Affichage des articles dont le libellé est C-M. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est C-M. Afficher tous les articles

vendredi 4 mars 2011

Caravane

Gens du voyage pieux, belliqueux et cravatés, jamais vu ? Une première donc...

Avant-propos
Il ne faut pas confondre les termes suivants qui se prononcent de la même façon ou presque:
- Marabout en Afrique subsaharienne est en qlq sorte un chaman-guérisseur.
- Al-mourabitoune ou les
almoravides qui étaient une dynastie berbéro-musulmane de la tribu nomade des Senhadja du Sud-Ouest (Mauritanie)
- En Kabylie les imravDHen sont les gens de la religion, une caste à part ( les gardiens du Temple de Rebbi - Dieu-), on les différencie des kabyles laïcs. Il existe aussi en Kabylie des patronymes Merabet liés par essence à un toponyme.

Cravate
Le mot cravate en français est, nous dit-on, parvenu via l'allemand d'une déformation du mot croate, soit-disant les soldats croates portaient cet accessoire. Peut-être mais moi je n'y crois pas. Quoi de mieux qu'une idéee venue de la Perfide pour destabiliser le franchouillard :) En effet, en anglais la cravate est appelée Tie, mot qui désigne aussi "liens, relations". On revient au mot MRBT issu du sémitique-arabe rabt = lier, attacher, nouer. Je parie fort que CRVT serait plutôt issu de MRVT ou MRBT soit de RBT = lien (voir noeud), ce qui est idem à la logique de l'anglais.

Grabataires
Il n'est pas exclu que ces termes cravate et rabet/merabet soient de la même sauce que le mot grec "krovat" (lit) qui est passé au latin pour donner grabat (lit) d'oû grabataire en français. Ce qu'il y a en commun entre une croix, une cravate, un noeud (rabt) et un lit (krovat-grabat) c'est 4, quatres coins/quatres branches. Et quatre en arabe se dit arbaâ tout comme en kabyle et mazigh RVa donc avec la racine RV ou RB de ribat, merabet. Cette racine est donc Rebbi (Dieu) comme il est appelé par les kabyles et tous les "berbères" (Allah est pour les arabes). Oui, ça paraît un peu sorcier mais quand même...

Abbatia
Il faut savoir que le mot abbaye vient du latin abbatia. Faut savoir que ribat en arabe signifiait aussi un abbaye de par sa fonction et forteresse (château) de par son architecture. Abbatia - Ribat ou Ribattia ... ça sonne proche, voir kif-kif !

Les templiers du désert
Tout le monde connaît les seigneurs chevaliers de l'ordre du temple de l'Europe médiévale, la fine fleur de l'Europe chrétienne-féodale et le fer de lance des croisades papales, et, sans doute, l'une des premières corporations financières à grand succès avec un trésor de guerre colossal. Une entreprise si réussie qu'elle a suscité les convoitises du roi de France qui a décidé de faire sienne cette caisse "divine" des moines guerriers et usuriers :) . Ce fut le premier pogrome des oligarques. Comme cet ordre était plutôt judéo-chrétien, des juifs aux côtés des francs, Philippe le Bel n'est en rien meilleur que Vladimir Poutine - si souvent critiqué par la presse française - qui a écrasé les oligarques insoumis (Khodorkovsky) et domestiqué les oligarques dociles (Abramovitch). Poutine plus "antisémite" ou "anti-maçons" que Philippe le Bel ? Mais non, voyons, ils feraient match nul, à mon avis :)

Regardez le symbole des Templiers, la croix: c'est aussi un Lien, un Noeud qui liait des moines guerriers et commerçants.
Les almoravides, ou l'ordre des al-mourabitoune, qui étaient aussi des gardiens du temple, une confrérie de moines des ribat (forteresse-abbaye), à mon avis, seraient des précurseurs car c'était les templiers bérbéro-musulmans apparûs bien avant les templiers francs et européens (ex. Ordre des Teutons chez les Germains).

