, habiller. voir Sers = poser/déposer.
fsi (voir vzeg) = fondre
i-DHes = sommeil

i-dhis = flanc, côté
i-ffis = trèfle
i-fires = poire
ifis = hyène
i-ghes = os
i-les = langue
(l'organe)
i-mensi = diner

i-nissi = hérisson
i-seffil = fil de trame
i-segh = sens
i-sghi = vautour
i-sli = fiancé, jeune marié
i-sni = grande aiguille, tremie de moulin a eau
naqus = cloche
nes (thenes) = incliner (incliné), éteindre
sefqedh (voir fqaa) = visiter/inspecter inopinément, vérifier par surprise
seggem (syn. Gerrez) = perfectionner, améliorer
seglef = aboyer
sekhsi = eteindre
sek-su = couscous
sen = savoir
sendef = blesser, faire saigner/rouvrir une plaie
senshew = plumer
ser (sser) = charme, secret
sers = poser, déposer, reposer
serweth = battre le blé, remuer sens dessus-dessous
sew, thisith = boire, boisson
sfileth (voir asfel) = procéder à un sacrément, jeter un sort, prier pour
sif, ssif = affiner, tamiser, sasser, trier

Sifa (ssifa) = beauté
sin, snath = 2/deux
(masc., fém.)
siqer (voir muqel, qer, qaraa) = mauvais oeil
siredh = laver
sisen = tremper
slekh (syakh) = écorcher
sllil = rincer
smidh = blé, semoule
smil, (smir) = incliner, (verser)
sqeDH = envier
ssedh = damer, tasser
ssendu = battre la calebasse pour transformer le lait en beurre
sthufu = être disponible
sudhen = embrasser, baiser (bisou)
sugh, (sell) = crier, (entendre)
sukkes = démasquer qlq, prouver sa culpabilité
sumeth = poser sa tête sur un oreiller
sum = sucer
susef, (shushef) = cracher, (se doucher)
susem = se taire
suther = demander, emprunter, faire la manche
syakh, selekh = écorcher
tha-DHsa = le rire

tha-fsuth = printemps
tha-funasth = vache
tha-ghwurasth = la ruche
tha-khsayth = courge
thalafsa (dim. Lafaa) = l'hydre, monstre des eaux
tha-lasth (thilas) = borne, limite, frontière
tha-musni = le savoir
tha-safth = sapin. Et variété de chêne ?
tha-saruts = clé
tha-sedTa (voir aZedTa) = branche
tha-sekurth = perdrix
tha-sellufth = poux, tique
tha-selt (tharselt) = laurier
tha-semth (voir aksum) = graisse
tha-sga = mur intérieur face a l'entrée
tha-sghersift = peuplier aune
tha-silt = marmite, chaudron
tha-sqarth = tige (pour tirer au sort)
tha-ssa = foie
tha-ssara = latte, chevron
tha-sumtha = oreiller
tha-surifth = saut, voyage à côté
tha-vekhsisth = figue
thi-khsi = brebis
thi-mes = le feu
thi-sedhnan = les dames
thi-seghlith = portillon, porte arrière
thi-segnith = aiguille
thi-sirth = moulin
thi-slith = fiancée, jeune mariée, bru
thi-smin= jalousie
thi-ssas = honneur, courage
thi-sthan = les vaches

thi-yirsi = les cordes vocales (le mot devrait s'écrire thi-ghirsi et se prononcer thiyirsi)
thu-ghmesth = dent

thu-suth = toux
thu-wlas = les filles
u-ssu = lit

verkukes = couscous hivernal à gros grain roulé
vuksus = suie, noir de fumée
wanes (amwanes) = accompagner (compagnon)

wessa = foncer
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La mutation de “s” en “sh”:

Suffixes «Sh»
ash: a-fermash, a-ghamash, a-qavash, a-qelwash, a-qerdhash, a-rash
ush: a-dTush, a-kerrush, a-klush, a-qemush, a-qerqush, a-qeshush, a-qvush, a-shush, a-verHush, a-wbush, tha-mengush
th

ish: a-mshish a-qshish
esh: qesh, tha-wareshth
sha: shusha


«SH» vocabulaire. environ 100 mots au total
sha [en chawi]= négation "pas" français, idem au "ura" [kabyle]; se retrouve dans "ulash". ash/asha qui signifie "sans/néant/arrêt-stop" en suffixe serait équivalent au préfixe français "dé" (sans, qu'on a enlevé) comme dans "déséquilibre"/"décrocher", etc...; ou au préfixe privatif français "in" (invisible) et ses variantes "im" (impossible), "ir" (irresponsable), "il" (illetré). Ensuite Il y ashema qui a deux sens: 1. rien, nul comme dans "ur d'ebwigh ashema" (je n'ai rien apporté), 2. tout à l'heure (pour le temps futur, pour le passé c'est llina) comme dans "ar ashema" (à tout à l'heure), ici le "sh" signifie laps de temps de la journée (ass).

a-dTush = orifice, oeillet, petit trou, parfois aussi oeil (péjorativement)
a-fermash = édenté
a-ghamash = chaleur torride, canicule
a-gwurshal = son de blé
a-heschkul = substance pour ensorceler; sorte de "gri-gri"
a-Hishur = fétu, brin de paille

a-kerrush = chêne
a-klush = bâtard
a-mshedal = fourmi rouge
a-mshish = chat
a-mshum = malheureux, maudit, malin (perfide)
aneshth = autant, tant, de mesure (poids/dimensions)
aqashir = chaussette. en sémite-arabe djawareb d'oû peut-être l'emprunt en kabyle a-jervuv/ajerbub = loque. Il s'est avére que non, aucune relation et ce mot n'est pas un emprunt.

a-qashush = cîme
a-qavash = pioche, hâche
a-qelwash = bouc
a-qemush = bouche, fine/petite bouche. forme péjorative: a-khenfush

a-qerdhash = carde
a-qerqush = figue verte (pas mûre, bourgeon)
a-qeshim = débri, bûchette
a-qeshush = liège
a-qeshwual = hotte
a-qshish = garçon, petit garçon
a-qvush = gobelet, carafe
a-rash = les enfants
a-shangal = lacs [la]: piège à nœud coulant (oiseaux/gibier)
a-shawrar = enfant
a-shedhluh = viande séchée
a-shedTiDH = vêtement
a-shekav = long pas, foulée, enjambée
a-shevhan = blanc, beau. Achtung! il pourrait s'agir d'un emprunt indirect déformé du sémite-arabe shib = cheveu blanc (d'oû blanc) et shabab/sheb = jeune (d'oû beau, d'ailleurs en dialecte DZ sheb/shaeba = beau/belle))
a-shewpuv (asechu) = cheveux
ashimi? = pourquoi?
a-shlem (ishlem) = pelure
a-shquf = débri, bout
a-shRuf = falaise, escarpement, précipice
ashu? = quoi?
a-shush = cabane, grange

a-shval = outre/jarre suspendue
a-shwupaDH = botanique spath ?

