vendredi 25 décembre 2009

Aït Larbi

Ce post est consacré aux patronymes kabyles et nord-africains par extension.

Si vous avez lu le billet assez récent "Douc-Douc" vous serez donc au courant des attaques virulentes d'un ancien indignitaire du régime arabo-islamiste argélien et de sa clique contre le journaliste kabyle Arezki Aït Larbi (Rezki Ath llaRvi). Ces bonobos kabylophobes osent en plus interpréter le nom de famille de ce kabyle à leur façon et suivant leur QI en faisant de Aït Larbi "le fils de l'arabe", comme ces araberies et autres conneries bédouines peuvent induire les gens en erreur j'ai jugé nécessaire de traiter d'urgence l'étymologie de ce patronyme kabyle Ath llaRvi transcrit en français à l'état civil algérien Aït Larbi. C'est une façon pour moi de remercier Dda Rezki Ath llaRvi et c'est aussi mon devoir de défendre un compatriote kabyle face à ce déluge de mensonges et d'araberies qui n'ont d'autre but que de discréditer ce patriote kabyle.

Structure
Voici un petit rappel pour ceux qui voudraient comprendre notre toponymie et nos patronymes.
Les patronymes, noms de famille, sobriquets et parfois les prénoms kabyles (mazigh) sont toujours issus de l'origine géographique (du toponyme).
Une commune kabyle est constituée de plusieurs villages, généralement le nom de la commune ou fédération doit porter le préfixe Ath qui a deux sens: 1. il atteste l'appartenance à une fédération, 2. il est un préfixe en toponymie. Exemple de commune ou fédération: Ath Dwala, Ath Yirathen, etc...Chaque commune contient plusieurs villages.
Un village kabyle porte un toponyme relatif à son relief et à sa situation géographique dans sa commune, il peut contenir un préfixe Ath dans certains cas (ex. Ath Yidhir) ou ne pas le contenir (ex. Ighil Mimmun, Thaderth Uphella). Chaque village est divisé en plusieurs quartiers adhrum-idherman.
Chaque adhrum kabyle doit porter inévitablement un nom avec le préfixe Ath. Généralement adhrum est un quartier (et toponyme) de familles proches, c'est le premier cercle. Le nom du quartier adhrum commence par Ath et lui aussi il fait référence au positionnement géographique du quartier, exemple Ath Lewnis.
On utilise le préfixe Ath, Nath (avec N du génifi) pour désigner l'origine géographique de la personne.
On utilise le préfixe U, W (parfois pW-pu, bW-bu) pour désigner l'origine ethnique de la personne ou plus exactement son ascendance par le père, ex. U'ReZqi, WReZqi (Ou'Rezki, Warezki)) = fils d'Arezki, fille d'Arezki.

Préfixes
Les préfixes utilisés dans les patronymes kabyles et mazigh, nord-africains par extension, sont nombreux. Certains de ces préfixes ont été maquillés-arabisés.
Ath transcrit à l'état civil Aït le plus souvent arabisé en Béni-, Ben-.
Vu est souvent arabisé en Bou-. Ce Vu utilisé pour les sobriquets avec le sens de "celui au/l'homme à..." pour marquer une caractéristique particulière de la personne, ex. vuqeRu (l'homme à la grosse tête) ou vutheshashith (l'homme à la calotte, celui qui porte la calotte).
Vel est arabisé en Bel-
Bref, pour mémoriser ces préfixes déformés Ben-Bou-Bel surtout si vous n'êtes pas familier de ce pays il faut retenir la formule suivante Bon-Beau-Bel homme (ex.: bon homme, beau/bel homme).
Ensuite il faut noter que le B arabe altère notre V et le P car ces deux sons n'existent pas en arabe tout comme les sons spirants, k/g kabyles par exemple.