Caravane
On le sait bien, quand il y a un mot a priori à consonance étrangère ou orientale, "l'office français des brevets arabes" nous donne par défaut une origine étymologique arabe, sinon perse. Caravane serait issu selon eux du perse "karvan" (groupe de personnes). Peut-être mais moi je ne suis pas convaincu. CRVN ou CRBN pourraît être en relation avec ce qu'on a vu plus haut, c-à-d avec la notion de "lien, noeud" ou cravate, ribat-mourabitoune, etc... Les caravaniers aussi forment un ordre, ils sont liés par le même destin. Surtout lorsqu'on sait que les al-mourabitoune (les almoravides) étaient des nomades du désert saharien occidental, il n'est pas superflu de supposer qu'il y a un lien entre caravane et ribat. Ou simplement, que les almoravides étaient des moines caravaniers guerriers. Et enfin, il est possible que les rabbins aussi devraient leur nom à qlq chose de proche de ce que l'on vient de voir à propos des mourabitoune et des templiers.
Pour mémoriser, une formule de correspondance Cravate-Merabet expliquerait tout ça:
préfixe M en Afrique du Nord ~ préfixe C en romanes, K en grec.

Equateur
Alors, qu'est ce ça donnerait pour nous tout ça ? En kabyle, on l'a déjà dit sur ce blog récemment, c'est la lettre dT emphatique (ou sa forme DH emphatique) qui atteste ce sens de "noeud, boucle", c'est comme la lettre théta phéniciennce de "la boucle, la roue". La letrre T par essence explique le croisement (le lien donc), la croix, les quatres branches de la croix (4 pieds pour le lit), en grec c'est même Tétra pour 4, etc...
Probablement notre T (dT emphatique) serait précédé de C ou Q (équ, ca) pour avoir une forme proche des romanes, du latin. dTHuR est pour un kabyle le mitan de l'après-midi, pour le musulman arabisé c'est l'heure de la prière du milieux de l'après midi:
dTHuR ~ équ + dTHuR ~ équateur
Là j'ai entrouvert une piste intéressante ! Le mot quotidien issu du latin quotidianus (chaque jour) une fois amputé de on préfixe "que" (tidinaus- otidia ?) en kabyle ménerait à ce qui vraiment fait partie du quotidien de l'homme sinon la vie se serait arrêté: idTij "soleil". On approfondira plus tard.


Le limes
Il y a une étrange relation entre le radical RF-RV et ZV-ZB, autrement dit une étrange relation entre Z et R dans la formation des mots, toponymes et patronymes notamment, en kabyle.
laribi, larvi ~ laaziv, ouaziv
C'est à dire qu'il y a une relation entre le toponyme Larba (4) et Laazib (lieu isolé, excentré, à la frontière). J'expliquerai plus tard, mais déjà là on a un tuyau qui lierait encore une fois "la croix"(Christ) à "l'île"(isolation) mais par le chiffre 4.
La notion de Rif (bord, extrémité) se lierait à Zif, Ziv (Laazif serait LaaRif) ou Zab. Mzab serait lié à Mrab ou Mrabet, Merabet. Nous les kabyles désignons tous les nord-africains non-kabyles, les étrangers à la Kabylie et qui ne parlent pas kabyle, par le terme aaRav (l'arabe) - normalement n'a rien à avoir avec l'arabe d'Arabie -, terme avec R muté en Z donnerait aaZav ou aaZab. Clairement, par le terme aaRav le kabyle désigne l'étranger venu de l'autre côté de la frontière (RF de rif, ZVou ZB de aaziv, Laazib), c'est à dire de derrière le limes (prononcer limesse), peut-être bien de derrière le limes romain qui existait jadis dans nos contrées...

Zeus
Le kabyle jure par Rebbi (Dieu) aheq Rebbi, son vosin "arabe" par wallah (wa Allah), le kabyle dit ma yevgha Rebbi (si Dieu le veut), "l'arabe" - inchallah (in cha1 Allah). Cette permutation R-Z nous permet de supposer que Zeus en grec (prononcé Zefs), Zef sans le suffixe grec, serait Ref, Rev ou Rebb de Rebbi d'aujourd'hui. Et si notre Rebb ou Rebbi d'aujourd'hui n'était que le Zeus de l'antiquité ? Bonne méditation !

mardi 4 mai 2010

Zucker

La dolce vita version Oasis...