a-verHush = chiot

a-vushish = chêne-liège
a-wbush = verge

DHash = décamper, partir en trombe (i-DHash = il est toqué)
i-sher = ongle
i-shew = corne
i-shifaDH = chiffons, haillons
i-veshan = urines
kerresh = mordre
kmesh = froisser, ratatiner, déssecher
kshem = entrer

mmash = embrasser légèrement des bouts des lèvres
qerresh = couper, tondre les cheveux
qesh = trousseau, vêtements
qeshem = entamer, casser les angles
shaH = tant pis! Bien fait pour toi/vous!
Shama = balafre, stigmate /(du verbe weshem, qeshem)/ Rien à avoir avec l'arabe-sémite al-shama(t) = grain de beauté, naevus.
sheDH = glisser, déraper

shenter (shkenter) = s'agripper, se raccrocher
sheqeq = fissurer, crevasser. D'oû en architecture: jeqayeq = fissures, embrasures, lucarnes

shereg = déchirer
shersher = écoulement d'eau en cascade
shfu = se souvenir, se remémorer
shir= ballon, balte, pelote

shirrew = frissoner, avoir la chair de poule. shillew = (être) intimidé, impressionné
shkith (ashkith) = beau, bon
shlaghem = moustaches
shmeth = moche
shrew = égrapper
shruredh = déambuler avec élégance, marcher en "glissant"
shud = lier, attacher
shuf = gonfler
shusha = mèche de cheveux sur le front
shushef = se doucher
shweDH = brûler/rôtir jusqu'à se crevasser (grande souffrance). Voir aussi shyaDH = temps très chaud, brûlant.
shwi = heureusement
shwidT (shidT, shidTuh) = peu, très peu
shwual = conflit, fronde, mutinerie, désordre, chaos
tha-geshrirth (a-geshrir) = genou

tha-mengushth = boucle d'oreille
tha-qeshavith = manteau, appellé faussement "kachabia"
tha-rishth = soupente
tha-shaqurth = machette, parfois aussi hache.

tha-shlalth = trou
tha-shrurth = zizi (enfantin)
tha-wareshth = boulette (de semoule), motte (de beurre)
tha-washult = la famille
tha-zermemushth = petit lézard

thi-sherth = l'ail
torresh = braquer méchamment des yeux exorbitants
ulash = rien, néant

ushen = renard, canidé, chacal (par confusion)
* (sous réserve car origine à vérifier):
a-shenfir (ishenfiren) = lèvre(s) d'oû le verbe shenef = faire la tête, se fâcher.
Les mots se retrouvent en dialecte DZ (dTnafer, shenef) mais pas en sémite-arabe.

Tous les mots/verbes soupçonnés d'être des emprunts (shud, a-shedluh, etc...) vont être liquidés une fois leur origine vérifée.

vendredi 9 mai 2008

Joukov: le miracle Russe

Aujourd'hui le 9 mai la Russie fête la Grande Victoire acquise au prix de sacrifices énormes pendant la "2ème Grande Guerre Nationale" (1941-1945). Permettez-moi au nom de tous les miens de saluer le patriotisme et le sacrifice des russes comme de leurs concitoyens de l'époque les ukrainiens, les biélorusses et aussi les citoyens des autres républiques soviétiques du Caucase, d'Asie Centrale, de toutes nationalités et de toutes confessions, enfin tous ceux qui se sont battus pour leur patrie, leur terre et leur dignité. Ces jours-ci chacun ou presque, chaque automobiliste en Russie arbore la guéorguiévskaya lenta, le ruban de l'ordre de St-Georges, symbole de la Grande Victoire.

Le symbole, l'héros de cette guerre c'est bien sûr Guéorgui Konstantinovich Joukov. Saluons ce digne fils de son peuple qui a libéré son pays des occupants nazis et a défendu sa patrie comme un lion. Le sacrifice est énorme, 27 millions de victimes, car les allemands-nazis ont déclaré la guerre totale aux slaves, aux russes-soviétiques et voulaient les exterminer. Joukov leur a "expliqué" qu'ils avaient tort en marchant sur Berlin oû il mit à genoux les ennemis de son peuple et leur fit signer leur capitulation le 9 mai 1945 à 01.00 du matin heure de Moscou (23.00 heure de Berlin, 8 mai).

Joukov pendant la 2ème grande guerre nationale

Слава маршалу Жукову! Слава народу победителю!

[Slava marshalu Zhukovu! Slava narodu pobediteliu!]

Gloire au maréchal Joukov! Gloire au peuple vainqueur!

jeudi 8 mai 2008

Der krieghund

Avant-propos
En ce jour de commemoration de le deuxième guerre mondiale et notamment des massacres à Kherrata, Guelma et Sétif je suis tombé sur un article du quotidien en ligne «Le Matin.dz» qui a ravivé ma rage, voici le lien :
http://www.lematindz.net/news/1405-france-television-et-le-ministre-de-la-defense-au-secours-de-loas-un-docume.html
Il est question d’un chien de guerre, d’un chien tout court mais de renommée sinistre, qui répond au nom de Georges Oudinot que vraisemblablement les médias français en ces temps de Napoléon 3.5 veulent présenter comme un «brave». Puisqu’il s’agit d’une insulte directe à la mémoire des victimes, mes compatriotes des Ath-Duala je considère que mon droit de réponse m’autorise à apporter mon témoignage «hérité» (légué par les parents, les proches, les voisins) sur les exactions de ce scum sadiste. Je vous demande juste de ne pas étendre votre haine de cette canaille, qui sans doute va s’ensuivre après la lecture de ces lignes, à tous les français, inutile de faire l’amalgame entre les chiens et les hommes.

