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samedi 16 janvier 2010

Idea

Pas la peine d'aller chez Ikea pour avoir an idea...

Vous connaissez le syndrome de la feuille blanche et l’angoisse qu’il provoque chez les écrivains? Ou bien ce que c’est être à court d’idées, une impasse que l’on peut surmonter uniquement si l’inspiration est au rendez-vous ou bien si l’on se concentre et on creuse au plus profond de ses neurones pour aller chercher à la source cette idée dont on a si besoin.

Il existe un problème d’une autre nature. Celà me rappelle une réplique du maître russe Dostoevsky qui à la question «comment naissent ou lui viennent ses idées» a répondu à peu près ceci: «je ne sais pas grand chose, les idées errent dans ma tête et moi je ne fais que les libérer ». Quand vous avez ouvert le robinet des idées et provoqué le déluge il devient très difficile de gérer ce flot et encore plus difficile de le fermer. Les idées surgissent quand vous ne l’attendez pas, des idées qui attendent leur heure et le moindre prétexte pour prendre forme dans votre tête avec ou sans votre accord. Elles viennent vous importuner quand vous aspirez au repos! Et ces idées veulent naître et voir le monde, elles exigent leur liberté de circuler, elles veulent êtres dites et écrites sinon elles ne vous laissent pas en paix. On ne peut pas se plaindre mais il il devient difficile de connaitre le répit dans des cas pareils donc il faut essayer de gérer au mieux cette problémétique. Pour ma part le robinet ouvert concerne concrètement le sujet de ce blog, la langue kabyle et son étymologie. Pour «limiter les dégâts» j’ai décidé de consigner ces idées qui viennent «sans permission» avant de les lâcher dans la nature donc je ne leur donnerai liberté que le week-end!

Idée = Représentation abstraite, élaborée par la pensée, d'un être, d'un rapport, d'un objet (définition Larousse).

Idée (étymologie) : issu du grec ancien ἰδέα [idhea] idéa = forme visible, aspect.

Quel est le personnage qui illustre mieux l’idée, l’intelligence ? Odyssée bien sûr chez les anciens grecs, devenu Ulysse chez les romains. Ulysse du latin Ulixes ou Odyssée issu du grec ancien Ὀδυσσεύς / Odhusseús, odysseus. Odyssée qui n’a pas le gabarit du géant Ajax mais un personnage intelligent, malin, rusé, voir même roublard. En plus du personnage Djeha (voir post Ulysse sur ce blog) commun à plusieurs peuples nous avons notre personnage mythologique, notre Odyssée en qlq sorte, qui symbolise l’intelligence, la ruse et l’idée. Il s’agit de meqidhesh, un personnage souvent représenté comme un homme courtaud ou un petit garçon (Belajout est un autre personnage de la même lignée des personnages kabyles rusés!) qui est parvenu grâce à la ruse sortir indemne de sa confrontation avec la féroce myope Tseriel (ogresse, cyclope) qui l’a pris dans son a-kuphi (réservoir de denrées alimentaires) pour le manger à son festin, un peu à la façon d’Odyssée bloqué dans la grotte du cyclope Polyphème.

C ~ Q,K & S

On va recourir au C introduit récemment, voir l’avant-dernier billet Caviglia à ce sujet. Le nom meqidhesh est déformé à cause de la gutturale q étrangère, voir même la chuintante «sh» pour la terminaison et le M en préfixe. Meqidhesh sera transcrit mecuidhesh ou simplement cudhesh, cudhes. D’abord nous y voyons cudash de a-kudash (en fr. Koudache) qui signifie en kabyle «courtaud, de petite taille, nain». Ensuite on y voit l’interférence entre cudesh, cudes avec le mot xidhes de thi-khidhass (les ruses, les astuces) qui sont qlq part d’abord des idées. C’est de ces mot xidhes et cudhes (meqidhesh) que nous devons tirer ou synthétiser le mot «idée» en kabyle.

Remarquez que le mot grec «idée» est utilisé dans toutes les langues, les romanes, les germaniques, les slaves. Les arabes utilisent fikra mais ce mot a plus le sens de «pensée». Si l’on s’amusait à transcrire autrement le nom grec Odhyssée, avec C [s,k] à la place de S [s], on aura Odhycee-Odhykee...et en arabe dheki ou dhaki signifie justement «intelligent, malin». Simple coincidence? Apparement le nom grec Odyssée n’a pas encore délivré tous ses secrets!

mardi 12 janvier 2010

Caviglia

Un élément nouveau dans notre transcription du kabyle sur ce blog.