Le palmier-dattier symbolise on ne peut mieux l'oasis, soon fruit, sa datte est douce et très sucrée. Justement à propos de sucre. Le sucre vient soit de la canne à sucre soit de la betterave sucrière. L'étymologie du mot sucre nous renvoie seloln larousse au sanskrit sakara "grain"...pas trop convaincu. La dolce vita ou la vie douce c'est la vie-sucre comme on dit chez nous et ailleurs! Donc il faudra trouver une autre alternative étymologique au mot "sucre".
Nous allons reprendre la formule citée dans les deux billets précédents, la fomule de change K-M ou Ca-M. D'abord on va voir qu'elle est vérifiée non seulement dans les terminaisons et ailleurs, cette formule explique la proximité des patronymes kabyles:
TMR ~ TKR
Temer (Temmar) et Tekrane attestés aux Ath-Dwala sont des patronymes de familles voisines, donc ces noms étymologiquement sont très proches sinon identiques (en relation avec le même toponyme).
On va appliquer cette même formule pour la datte, TsemaR en kabyle (al-balh, al-thamr en arabe) pour avoir ceci:
TsMR = TsKR
Tsemar = Tsukar soit sucre dit sukaR en kabyle , zucker [tsuker] en allemand, sukar en arabe.
Donc moi je pense qu'il serait logique de supposer que le mot sucre suker serait venu d'une déformation du mot datte. Je pense que c'est une version nettement plus convaincante que celle de Larousse.
C'est la datte (TsémaR) qui doit nous indiquer comment devrons transcrire le son kabyle "Ts, tsé" (comme il se prononce, je le trancris aisni provisoirement sur ce blog), nos linguistes qui connaissent leur métier le transcrivent par TT. En réalité ils ne sont pas loin de la réalité, ça devrait être TT ou DT voir même TD qui fera que TsémaR = TatemaR, Tademar ou plutôt Datemar/Dattemar qui serait proche de la forme latine/romane dattier. Ce son Tsé (TT, DT?) est celui qui nous différencie de l'arabe pour le lexique interférent, chez eux c'est T ou Sh comme dans leur shadjara (arbre) qui en kabyle est Tséjra (Ttejra? Tatejra? Daterjra?), idem pour l'arabe tidjara (commerce) Vs le kabyle TsjaRa (Ttejara? tatejara? datejara?). Et si notre Tsé n'est pas TT ni DT mais TD le chiffre setsa (6) serait STD soit stade, unité de mesure antique chez les grecs et les romains aussi. Intéressant! A suivre donc...

lundi 3 mai 2010

Bruno

On va remettre l'identité kabyle à sa place, en méditerranée...

Bruno
Déjà sur ce blog j'évais écrit récemment qu'en toponymie kabyle VRK ou BRK de verkan (Berkane) nous indique un carrefour (un croisement, une croix!), une bifurcation, un embranchement. Facile à vérifier avec le toponyme akal a-verkan au centre d'Ath-Dwala un lieu vers lequel convergent tous les chemins des villages de la région. Cette racine VRK est presque comme celle de FRC de fourche ou VRG de con-verger en latin/en romanes. Et comme en kabyle verik, a-verkan signifie "brun, noir, foncé" on doit devoir trouver son équivalent latin, en romanes (français, italien, espagnol,..). Pour ce faire je vous annonce la première formule du jour:
G ~ N, NG
Formule valable uniquement pour les terminaisons, suffixe en G ~ suffixe en N, ou suffice en NG. Plus largement toutes les lettres du groupe "gamma" kabyle sont concernées: G, g, K, k, C, Gh, Q, X (kh). Voici ce que ça donne sachant que notre V est le B en latin et en romanes:
VRK kabyle = BRN en latin/en romanes
verik, verkan en kabyle = brun en français, bruno en italien, voir braun en allemand et brown en anglais.
C'est à dire que notre a-verkan c'est très exactement la couleur brune et non pas noire. Et que les patronymes kabyles et mazigh comme Verkan transcrit Berkane, Berkani seraient exactement comme Bruni ou Bruno, le nom de famille du grand esprit italien Giordano Bruno qui a fini sur un bûcher par la grâce des forces du mal absolu du Grand Inquisiteur qui s'est emparé de l'Europe à l'époque (15-16 siècles).
Y en-a qui veulent des abricots pour des prunes...bein, là au moins ils vont être servis! Notre formule explique les appellations de ces fruits. En kabyle on dit varquq pour les prunes, idem en sémite-arabe barquq, ce mot est aussi en grec aprikos et en français et ailleurs abricot.
VRQ, BRQ de varquq/barquq ~ VRN, BRN plutôt PRN de prunus en latin, prune en français
Comme quoi notre appellation VRQ est quasiment la même qu'en latin. Et la racine VR ou BR de la couleur foncée de la prune est aussi commune aux deux langues. D'autre part je pense que l'on peut supposer que chez les grecs le mot mavro "maure" (noir) n'était certainement pas le noir car MRK du côté occidental maure (Maroc, Marakesh) aurait été aussi avec un MRN qui expliquerait enfin l'origine étymologique de marron en français (la version actuelle étant franchemnt très peu convaincante). Alors ça serait la châtaigne le symbole des maures occidentaux? Qui sait...Donc il est fort possible que noir grec mavro (maure) soit en réalité marron tout comme notre noir verkan est en réalité brun. A vérifier!