Le krieghund
Ce krieghund (chien de guerre) a commis une multitude de crimes contre les civils kabyles. Il paraît que c’est un «brave capitaine» rescapé de la déroute de «Dieu, bien fait!», pardon de «Dien-Bien-Phu». Eh oui, en face il y avait une armée vietnamienne bien soutenue en armes et en génie militaire par les soviétiques. Mais les paysans désarmés c’est bien plus facile à se mettre sous les crocs, ah les chiens? L’humiliation quotidienne par ses paras des paysans désarmés, notamment de «l’homme à la toge blanche», les assasinats gratuits, la torture, le bloccus décrété avec le lancement de l’opération «jumelles», les enfants qui n’ont pas survécu à la faim et aux épidémies, mon frère ainé mort avant de voir la libération et ses frères et soeur qui naîtront après, son petit cousin, les morts, les veuves, la mort, la famine,...Bref, le palmarès de ce chien mérite la légion d’horreur. Ses collaborateurs parmi nos traîtres, les chiens-de-chiens, méritent le cyanure, au plus vu que le hara-kiri ne convient qu'aux braves mais pas aux harkiris; que leurs enfants n’aient pas peur, le peuple ne les tient pas responsables des crimes de leurs géniteurs et leurs droits sont intouchables.
Il en est un crime qui hante souvent mes cauchemars tant il est atroce et monstrueux. Devant son quartier général à «Béni-Douala» le chien animait «son» bûcher au sens propre du mot. La mère d’un maquisard, un adolescent d’à peine 17 ans qui tombera plus tard au champ d’honneur en défendant sa dignité et sa partie, fut exécutée sur le bûcher du chien car elle ne voulait pas avouer oû se cachait son fils. Ce chien aidé par ses acolytes, les paras et les chiens-de-chiens, condamna notre pauvre femme à l’immolation. Elle est morte brûlée vive. Dans la douleur et les larmes. Sous les yeux de ces voisins terrorisés et des passants impuissants «tenus en respect» par les paras et les chiens-de-chiens armés jusqu’aux crocs. Puisse le Créateur être avec nous et que l’âme de cette femme et celle de son fils reposent en paix.
Vous voulez que je leur pardonne? No way! Go to hell bastards!
Le 12 juillet 1998. La France est championne du monde de foot. C’est la joie en France. Dieu fait bien les siennes et ce jour là c’est un français d’origine kabyle qui symbolisa le succès de son équipe. Zidane - roi de France. Un français d’origine kabyle oui, mais surtout portant le même patronyme (à une voyelle près, la dernière) que la femme immolée par le chien Oudinot. Ma première pensée alla ce jour-là à cette femme et à son fils tombés pour l'honneur de leur peuple et de leur terre. Les sons de ce patronyme de ce grand sportif proche de celui de "l'immolée" sont connus de par le monde. Par contre les noms de son bourreau le chien et des chiens-de-chiens ainsi que ceux de tous les "rebuts de la chimère" (Algérie-française empire arabe) méritent qu'on crache dessus ainsi que sur les noms de ceux qui font l'apologie des crimes de guerre de ce chien.


Epilogue:
La place du chien oû il éxécutait nos civils pendant la guerre d'Algérie sera héritée par les autres usurpateurs. Le chacal a pris la place du chien. C'est là, à la même place, qu'en 2001 a été froidement exécuté le jeune lycéen Massinisa Guermah. Il a été assassiné par deux guétoules armés, deux éxécuteurs et représentants de l'usurpation négationiste.

dimanche 4 mai 2008

Les fofrères Katmaziroff

Ce post est dédié à un oeuvre grandiose de notre grand philosophe et poète Lounis Ath Menguellet (Aït-Menguellet). Ce qui va suivre n’est bien sûr que mon interprétation personnelle. En réalité la poèsie dans cette chanson rappelle d’une certaine manière la philosophie de Dostoevsky dans son oeuvre monumentale «Les frères Karamazov» et notamment «la légende du grand inquisiteur» qu’elle contient. Il ne s’agit pas bien sûr de comparaison, loin s’en faut, mais pour moi personnellement la poèsie, plutôt la philosophie de Dda Lounis dans cette chanson en question («Ali dh Ouali») est d’une certaine manière sur la même lignée de celle de Dostoevsky. C’est mon avis personnel, un point c’est tout. Pour l'anecdote Dostoevsky avait introduit la notion ou l'appelation "russkiye mallchiki" soit "les (jeunes) garçons russes", ou "arrash n'Russ" en kabyle, pour décrire ses jeunes compatriotes tout le temps en quête de meilleur sort pour leur pays, en quête de spiritualité, de Vérité, de Dieu, bref des jeunes penseurs. Aït-Menguellet à ma connaissance est chez nous le seul à utiliser l'expression "arrash l'Kvayel" soit "les (jeunes) garçons kabyles" avec le même sens que le grand maître russe. Dans cette chanson il s'agit de quatre compagnons et non de quatre frères, ils ne sont pas confrontés à une épreuve ( la "minute de vérité" de Dostoevsky) mais à chacun sa destinée. Chez nous on n'est désignés "frères" que par la propagande étatiste ou religieuse. D’oû ce titre:
Les faux-frères Quatre-Mazir'off

Les personnages
Les 4 personnages: Ali et Ouali + Muhand (Mohand) et M’hend. Les prénoms choisis: noms « religieux» , musulmans donc d’origine arabe mais berbérisés. Pour la petite histoire Karamazov est un nom composé de kara = noir mot emprunté au turc utilisé à la place du russe chiorny (vous voyez que nous ne sommes pas les seuls à emprunter aux asiatiques) et du mot russe maz' (onguent, coloration), en kabyle ça aurait donné averkan et ighma, Karamazov aurait été ath-ighmavarik ou ath-ighmaverkan. Ce sont donc deux noms de prophètes musulmans, sans doute les plus répandus. Ali est Ali, Ouali vient de U’Ali soit "fils de Ali" ; de Mohamed vient Muhand c’est un prénom très répandu chez les kabyles et finalement M’hend est une déformation de Muhand mais avec signification de M’hend = intelligent, malin, rusé (M’hend ushen = M’hend le renard).
Il n'y a pas de dialogue entre les quatre, il n'y a pas de recherche de consensus. Il y a le tyran Ali qui veut imposer sa vision des choses par les armes quitte à saigner le pays et à sacrifier des enfants, il le fait en ayant recours au support des deux hypocrites et opportunistes Muhand "le négociant" et Ouali "le scientifique". Remarquez que Ali "le guerrier" et Muhand "le négociant" ont une chose en commun: ils sont contents de leurs destinées et sont reconnaissants envers Dieu, alors que rien n'est dit de tel sur le poète M'hend et le scientifique Ouali, peut-être Ouali serait-il un athée et M'hend, le plus sain des quatre, un agnostique ou un vrai croyant sans zèle. Voici à mon avis quelques traits de caractères des personnages:
Muhand: marchand, négociant, commerçant, usurier, influent, pragmatique, mercantile, opportuniste, spéculateur, matérialiste, hypocrite, complice, vassal, servil, bourgeois, optimiste, mécène, superficiel, sans personnalité, sans morale, l'opulence et le corps, adepte du dieu Mercure, "n'a pas résisté à la tentation du Grand Inquisiteur" (aurait conclu Dostoevsky!).
Ouali: scientifique, manipulateur, politique, influent, irresponsable, hypocrite, servil, vassal, complice, matérialiste, réaliste, athée, sans personnalité, sans morale, girouette.
ALI: le démon par excellence, le "colonel", autoritaire, abruti, truand, bandit, guerrier, scélérat, féroce, cruel, égoiste, violent, imposteur, anarchiste, pseudonationaliste, intégriste, nihiliste, extrémiste, terroriste, vassal, ne reconnaît que la force des armes, il s'impose et les hypocrites sont ses serviteurs dont il utilise les ressources (commerçant, politique), mort et désolation il sème, disette et famine pour son pays, il est le diable en personne, le "Mal absolu"
M'hend: l'âme et la conscience des humains, symbole de morale, le poète, le philosophe, le croyant en le Créateur, il incarne l'intelligence et la spiritualité, sincère, patriote, le témoin, l'observateur, le conseiller, le sage, le consolateur, l'ami du peuple, l'éducateur des générations futures, le salvateur.