Larbi
Ce nom de famille est issu d'un lieu géographique, donc il faut retrouver le toponyme correspondant, c'est la règle. Ensuite il faut le regouper des noms quasi identiques. En effet en kabyle on retrouve les noms aaRav, muhdh'aaRav (transcrit Mohand Arab!), yaRvi-Larbi, Laribi. Et ce nom est lié au toponyme yaRva, LlaRva (ex.yaRva nath dwala, LaRva nath yirathen) en kabylie que l'on retrouve sous la forme arabisée Larba, Larbaa ailleurs (près de Blida par exemple). L'autre forme de yaRva, Larba est avec "gh" devant le R soit a-ghRiv (voir toponyme Aghribs en Kabylie) qui a donné des noms comme agheRvas (transcrit à l'état civil Guerbas).
Maintenant qu'on a cerné le problème nous allons procéder primo à reconstituer le nom car il est amputé, secundo à vérifier les altérations phonétiques arabes du nom d'origine en kabyle, tertio la forme avec le "gh" comme dans Aghribs.
1. Larbi, autres noms proches en Kabylie: Laribi, Larbès
vel- (Bel-) en prefixe complet à la place de L (forme courte) donnera:
L'arbi, L'aribi = Bel Arbi, Bel Aribi
Remarque: un autre préfixe Ben- à la place de Bel- engendre les noms Ben Arbi (ex.Benarbia) dans les régions arabophones d'Algérie et d'Afrique du Nord.
2. Altérations phonétiques, le B arabe a cannibalisé notre V ou sa forme soft Ph (F)
L'arbi, L'aribi, Bel Arbi, Bel Aribi = Bel Arphi, Bel Arifi.
Le nom Bel-Arif est attesté en Kabylie, la forme Rif, Arif est plus conforme à la langue kabyle, rifaine (mazigh en général). En outre le préfixe Ben- à la place du préfixe Bel- engendre les noms Ben Arfa dans les regions arabophones de Tunisie et d'Afrique du Nord.
3. La forme Larba avec "gh" (et "kh" aussi) va donner l'gheRv, l'kheRv. En clair le toponyme mazigh concerné c'est khRv de a-kheRuv, tha-kheRuvth (Takharoubt) en Kabylie comme El-Khroub à l'Est dans le pays shawi. Ce toponyme va générer un nom patronymique que vous connaissez normalement: vu-kheRuv ou Boukherrouba (vrai nom de Boumédienne, un shawi arabisé).
Voilà qu'on a vu toutes les variantes des noms proches de Aït Larbi, j'espère que cette information remontera jusqu'aux oreilles de Dda Rezki comme ça il n'aura aucune difficulté à donner l'étymologie de son patronyme surtout que les ignares bédouins lui cherchernt la petite bête y compris sur ce terrain.