Fermier
Maintenant on va passer à une autre formule, d'ailleurs très proche de celle d'en haut sauf que c'est le M à la place du N pour remplacer les terminaisons en "gamma":
G ~ M, MG
En kabyle nous disons phreg pour dire mettre a-phrag c'est à dire la clôture (les frontières) de sa propriété foncière tha-pherka, c'est à dire la fermer
FRG ~ FRM
En clair phreg, freg c'est carrément fermer et bien évidemment nous avons le mot équivalent exact du mot ferme (firmus en latin) en kabyle: FRM = FRK, FRC. Notre tha-pharka = une ferme, voilà que nos laboureurs kabyles redeviennent des fermiers! Il en reste des fermiers kabyles après ce demi-siècle (de mélange) de socialisme et de barbarie en Argélie?
Cette formule "au goût espagnol" avec M comme celle d'en haut "au goût italien" avec N à la place d'une "gamma" en suffixe facilite le passage d'une langue à l'autre, dans un sens (N/M au lieu de G) ou inversement. Vous êtes kabyle et vous pouvez retenir deux mots russes là tout de suite:
MRM de meRmesh (cligner les yeux) = MRG de morgat' (cligner de l'oeil)
VRN de a-veRani (un étranger) = VRG de vrag (ennemi), un étranger forcément!
Ces deux formules peuvent nous aider à revoir le sens des toponymes et des patronymes kabyles surtout que durant les derniers 14 siècles ils ont subi des influences graves et étrangères issues de l'Est et du Sud, donc hors méditerranée.
FRG de Ferkan, Fergan, Fergani: FRN fernan (nom existant en kabyle), FRM: ferman. Ce nom nous rapproche du sens de "fermier" (même si nous savons que nos patronymes sont issus des toponymes et non de la profession exercée), ce nom Firman est répandu en Espagne, ça nous rapproche aussi d'un certains Firmus général "maure" qui s'est soulevé contre Rome.
Cette formulle "au goût espagnol" avec M pou G (C, K) m'a permis de comprendre un mot kabyle dont je cherche le sens exact depuis des années (voir billet Parnasse sur ce blog), il s'agit du mot a-phernas, afernas qui généralement est traduit comme "hécatombe". On va voir son équivalent espagnol pour comprendr exactement son sens:
FRNS en kabyle ~ FRGS ou FRCS en espagnol.
C'est à dire que a-phernas, afernas en kabyle est l'équivalent de fracaso [fracasso] en espagnol qui signifie " désastre, catastrophe, crash, krach, échec, revers". Olé, Olé, Olé! J'ai enfin trouvé le vrai sens de a-phernas!
Frères et soeurs kabyles, nous revoilà replacés dans notre cadre habituel, dans notre environnement naturel, en méditerranée! Pourvu que ça dure!