Texte translittéré, comme d’habitude sur ce blog, en kabyle traditionnel et non pas en kabyle conventionnel
Introduction
Ali dh ouali dhi rfiqen
Aken idukulen
mugrend Muhend dh Mhend.
akeni dhi rvaa kemlen
la-ts’mrafaqen
ami senga vghen wbudhend
zzin dh’agraw qimen
la-ts’mestheqsayen
Igeni yelli’yasend

Prélude
y’ellid igenni ghef sin
edhwent th’ghaltin
theghlid thekthavth ger’asen
thakthavth ger’asen

uzlen ghers anwa ats y’awin
jemaan thiwriqin
ferqent’ent dhi rvaa yidhsen
dhi rvaa yidhsen

mi hefdhen thimusniwin
idha’isen di’ghlin
ddunith yisen ith ???
huwb ay’adho!

Muhand ihfedh tjara
Ali dh’lgerra
ferhen es’thukshi Rebbi

Ouali y’dem leqraya
Mhend dhi sefra
farqen wa y’suwb, wa y’ulli

1. Muhand
1.1
Mohand y’estagh y’eznuzu
ys’hfedhasen tjara iwiyadh
simal dhi rveh irenu
iaash am gellid ur yts’ghadh

ashhal tha, awid tha, edjiyi tha
yewbid ayellas ula seg’uvladh

1.2.
y’ervah netsa revhen wiyadh
kra wbi iden dhi’ldjaras iaash
ur yella ukham asemadh
dhi dewlas iy’erwan wu’arrash

aghed wa, ezenzed wa, anfas iwa
yidhes ddunith ur th’sewhash


2. Ouali
2.1 prélude
Ouali y’edem leqraya
thakthavthis thelHa
eth’sahithid ar dha ats y’esgher
ar dha ats y’esgher.

aghran wu’arrash ki id y’enna
win yezwern yghra
y’ewbedh ka y’evgha ath iZer
huwb ay’adho!

2.2. refrain
anidha-then widhni ileqmen thamusni
anidha-then widh yesfedhn alen i’lghashi

2.3.
a’ghrigh, y’eghra, th’eghra
n’eghra mkul amkan
a’Zrigh, y’eZra, th’eZra
n’eZra mkul zman

a’ddigh, y’edda
th’eddam aken yuwk eddan
u’figh, y’ufa
th’ufam ayen akni iy’ufan

3. Ali
3.1. prélude
Ali dh lgerra ig hfedh
dhi thmura y’ferredh
y’etsadja lmuth dhi lathris
lmuth dhi lathris

dh revrav senga y’ewbedh
dh laruah ig qebedh
s lumqahel dh laskaris
huwb ay’adho!

3.2. refrain
lloZen wu’arrash almi muthen
muthen wu’arrash imi lloZen

Ali mi ig hfedh lgerra
adhrar y’erath dh lowdha
y’erad rsas am leHwa
y’engha wa ay’vnun
wa ay’Huden yella

3.3.
y’eqares wa dhayella negh
ilaq anemeth,
ilaq anemeth

nek levghiw ar’dha ath’awdhegh
ma dh kunwi nnagheth
ma dh kunwi nnagheth

wa ay’Huden yella,
wa ay’vnun ulash
muthen merra,
gujlen wu’arrash

3.4.
thekker thymes usan - udhan
arsas dhavruri
arsas dhavruri

saarqen iy’itij amekan,
anidha iy’ghelli
anidha iy’ghelli

wa ay’Huden yella,
wa ay’vnun ulash
muthen merra,
gujlen wu’arrash

3.5.
snulfud leslah ajedhidh
a Ouali ghiwel!,
a Ouali ghiwel!

a Muhand lgerra thezzidh
zenzed lumqahel,
zenzed lumqahel

wa ay’Huden yella,
wa ay’vnun ulash
muthen merra,
gujlen wu’arrash

4. M’hend
4.0. prélude
y’ekerd Mhend dha fenan
thakthavth is’fkan
thes’hefdhas adh y’esefru
ardhadh y’esefru!

y’esefray ghaf ayen y’edhran
ghas chant wurfan
mi zegdhen ardhi shenu,
ardhadh y’shenu!

sw’allen iZer yir usan
y’estarathen elHan
ldjarh af y’ers athihlu
Huwb ay’adho!

4. 1. refrain
sver a-mmi ma the’lozedh
yewbas levghik at’awdhedh
oh ! shfu-kan dhashu ik yughen

aterwuDH ma ath imghoreDH
thelHa lmehna ma th’ghreDh
yelHa lsas awbi itmehnen

4.2.
sver win ithid y’snulfan
ur y’eghlidh dhi leshavis
thasusmi win tsinudhan
adh iZer theswa lheqis

limer adinigh ayen illan
thasardhunt adth’arew mmis

4.3.
is’dreghlagh wayen y’edhran
almi nugadh a muqel
n’tskukru win idh n’myusen
khas am nuwkni ig ederghel

limer adinigh ayen illan
ghas igeni adh y’emwpiwell

4.4.
susmen widhen iwallan
amzun la ts’radjun thalwith
yughal l’hsedh igh y’enghan
ishuva lwahsh n’targith

ur deqaragh ara ayen illan

amar ats’sugh ddunith

_______________________________________

Vrac traduction au français, en attendant une vraie traduction et adaptation littéraire.