Identités
Je pense avoir maintenant compris comment se formaient les noms kabyles, mazigh et nord-africains par extension. En effet les préfixes Ath (AïT), Vel (BeL), Vu (BOU-) et BeN- utilisés dans des noms composés ont une forme courte T, L, OU, N respectivement pour les noms simples. Voici un exemple assez simple de neGazi transcrit Neggazi à l'état civil fancisé, il n'a rien à voir avec neGez (sauter)! son origine est un lieu géographique, un toponyme:
..Negazzi = BeNegazzi ou Ben Ghazi pour la forme arabisée. Sa forme kabyle mazigh devrait poretr non pas un i à la fin de gazzi-ghazzi voir même qaci (kaci) mais une autre lettre, probablement r des toponymes ighzeR, thighzeRth, qseR-thiqesRayin (Tixeraïne). Ou bien la terminaison est en L donc ben ghezall proche des noms modernes L'ghazzi, Ghezzal, Ghouzalli et des toponymes ghuzlan (sour bel'ghouzlane).
Autre exemple avec le nom algérien neZaR (fancisé en Nezzar) qui avec le préfixe N complet (Ben-) serait Ben-ZaR, là on voit rapidement qu'il manque une terminaison (le son est aspiré en fait) en G, don Ben-ZaR serait Ben-ZaRG proche du nom existant en Algérie Ben-Zarga. En clair Nezzar = Benzerga mais les deux formes diffèrent. Nezar avec le préfixe N (Ben-) en U, Vu (Bou-) donnera son équivalent uZaR, vuZaR, puZaR, vuZaR transcrit en français Bouzar attesté en Kabylie...comme qui le nom Nezzar (un général de la junte militaire algérienne) rappelle phonétiquement le nom d'un autre impitoyable, le conquistador espagnol Pizaro, mais ce n'est que pour la petite blague donc pas de raccourci SVP.
La fome complète du nom Lwennas (voir aussi les formes francisées-arabisées Lounis, Lounici) avec Vel-(Bel-) à la place du L court serait Vel-wennas (valwannes, sidhi valwa - sidi baloua) ou Bel Wannes, wannes est aussi un nom kabyle.
Benchicou n'a rien à foutre avec la version folklorique (et ridicule!) Ben "fils de" (en arabe) -chico (en espagnol). Ce nom Ben Chikou est en relation avec un toponyme qui est à l'origine d'autres noms comme Ben Chikh (le cheikh n'y est pour rien!), leur homologue kabyle est le nom isyaxen (Issiakhen), cette racine seyakh est peut-être la même que l'algéroise shayeh (en fr. chayeh) de Oued Ouchayeh à El-Harrach appellé Oued Ou'fayeh (la rivière puante) pour les odeurs qu'il dégage. Le toponyme en question serait probablement la racine [SG] ou [SGR] des toponymes Syg, Siga, Sougueur ou sa variante altérée (arabisée) suq (Souk) qui a toute une autre signification en toponymie kabyle et mazigh nord-africaine. Il ne faut pas non plus exclure le lien avec la forme zg de sig-souk qui a apparement engendré les noms zegri ou Zekri, surtout dans l'est algérien. En clair Benchicou est très probablement identique à Benchikh et il n'est pas exclu qu'ils soient tous deux une autre forme de Benzekri, Zekri.
Le nom d'Alger, de l'Algérie serait aussi concerné. On appelle cette ville (ce pays) par L'dzayer en kabyle comme en argot DZ. Ce ne serait pas étonnat si le vrai nom contenait vel (Bel-) à la place du L, soit L'dzayer serait Beldzayer? Là ça coince donc il faudra approfondir.
Par contre le toponyme du sud algérien lleghwadT transcrit Laghouat est facilement repérable, il devient Bel-aghouat qui avec une altération assez banale du R-L va donner BeR-aghouat ou Berghwata au sud marocain.
Il en est de même pour le toponyme i-veRvashen Barbacha du côté de Vgayeth Bougie, l'altération R-L nous dit que Barbacha serait Bel-abbash ou plutôt Bel Abbas comme la ville de l'ouest algérien, et puis c'est une autre forme de Ath Abbas en Kabylie ou Béni-Abbas dans le sud algérien; Reste à dire que ce "Abbas" actuel devrait avoir une autre forme authentiquement kabyle qui reste à étudier, on y reviendra sur ce blog.
Belouizdad. La racine [wz] donne les prénoms féminins kabyles wiza, lwiza, wezna; avec le préfixe complet vel (Bel-) elle donne vel-wiz (Bélouis) en Kabylie et un nom plus complet Belouizdad ailleurs en Algérie. En outre il 'n'est pas exclu que le nom A-wis altéré en Âawis (Aouis) serait idem à bel-wiz (Bélouis). Quel toponyme a donné ces noms? Avec le "z" altéré la racine devient "wj" comme dans a-qawej, avec un T/D de terminaison (affixe féminin?) elle devient wjt, wjd comme dans wejda Oujda au Maroc et qui devrait exister ailleurs en Afrique du Nord mais avec une autre prononciation.
Tasfaout. Un nom "maure" (ouest-algérien, marocain, sudiste) simple qui commence par T cache un nom composé qui commence par le préfixe Ath Aït dans sa variante kabyle. Tasfaout devient Aït Sefaw, le préfixe aït remplacé par Ben (ou Bel/Bou) nous donne Béni-Sefaw ou simplement Béni-Saf. Le toponyme qui a donné Tasfaout (en Oranie) serait comme le nom Béni-Saf (en Oranie), cette racine SPh ou Saf indiquerait "le centre, le milieu, le midi, zéro" ou serait probablement amputée d'une terminaison (R aspiré) de sphara (ex. Aïn Sefra) très présent en toponymie nord-africaine et on a donné déjà certaines explications sur ce blog à propos du sens de "sphR" en toponymie mazigh nord-africaine (centre, le point "zéro"). Cette même racine serait proche du nom pheRawn-sephrawn? (Féraoun, Sefraoun?) en Kabylie comme du toponyme i-phrawsen (mont Feraoucen, Sefraoucen?) dans la région de Tlemcen.