Gamma group
Il faut se reférer au post "Draft .Classement" pour ce qui est de la transcription du kabyle sur ce blog. A un certain moment je pensais qu'il était nécessaire d'introduire un X (iks) latin dans le "groupe Gamma", au final c'est une autre lettre latine qu'on va intégrer à notre transcription. Cette lettre c'est C idem à celle du latin et des romanes (ex.français) qui devrait remplacer la gutturale étrangère Q par nécessité et le K pour des raisons esthétiques. Par ailleurs ce C peut-être un son "k" (ex. Ca, Cu, Co en français) comme un son "S" (ex. Ci, ç, Ce en français)
Le groupe Gamma est désormais constitué des lettres C, Q, GH, G occlusif et g spirant, K occlusif et k spirant, X (kh). Voici qlqs exemples intéressants pour remplacer cette gutturale étrangère Q surtout et le S dans certains cas.
Q ~ C [k]
S ~ C [s]
Le mot kabyle et mazigh aDHevsi (plat, assiette) utilisé en argot DZ se retrouve dans les autres mots attestant le même sens dTvaq (panier), tha-vaqith (plat). La seule différence est la transcription de ces mots avec S ou Q, donc le C pourra les remplacer les deux.
a-DHevsi: ~ a-DHevci
dTvaq: ~ dTvac ~ dTvas
tha-vaqith: ~ tha-vacith ~ tha-vasith
Un autre exemple pour voir comment ce Q va devenir un S, en réalité c'est le C qui est est soit un son [k], soit un son [s], exemples de a-dTas (beaucoup), deqs (suffisament, assez).
adTas ~ adTac
deqs ~ decs ou dacs
Idem pour le mot dTaq (fenêtre, lucarne) qui est avant tout "une ouverture, un orifice, un trou". Le mot dTaq devient dTac, avec C comme un son [k], ou dTace avec C comme un son [s] voir [sh] comme dans adTush (trou). Au final adTush transcrit adTuc est presque le même que dTaq trasbcrit dTac, les deux indiquent une ouverture.
De la même façon tha-qats (le sol, une place pleine et régulière) ou lqa (le sol) est liée à lesas (fondation) que l'on peut transcrire leca et leceas, ces deux mots se retrouvent en arabe pour info. Couper les cheveux (d'un être humain) se dit hepheph ou qeResh en kabyle, nous utilisons le verbe lles ou lless pour "tondre" (un mouton), ce verbe lles transcrit llec est étrangement proche de l'arabe helleq "couper les cheveux, tondre" (un être humain). Le mot kabyle reqem (colorer) transcrit recam rappelle étrangement l'arabe (ou l'inverse) resem (dessiner) que l'on pourrait transcrire recem.
Le patronyme boutefliqa, comme celui de Bouteflika bourreau des kabyles en 2001, est malheureusement un nom mazigh même s'il est déformé (arabisé) sur la forme. Le préfixe "Bou" est la forme arabisé de notre "vu", le T est juste un raccord, fliqa est une déformation arabe d'un mot mazigh. Je rappelle qu'en kabyle et mazigh le patronyme vient de l'origine géographique de la personne, c'est le toponyme qui donne les patronymes. Ce fliqa transcrit flica nous rapproche de flicea ou phlissa, comme le toponyme i-phellisen (Iflissen) en Kabylie. D'autre part fliqa aurait pu subir une altération du R en L très répandue pour les formes arabisés et mauresques de noms similaires en kabyle voir numides, exemple: ghezal ou ghozali au Sud (sour el-ghozlan) ou à l'Ouest (Nédroma, Tlemcen) est l'équivalent du kabyle ghezeR (ex. Thighzert, Ighzer amoqran). Bref fliqa aurait pu être simplement friqa ou frika, des noms comme ça en Kabylie il en existe (Frik), des toponymes avec cette racine FRK ou FRC il y en a au centre et à l'Est, exemple Bou-Farik ou simplement l'antique Africa.

Caviglia
Le choix de la transcription de notre langue doit refléter avant tout notre identité ensuite nos préférences. La présence de cette gutturale orientale Q tout comme celle du B à la place de notre V (voir F ou P) est une preuve de l'arabisation de notre pays et de notre patrimoine identitaire. Personnellement je pense qu'il est urgent de s'éloigner de cette empreinte coloniale et adopter une transcription plus conforme aux aspirations des kabyles modernes. Donc le mot Kabylie ou Leqvayel en kabyle, al-qabail en arabe doit être assaini, débarassé de cette gutturale Q qui sera remplacée par C, se débarasser aussi du B qui a supplanté notre V. Je suggère d'adopter une forme plus proche de notre environnement méditerranéen c'est à dire une forme plutôt proche du latin et des romanes.
QBL ou KBL de Kabylie ~ CVL
CVL de Cevilla (terminaison à l'espagnol), un peu comme Séville!
CVL de Caviglia (terminaison à l'italienne*) ou de Cavillia,
* En kabyle I[i] est un préfixe ou article qui indique le pluriel généralement (ex. i-rgazen), vous savez qu'en italien [i] indique aussi l'article pluriel comme "Les" en français, seulement il est transcrit "Gli".
Le toponyme meqla - Mekla seait transcrit Mecla et aurait un lien avec Mesla, Msila et les patronymes mesly, meslayen, msal(i), mzal(i).
Il est quasi-certain que cette transcription nous sera d'un grand apport pour déchiffrer le vrai sens de Kabylie, Kabyles pour mettre fin aux insanités des autres avec leurs versions ridicules. On assainit notre langue sur la forme d'abord, ensuite on s'attaquera à son fond. Le mot Kabylie-Caviglia ou Cavilla en est le meilleur exemple. On y reviendra dès que possible.