Ali et Ouali sont copains
Allant toujours ensemble
Ils rencontrèrent Muhand et M’hend
A quatre ils continuèrent leur chemin
Se tenant compagnie
Jusqu’au jour oû ils atteignirent leur destination
Ils se mirent en cercle
et tenirent assemblée
Le ciel s’ouvra pour eux (révélations)

Le ciel s’ouvra en deux
La lumière innonda les crêtes
Le «livre» leur tomba du ciel
Le livre de leurs destinées

Ils coururent qui le premier à s’en saisir
Ils ramassèrent ses feuilles éparpilleés
Ils les divisèrent entre eux
A quatre ils les répartirent

Lorsqu’ils assimilèrent les connaissances
Qui leur tombèrent du ciel
Le monde était désormais à leur portée.
Souffle, oh grand vent !

Muhand apprit le commerce
Ali l’art de guerre
Tous deux heureux et reconnaissants envers Dieu

Ouali a choisi la science, le savoir
M’hend – la poèsie, la philosophie
Sur ce ils se quittèrent chacun prenant son chemin

1. Muhand
1.1
Muhand est dans le négoce
Il a appris aux siens les vertus du commerce
Chaque jour augmentent ses émoluments
Il mène une vie de prince, il n’est pas à plaindre

Combien coûte ça, achète ceci, réserve celà
Il a tiré profit des affaires les plus désespérées

1.2.
Il vit l’opulence et la partage avec les siens
Tous ses partisans connaissent la bonne fortune
Chez lui pas de traces de foyer froid ou de pauvreté
Son pays est celui oû les enfants sont rassasiés

Vends-ça, achète–ceci, garde–celà
Sous sa conduite ce monde ne fait pas peur


2. Ouali
2.1 prélude
Ouali a pris la science et le savoir
Sa part du «livre» est donc bonne
Le devoir lui incomba de répandre ce savoir
Sa science il doit l’enseigner

Les enfants ont appris le savoir de sa bouche
Les pérséverants et les bons élèves
Etanchèrent leur soif de Lumières et en tirèrent profit.
Souffle, oh grand vent !

2.2. refrain
Oû sont passés les maîtres du savoir ?
Oû sont passés les maîtres de la pensée ?

2.3.
Je suis instruit, comme lui, comme elle
Nous le sommes tous et partout
Je détiens le savoir, comme lui, comme elle
Nous le détenons pour toujours à travers le temps

J’y ai adhéré, comme l’autre l’a fait
Vous y avez adhérés comme les autres l’ont fait
J’en ai tiré profit comme il en tire
Vous en tirez profit comme ils en tirent

3. Ali
3.1. prélude
Ali a appris l’art de guerre
Son art est de dévaster les pays
Il sema la mort sur son chemin
La mort et la désolation sont ses traces

Il sema la terreur partout oû il alla
Monstre et scélérat il tua nombre d’âmes
Féroce et fort qu’il était en soldats et en armes.
Souffle, oh grand vent !

3.2. refrain
La famine a emporté des enfants
Les enfants sont morts de faim

Ali dès qu’il apprit l’art de guerre
Il rasa les montagnes pour faire plat
Il ne faisait que parler la poudre et la subtitua à la pluie
Il extermina tous les bâtisseurs
Et ménagea les démolisseurs

3.3.
Ce pays nous appartient, fût sa conviction
Il faut se sacrifier pour,
Il faut se tuer pour

Moi mon but par le combat je l’atteindrai
Je vous laisse vous entredéchirer
Chamaillez-vous en paix mais sans moi

De destructeurs le pays en regorge
De bâtisseurs il en reste point
Ils n’ont pas survécu au massacre
Les enfants sont orphelins

3.4.
Le feu (la guerre) brûle sans répit
Les balles sifflent comme de la grêle
Les balles comme de la grêle

Ils (guerriers) firent que le soleil se désorienta
Le soleil est désorienté
Le soleil ne sait plus oû se coucher

De destructeurs on en regorge
De bâtisseurs il en reste point
Ils n’ont pas survécu au massacre
Les enfants sont orphelins

3.5.
Invente pour moi une nouvelle doctrine
Eh, Ouali presse!,
Eh, Ouali que ça saute!

Eh Muhand la guerre bat son plein
Fournis-moi des armes
Des armes et vite !

De destructeurs le pays en regorge
De bâtisseurs il en reste point
Ils n’ont pas survécu au massacre
Les enfants sont orphelins

4. M’hend
4.0. prélude
M’hend a grandi en artiste
Telle fût sa part du «livre» (destinée)
Le «livre» qui lui apprit la poèsie
Qui lui apprit à raconter la vie en poèmes

Il composait ses vers sur le quotidien de ce monde
Malgré tous ses tourments qui le rendaient coléreux
A sa colère il remédia par le chant
Le chant fut son remède contre le malheur

Sous ses yeux les tragédies défilent
Il en fait des fables
Capable qu’il est de guérrir les plaies
Souffle, oh grand vent !

4. 1. refrain
Endure la faim mon fils
Un jour tes voeux seront exaucés
Oh ! seulement souviens-toi de ton passé

Tu mangeras à ta faim une fois grandi
La soufrance est une bonne épreuve
Elle offre de bonnes bases pour l’avenir

4.2.
Celui qui inventa la patience
Ne s’est pas trompé dans ses calculs
Le silence, qui le recherche comprendra,
Vaut son pesant d’or

Si je racontais la réalité telle quelle
La mule risque d’accoucher

4.3.
La tragédie nous a aveuglés
On se cache les yeux pour ne plus la voir
Nous nous méfions de notre proche
Même si lui aussi est une autruche

Si je racontais la réalité telle quelle
Le ciel risque de s’ébranler
4.4
C’est la loi du silence, le mutisme des témoins
Qui attentdent dans leurs coins que la tragédie débouche sur la paix!
L’hypocrisie qui nous a atteint
Ressemble au monstre qui hante notre sommeil

Je ne dirai rien sur la réalité telle quelle
Peut-être la terre (monde) révoltée le criera un jour

Ecouter cette chanson sur DailyMo, merci à son auteur "nomade_c"
première partie


deuxième partie

samedi 3 mai 2008

Le vaisseau d'Aurore

Ce post est une tentative de déchiffrer le son/la lettre F du libyque qui appartient au premier groupe (W + wB-wP & V - F). L'objectif est de comprendre ce que recelle chaque lettre à l'état statique (apparence, géométrie) et à l'état dynamique (fonctionnalité, matière). Nous avons eu beaucoup de surprises en décryptant la lettre libyque W avec sa triplette de sons (w, wb, wp); aujourd'hui la lettre F offre son lot de surprises, elle a aussi élucidé pas mal de questions sur l'étymologie de certains mots mais surtout elle nous permet dès à présent de comprendre la composition des mots libyques aujourd'hui hérités par le berbère, en particulier le kabyle.