Voilà qu'on a sensiblement avancé dans cette épreuve difficile qui consiste à déchiffrer les noms kabyles, mazigh et nord-africains par extension. C'est un grand pas en avant il me semble. On a le droit de s'en réjouir car on a enfin les arguments nécessaires pour mettre fin au massacre identitaire et à l'oubli. Les folkloriques "ton nom est personne, ton nom est perdu, ton nom est arabe (bédouin)" ne feront plus recette en Afrique du Nord. C'est une grande victoire du Peuple, de la Vérité du peuple et du Créateur sur les usurpateurs et ceux qui jurent par le mal.

jeudi 24 décembre 2009

Book

Et pourtant ce post ne porte par sur les livres...

Aujourd'hui nous allons voir comment les patronymes anciens mazigh toujours issus de l'origine géographique (du toponyme donc) ont été maquillés et déformés pour avoir une consonnace arabe et un sens en arabe même si cette pseudo étymologie populaire "arabe" DZ frôle le ridicule.

Al Make-up
Les noms nord-africains Boumaaza "celui ou l'homme à la chèvre", Boubaghla "l'homme à la mule" sont une preuve de ce make-up arabe des noms patronymiques d'origine kabyle ou mazigh nord-africains, la règle de base de formation des patronymes kabyles-mazigh est volontairement ignorée. Un nom est avant tout lié au toponyme, Bou-Baghla devrait être lié à un lieu comme Baghlia (il en existe), Feghlia (des patronymes Feghul on en a) ou meilleur encore Waghlis comme Ath-Waghlis lié justement à Boubaghla. En réalité cette racine arabisée avec le B de Baghlia tout comme Waghlis kabyle ce ne serait rien d'autre que la forme plus répandue waali ou waâali (Ouali à l'état civil) et Boubaghla serait plutôt Bouwali ou Bouali, rien de plus.
Il faut se rendre à l'évidence que ces déformations sont surtout le résultat de l'arabisation de l'Afrique du Nord, un algérien arabisé par exemple cherche simplement à trouver un sens à tel ou tel nom dans son argot arabe DZ quitte à passer sous silence la vraie origine du mot, sa vraie étymologie. Et ça se comprend car cet algérien arabisé ne comprend pas le kabyle ou le shawi (mazigh en général), alors comment voulez-vous qu'il s'en sorte? Pour la toponymie nord-africaine ce sont les territoires préservés de l'arabisation, la Kabylie en premier lieu, qui sont la référence pour trouver la clé des noms patronymiques et bien entendu le système des désignation des toponymes nord-africains. Prenons l'exemple de Boumaaza qui dans l'imaginaire populaire algérien-arabe serait "celui ou l'homme à la chèvre". En Kabylie outre les noms on désigne les personnes par des sobriquets toujours liés à l'emplacement de leur lieu de résidence (de leur maison), Boumaaza en est un, il est comme Boumaati et les deux ont une variante féminine (Mi,Mou à la place de Vu, Bou) comme mumaaza, mumati, probablement ces deux noms ou sobriquets font référence au "bas du village" comme dans les exemples que je connais.