Avant-propos
Le son F, comme V d'ailleurs, est une fricative spirante labio-dentale, c'est à dire qu'il se prononce à l'aide lèvres + dents. Le son F symbolise un passage étroit. Essayez de prononcer ce son... Ffffffff...ça souffle, hein? 1.C’est souffler tout simplement, en soulagement ou après un effort physique. 2. C’est aussi souffler pour allumer le feu ou pour attiser la braise. Mais F symbolise surtout un passage étroit, une conduite étroite. Voici donc le décryptage du F libyque.

Matière "F"
Le F libyque symbolise le fluide, la matière visqueuse coulante (moelle, lave par exemple) et conduite/vaisseau pour matière liquide. Le "F" signifie circuler, couler, voler (fly), conduite, conducteur, naviguer, voyager, laisser échapper un liquide, effusion, fondre, fond, fin, bord, extrémité, frontière. Il est surtout le symbole de la lumière (thafath proche du grec phos = lumière d'oû les mots photon de lumière/photographie, thafrara = aurore, etc...) et des lumières (aff = trouver/inventer, iff = être éfficace/meilleur, etc...).

Aurore
Vous savez qu'en latin la lettre U s'écrivait V et souvent tous les mots grecs passés au latin voyaient leur son V chuter en U, par exemple odyssevs devient odysseus. Vous savez que la déesse Aurore, appelons la à-la-grecque (comme les russes d'ailleurs) Avrora, est une déesse romaine donc latine par analogie à la déesse grecque Eos. Mais le plus intéressant est que dans notre cas le mot thafrara = aurore, aube, symbole de lumière (fath) et des lumières (frar), ne laisse aucun doute sur la similarité de ce mythe romain chez nos ancêtres, et franchement ça n'est pas un cas isolé bien au contraire. Maintenant si l'on se rapelle l'importance des mythes Thiziri (lune) et même Anzar chez nous on est en droit de se poser la question de savoir si ce mythe d'Aurore ne se placerait pas dans la même ligne et donc le mot Thafrara est plus qu'une appelation mais un mythe. Alors qui était à l'origine de ce mot et du mythe d'Aurore?