Bouc
On va continuer avec les caprins, ce qui va nous permettre de lier des noms de famille que l'on retrouve en Kabylie, dans le Constantinois et en Oranie.
En sémitique arabe maâza = chèvre; taïss = bouc; djad = bicot, chevreau
En argot arabe DZ 3atrus, lâatrus = bouc. Ce mot n'existe pas en arabe.
En kabyle maintenant:
tha-ghadT = chèvre; thi-ghedTin = les chèvres (ce terme designe cette espèce en général)
a-qellwash = bouc
a-hulli = bouc, bicot, chevreau
Notons que chez les rifains et les chleuhs au contraire du kabyle tha-ghadT (chèvre) possède la forme masculine a-ghadh, a-gadh = bouc. Probablement le terme 3atrus-lâatrus en argot "arabe" nord-africain serait issu de ce ghadh (gad, gadt) mazigh avec notre gamma "gh" altérée en ayn (3, â) arabe.
Maintenant on va reparler du nom de famille nord-africains Boulatrous qui conformément à la fausse étymologie populaire "arabe" aurait une explication assez simple "celui ou l'homme au bouc", en réalité nous savons que c'est faut. J'en ai déjà parlé il me semble, vu-laatrus (Boulatrous) existe en Kabylie comme un sobriquet de qlq'un issu d'un toponyme connue chez nous comme Ath Yidhir (Aït-Idir) et là je suis formel. Les noms les plus proches de vulatrus (Boulatrous) sont drush (Drouche), driss et idriss tous liés à ce toponyme Yidhir même si on exclue pas non plus un lien avec un autre toponyme comme Aarus (aguni aarus) par exemple, ou avec aHRas (souk ahras) et la notion de cèdre et jedhRa (tronc) en toponymie mazigh ex.Sedrata.
Nous savons que les plus grands dégâts dans notre langue sotn provoqués par les sons intrus comme le ayn (3, â) sémitique-arabe, nous avons dit dans le poste précédent qu'il aurait pu altéré un son du groupe gamma (gh, k-K, G-g, kh) ou du groupe S-Z. Là on a vu qu'il peut facilement altéréer une gamma "gh"kabyle, il en est de même pour K (occulsif) et k (spirant)
â, 3 ~ K, k
Donc âatrus serait issu de la racine kabyle-mazigh ghadh, ghadt, gad comme on l'a vu plus haut, et âatrus serait plutôt ghadhrus, gadrus, kadrus.
Le nom vulaatrus transcrit en français à l'état civil Boulatrous est porté par beaucoup de nord-africains, parfois en Kabylie mais surtout dans l'Est algérien il me semble. Ce même nom existe sous une autre forme mais cette fois dans l'Ouest algérien, avec un K à la place du ayn (â, a) le A dans la transcription française de ce nom:
Vulâatrus, Boulatrous à l'Est est exactement le même nom que Belkedrous, Belkedroussi (Belkedrouci) à l'Ouest. La différence est que pour Boulatrous on a trouvé un raccourci bédouin "l'homme au bouc" alors que pour Belkedrous on ne sait rien de son origine et on se tait. Les gens portent leurs noms sans se soucier de leurs sens et de leurs origines. Ils se fichent de leur généalogie, au mieux ils essayent de trouver un raccourci bédouin pour comprendre leur nom et de s'inventer une origine "noble" genre descendant de tel ou tel prophète. Linguistiquement on voit la différence entre la variante de l'ex-partie numide (Est) et celle de l'ex-partie maure (Ouest) de notre patrie nord-africaine. A propos des toponymes avec âatrus il y en a partout comme Ain Atrous en Tunisie que les arabophones interprètent comme "la source du bouc"! Hélas ils ne savent pas que notre thalla "source, fontaine", qu'ils ont vite arabisé en Aïn là oû ils sont passés, possède un autre sens en toponymie kabyle et mazigh. L'exemple d'aujoud'hui Boulatrous=Belkedrous doit servir de leçon, et croyez-moi ce lieu en Tunisie appellé Aïn Atrous a qlq chose en commun étymologiquement avec l'antique toponyme mazigh numide de thysdhrus ou Thysdrus que les tunisiens appellent El-Jem.

La clé identitaire pour comprendre les origines des noms nord-africains se trouve dans notre toponymie, elle est surtout préservée en Kabylie. C'est le berceau kabyle qui mettra fin à la supercherie, c'est la Kabylie qui est capable de redonner sa dignité à l'identité nord-africaine, un sens aux choses et aux noms. Cette même Kabylie est pourtant attaquée de tous les côtés par ces "arabes" nord-africains qui veulent son extinction. Mais nom de chien! c'est sans doute logique que des gens si crédules au point de croire que leur patronyme est un nom de bouc ou un nom de chèvre (Boulatrous, Boumaaza) de s'attaquer au socle identitaire nord-africain que presque seule la Kabylie (dans le Nord je parle) a su préserver au prix de beaucoup de sacrifices face aux usurpateurs et à ceux qui jurent par le mal. Mais tous ces gens qui se croient être des ibn-Bouc ou des abou-Bouc sont des émissaires du qartel oriental qui veut nous exterminer, souvent ils disent qu'ils sont les gens du book (livre) pour justifier ce massacre identitaire. L'expression bouc-émissaire prend tout un autre sens dans notre cas précis...Alors tant qu'il y aura des boucs genre a-hulli baRaRa ou a-qellwash a-hemZawi l'Afrique du Nord ira droit à sa perte.

mardi 22 décembre 2009

Base

Post consacré à une notion importante.