Vaisseau
Il est symbolisé par le suffixe "iF". Il peut s'agir de vaisseau sanguin (d'oû les suffixes iF dans ukrif, akanif, etc...) mais aussi de vaisseau de navigation qui nous intéresse le plus. le mot aSif = rivière, fleuve signifie en réalité surface/passage navigable! D'ailleurs pour conforter cette hypothèse on va "utiliser" les sémites (inversons les rôles pour une fois!) avec le mot sémitique qui signifie embarcation: en arabe safina (d'oû safer = voyager), en hébreu sapinah qui seraient l'équivalent du berbère kabyle, chawi, etc...thasaft (asaf) = chêne, conifère, pin? , du sapin latin (sapinus), de l'hispanique çapar, çapirro "chêne" (d'après le respectable M.Haddadou). Est-ce le bois de thasafth/asaf/ qui fût utilisé pour naviguer sur asif? Mais à ma connaissance les phéniciens (vu la liaison Canaan-Afrique-Ibérie) utilisaient plutôt le cèdre, non? Il y a un autre mot "navigateur" qui pose problème: felouque serait selon Larousse un mot emprunté via l'espagnol faluca à l'arabe felüwa; mais en réalité la racine FL en sémite/arabe ne se retrouve pour les arbres (nécessaires à la construction d'embarcations-bâteaux-navires) que dans fellin qui signifie liège proche ou emprunté au grec fellos = liège mais des barques en liège il faut en trouver...En berbère, du moins en kabyle nous avons le verbe flaw qui signifie flotter sur de l'eau et émerger et qui équivaut au mot frar mais qui concerne la sphère (terre) vu la présence du R et idem le verbe fllal avec le L vertical, de l'espace mais aussi des mers/océans. Et surtout l'argument suivant: la racine FL en berbère est celle qui signifie haut, au-dessus, supérieur, suprême, maximum , en principe c'est l'équivalent du grec Hyper/yper/ que l'on retrouve dans la composition de mots français, anglais, etc...comme hypermarché et autres (u'fella = du haut, d'en-dessus ou upper en anglais). En plus la préposition af (sur, on/about) pour les choses ou fel pour les personnes (ex. fel ak = sur toi, eng. on/about you). Encore des exemples? En voici: le verbe sekfel = déterrer, ramener à la surface, faire apparaître: s (affixe actif) + k spirant (ex. akal = terre) + fel = littéralement faire (remonter) + (du) niveau négatif et caché -ici sous-sol car c'est "la terre"- + (vers) le haut (FL), le vertical (LL), le visible (aL), en clair remonter au champ de vision, à la surface! C'est d'une logique ahurissante! Mais de quoi parle-t-on bon sang ?!... Maintenant regardez la signification des mots émerger/flotter en arabe ils n'ont aucune relation avec felouque alors que leurs mots bahr-bakhira (mer-bâteau) attestent cette logique et sont indéniablement des mots arabes. Par ailleurs en sémite/arabe le mot sefsaf ou safsaf signifie peuplier, il est admis que ce mot est sémite/arabe et il est emprunté par le berbère quoique à voir la toponymie ou les patronymes (sefsaf/safsaf) on a le droit d'émettre des doutes. D'autre part la racine de navigation FL existe dans les langues germaniques eng. Fly, allem.Flug (voler) ou déformé en slave/russe PL (plavat' = nager, naviguer (eau/air), flotter) et scandinaves d'oû est venu le mot flotte (scand. floti = radeau, en russe plot = radeau). Bref, ce n'est pas aussi simple que ça. L'essentiel est que nous savons maintenant que le F libyque pris en suffixe iF = naute du grec nautes naviguer/navigation/navigateur. Alors vous êtres prêts à dire comment doit-on traduire le mot cosmonaute (russe mais du grec cosmos = monde/univers et nautes) ou astronaute? Why not? astre/étoile = ithri ou athri, Astronaute au masculin serait [a-thr-if] ou le suffixe if va se muter en af (tion en teur de navigation-navigateur) et l'on aura joliment atheraf! Tiens, tiens...le mot atheras signifierait quoi alors? Pour vérifier prenons le mot kabyle existant avec le même suffixe af: aQefaf à qui l'on donne la signification homme d'escorte/du cortège mais en réalité le suffixe signifie af avant-tout voyage, déplacement. Donc aqefaf = (homme d') escorte ou cortège, d'une ambassade, d'une suite et membre d'équipage aussi. Idem pour le mot aleqaf car il est tout le temps balancé en l'air donc en mouvement (au jeu des osselets très populaire chez les fillettes kabyles).
Rif, Ifrane et Afric
Cette toponymie berbère est attestée chez nos frères occidentaux, les rifains, au nord-ouest du Maroc. Le mot Rif est 100% équivalent au mot russe kraï (voir lexique plus bàs), je ne luis connais pas d'équivalent en français ou en anglais ou autre. Ce mot existe chez nous à l'est de l'Algérie mais il est arabisé: Tarf ville maritime à la frontière tunisienne. En fait Rif signifie ceci: R = sphère (la terre, terre ferme) et le suffixe iF atteste l'extrémité/le bout (que l'on retrouve dans le suffixe eF) et en même temps la navigation/ littoral/rivage/bord. Bref, administrativement ou toponymiquement Rif = extrême province maritime.
Ifrane ou Ifran en plus de la toponymie attestée chez les rifains est un mot attesté notamment en kabyle et qui signifie usuellement i-fran = les grottes. Certains par oisiveté intellectuelle se limitent à dire que ifran = grottes oû se cachaient nos ancêtres vu que la racine commune FR est attestée aussi dans le verbe effer = cacher!!! Ah les naïfs! D'abord les grottes sont en sous-sol et presque toujours contiennent des filets d'eau, des ruisseaux et même des rivières. Donc on voit que ça coule vu la présence du F libyque dans ce mot. En réalité ifran en plus de grottes signifie sources encastrées (cachées), sous-sol, fente, fond et puits. Comme par hasard en grec le mot phrear (fréar) signifie puits et ce mot a donné phréatique comme dans nappe phréatique oû l'eau coule (le F libyque s'y prête!) même si on ne la voit pas = les eaux souterraines. Remarquez que la racine de rif RF est inversée ici dans ifran FR. Celà ne fait aucun doute que le mot i-Fran signifie d'abord et surtout (F) conduite/écoulement + (R) sous-terre, et le mot phréatique est le plus vraisemblalble: ifran en plus de grottes/puits "phréar"/fond serait à mettre en relation avec les sources souterraines: l'eau ou autre (pétrole par exemple qui devrait contenir un f + un gh/ou kh) et...magma! Très étonnant le mot volcan du latin vulcanus vu de notre côté mais pas raccourci svp. Le foyer (de feu) est en berbère kanun ou canun, le feu thymes, la lumière thafath soit sans les annexes féminins la racine F ou PH. Le libyque différencie lumière et feu au contraire de l'arabe par exemple (nar-nur = feu-lumière). Le soleil a plusieurs noms dont thafukht qui indique que c'est une source de lumière (idem chez les russes oû le soleil solntse possède l'appelation svetilo de svet = lumière). Ce qui a de drôle c'est que le mot thafukht -fukh/fuk sans les affixes féminins- est facilement devinable dans le mot latin focus (foc sans le suffixe usuel), signifie foyer en latin, qui a donné focus/focal, etc...en français notamment.
On peut déjà tenter de deviner l'origine du mot afric qui a donné son nom à un continent. A chacun d'essayer.
Aride et irritant
Le suffixe, à connotation très négative, "uF" atteste l'irritation (des insectes wedTuf, des plantes zegDHuf, des hommes unguf), et l'aridité (anezruf = désert) et donc l'infertilité. Bref, l'érosion dûe à l'abrasion et la corrosion. Cette érosion a touché les nôtres comme nulle part ailleurs, érosion des terres et des têtes depuis des millénaires. En regardant la toponymie nord-africaine avec ce suffixe érosif on ne voit que peu de noms anezruf/thanezrufth (désert), Tinduf ou tindouf. C'est peu et ça ne reflète pas la réalité de notre désastre. Ce suffixe uF est cruel, il me rend triste...Quoique non, le suffixe "uF" dans certains cas, notamment pour les verbes, adjectifs, participes, signifierait gonflé ou enflé (ishuf), rempli (akufi) dilaté (kufeth), gros (unguf).
Néologismes
Le décryptage du contenu du F libyque nous permet comme vous l'avez compris de générer des mots savants selon les règles de "composition" des mots en libyque, donc un vocabulaire propre. Ceci nous aidera à nous débarasser des emprunts et "faux amis" trop abrasifs pour nos consciences et nos âmes, à moderniser notre langue mère. C'est un devoir devant nos ancêtres et une nécessité pour le futur de notre peuple. C'est une nécessité pour accéder à la Vérité et un devoir devant le Créateur. L'exemple que j'avais pris pour générer le mot astronaute = atheraf est là juste pour me/vous convaincre à quel point la reconstitution, la renaissance, la resurréction de notre langue-mère, une fois ses contenu+forme déchiffrés, est d'une facilité déconcertante. Au boulot tout le monde!

Suffixes "F"
"iF"
adhif
aghilif
akanif
akhsif
asif
ifif
rif
thiserift
thsurifth, asurif
ukrif
urrif
"eF"
agharef
asukref
ikhef
ilef
"aF"
aleqaf
aqefaf
thasafth
"uF"
amenshuf
ashruf
awedTuf
azegDHuf
thalufth
thanezrufth (anezruf)
thaselufth
unguf
vuzeluf
"Fu"
refu
asafu
asefru
"Fa" (féminin uniquement)
thagerfa
thanafa


VOCABULAIRE
"F"-lexique utilisé, 127 mots au total
aaf, fel = sur. en anglais on, about
adhfel = neige
adhif = moelle
afalku = faucon
afareZ = jaune d'oeuf
afDHis (thafDhist) = marteau (pulvérisateur)
afdTiwej = étincelle
afedikh = plaie saignante
afeg = voler (fly)
afegag ou afeggag = barre, montant de métier à tisser
afequs = melon
aferdTetu = papillon (litter.: aile-oeil)
afermash = édenté
afernas = hécatombe

aferDHas = chauve
afessas = léger
aff =trouver, inventer
aflus = gland
afrag = cloison, borne, frontière
afthath = morceau (de viande bouillie)
afug (dhafug)= rapidité, célérité, vélocité
afus (afetus) = main (petite main)
agharef = meule supérieur (partie du haut)
aghilif (aghulif) = regret
aghunfu = répugnance, dégoût, répulsion
akanif = viande grillée, rôtie, frite
akhsif = écharde

akufi (pl.ikufan) = coffre aux aliments, mini-grenier, ou (jarre) réserve de denrées alimentaires, sorte de placard de stockage à l'intérieur de la maison.
aleqaf = osselet (jeu)
amenshuf = sauvageon, jeune violent, hooligan
anef = laisser, délaisser, ignorer
aqefaf (iqefafen) = escorte
arfu (refu) = énervement, exaspération
arzef (arzew) = visiter, pélerinage
asaflaw = fauvette. Quelle relation avec flaw = flotter, émerger?
asafu = tison
asefru (fru) = poème
asefudh = tison, torche, flambeau
asfel = sacrifice pour un sort
ashruf = falaise, escarpement, précipice
asif = rivière, fleuvre
asukref = natte/tresse (cheveux)
awedTuf = fourmi
azegDHuf = ortie
defir = derrière
DHfer = suivre, poursuive, filer
EdTef = tenir, retenir
Fadh = soif
Fegh = sortir (fugue), s'affranchir
fella = haut. (su fella = d'en haut).
Felleq = fracasser, déflorer, défoncer, briser, frapper avec extrême violence
Felles = rouer de coups (à un degré moindre que Felleq)
Ferfer = voler , fly
FeZ = mâcher
Ffer = cacher
Ffi (effi) = puiser (de l’eau)
Flaw = émerger, flotter à la surface de l'eau (voir frar = apparaître au dessus de l'horizon, flall = émerger du lot, apparaître).

Flu = percer, fissurer, frayer (faille), trouer
Fqaa = effrayé par surprise, énervé
frar (flal) = emerger, apparaître, au dessus du lot/horizon
fres = défricher, nettoyer
fRez = focaliser la vue, distinguer de vue (?! Phrase= du grec phrasein = distinguer)
friwes = frayeur [du latin fragor = fracas], effroi, frousse (familier), s'effrayer, trembler de tous ses membres
fru = déficeler,séparer, résoudre,
fsakh (fsi) = s'évanouir, fondu, écrasé
fsi = fondre
fsu (thafsuth) = éclôre, s'épanouir, fleurir (printemps)
fthel = affiner (fthel seksu)
fthi = bouilli
funzer = saigner du nez
ghuzif (aghuzfan) = grand, long, de grande taille
if (pl. ifan) = mamelon, par extension sein
ifadden = genous, jarrets
ifer, afraw (iferawen) = feuille, aile, aileron
iff = être meilleur, plus efficace, transcender, dépacer,
iffis = trèfle
ifif (sif) = affiner, filtrer, tamiser (matières non-consomables).
ifiraqes = crâbe
ifires = poire
ifirless (thifirlesth) = hirondelle
ifis = hyène
Ifker = tortue
ifran = grottes (?! y-a-t-il relation avec phréatiques du grec Phréar/fréar/ = puits)
ikhef = tête, extrémité, bout, fin
ilef = sanglier
ilefDHan = encrassement, salissure
Kfu (fuk) = finir, terminer, achever. Attention emprunt probable! en arabe kafiy = assez, suffisant
Kufeth = écumer, bouillir
Negef = s'essoufler
Nfel = franchir (une frontière/borne/haie/rive)
nulfu, snulfu (aff) = inventer, réapparaitre, revenir, renaitre, ressuciter (Re, Neo)
rif = bord, bout, extrémité, pays/région (Rif) équivalent au mot russe Kray (kraï)
sefqedh = visiter par surprise, vérifier
seglef = aboyer
sekfel = déterrer, ramener à la surface, faire apparaitre au grand jour

selqaf = agoniser, dernier souffle
sendef = raviver/faire saigner une blessure
sfedh = éffacer, laver
sfendj = beignet
sfileth = prédire (asfel), jeter un présage/un sort
shuf = gonfler, enfler
shushef = se baigner

Ssifa ou Ssyfa = beauté, apparence, image . vérifié et aucune relation avec le sémite/arabe insaf = aura, justesse; saf = rang, safi = propre, seif= épée, sayf = été. Par contre ce mot Ssifa ou Ssyfa avec un "S" emphatique (ou "s" suivi d'une voyelle dure "y" comme en grec ou en russe) est soit un mot déformé (Z en S) ou peut-être un emprunt au grec ancien "σοφία" [sofia] ou Sophie qui signifie sagesse, et bien plus que ça en philosophie. Une chose est sûre: ce mot a donné le verbe contemporain wessef (wussef) = photographier, se faire photographier; un rappel pour les "esprits servils": en sémité/arabe photographie/image= sawira d'oû sawar=photographier. En kabyle il y a le mot sewar qui n'a rien à avoir avec le mot sawar du sémite/arabe, en effet sewar = gagner sa vie en travaillant (le terme russe "zarabotat" = gagner par le travail "rabota" est le plus proche, l'anglais "earn" pas loin), "sewar" dériverait de "zwar"/ezwar/ = exceller, être compétent/performant dans son rôle/travail, "zwir" = devancer, précéder, être le premier, l'aîné, le chef.

sthufu = être disponible, favorable à une action
suref = voyager à proximité (petite distance)
susef = cracher
thafath = lumière

thafawets = pièce de raccommodage/ravaudage, bouche-trou
thafdhent (pl. thifedhnin) = orteil (s)
thafrara = aurore, aube
thafukht = soleil (?! quelle relation avec focal, focus -du latin signif. foyer-)
thafunasth = vache
thagerfa = corbeau
thalafsa (diminutif: lafaa) = hydre, monstre des eaux
thalufth = souci
thamnifrtith = femme enceinte capricieuse, aux désirs cachés
thanafa = sommeil/somme/songe
thanezrufth (anezruf) = desert, terre aride
thasafth = sapin, chêne
thaselufth = puce
thifeghwa = artichauts
thiserift = noeud coulant
thsurifth, asurif = petite distance. Voir Suref
ukrif = paralysé
unguf = sot
urrif = colère
source de stress/tourment/anxiéte/angoisse

vuzeluf = tête de mouton/boeuf grillée

Emersion Russe

Ceci est un post éclair.
Nous voilà enfin sortis de l'hiver! Voilà qu'il fait beau dans ce pays du froid, on a l'impression que la Russie est en train d'émerger et de renaître. Néanmoins c'est aussi la saison du vrai boulot qui commence et bientôt elle battra son plein, pour moi donc moins de temps libre à consacrer à ce blog, surtout pour écrire (ça prend du temps!) car je ne peux arrêter les réflexions sur le libyque, eh oui! Toujours est-il que je ferai de mon mieux pour poster le plus possible de billets pour les mois à venir. A bientôt!


L'été en Russie est en soi-même une chose surprenante mais la plage russe réserve des surprises encore plus grandes!