Toute nation, tous les pays, tous les peuples ont leurs principes, leurs traditions qui leur servent de repère dans ce monde. On va voir les nôtres, nos fondamentaux!

Tikjda
Quand on parle des traditions ancestrales kabyles nous disons laawayedh negh ou laâewayedh negh (nos coutumes, nos traditions). Quand nous parlons des aïeux, des ancêtres nous disons lejdhudh et nous utilisons aussi le terme thajadith relatif à notre fidélité aux générations anciennes, à nos origines. Quand nous parlons de sur quoi reposent notre peuple ou notre foyer (maison) nous utilisons le mot a-jeggu (pilier, colonne). Nous avons aussi tha-gejdhith qui au pluriel est thi-gejdha transcrit en français Tikjda qui est un lieu très connu, Tikjda sont Les Colonnes du Jurjura. Eh bien thi-gejdha (Tikjda) signifie aussi ce qui nous donne la force, ce qui nous sert de support et d'appui, les fondements sur lesquels repose notre pays kabyle, les fondations de notre peuple, la base de notre foyer et de notre patrie.

Cèdre
Vous aurez bien sûr remarquer que jedd existe aussi en arabe (djed = grand-père) mais il faut bien comprendre que la prononciation en kabyle a été influencée par le sémitique-arabe mais la consistance de nos mots est préservée. Nous allons voir que le "aa" prononcé comme le ayn (â, 3) sémitique-arabe aurait supplanté une autre lettre. Nous allons voir aussi les mots utilisés plus haut sous un autre angle.
tha-gejdhit, thi-gejdha (Tikjda) est à la racine avec gJ (le g, ga est spirant)
a-jeGu est avec la racine inverse JG (le G, Ga est occlusif)
Ces deux mots attestent le même sens de piliers, de colonnes mais ils sont prononcés différement avec la racine JG ou son inverse gJ. Alors est-ce que a-jeGu serait plutôt a-geju? Ou bien thi-gejdha serait plutôt thi-jegdha?
thi-gejdha serait probablement thi-gejdhaR avec un R rétabli à la fin du mot, logique car le mot tha-gejdhit fait référence au tronc de cèdre qui sert de colonne centrale à la maison kabyle. Le tronc en kabyle est aussi avec un R soit jedhRa.
Comme dans le mot kabyle a-arur (dos) altéré en a-âerur, on dit a-zagur aussi. C'est donc le dos ou peut-être aussi la colonne vertébrale. Et remaquez bien que zg de zagur est proche de jg de jegu allemmas (pilier central, colonne centrale). De la racine jg on est arrivé à la racine zg dont on va voir la fome plus soft avec sk comme dans le mot a-skiw = le bassin (anatomie), la jonction entre la colonne vertébrale et les membres inférieurs . Ces racines jg, zg, sk indiquerait en plus de ce qui est au centre/milieu (colonne, bassin) comme point de jonction voir centre de gravité, une chose très importante du point de vue rationnelle surtout que zg de zGa = constant, constante. Du point de vue des maths/géométrie la constante pourraît être un rapport, un chiffre. Cette racine zg est aussi dans a-zGar = taureau, boeuf, le symbole de la force vitale.
A propos de force en kabyle on dit jeHed, djeHed (fort) mot kabyle même s'il a été phonétiquement altéré et même proche d'un mot sémitique-arabe avec tout un autre sens djiHad, le jihad! Très probablement notre jeHed serait jeGed (proche de a-jeGu) ou même jeGedR, zeGadr, sekadr. De même rien ne nous empêche de supposer que le mot thi-gejdha (Tikjda) serait thi-gejeHedha en relation avec jeHed (fort), ou bien ce mot serait thi-gejedhRa en relation avec le tronc et le cèdre. Tout ça sera vérifié plus tard.

Sexe oû?
On va rigoler une peu va, façon de faire une pause! Le couscous en kabyle et mazigh se dit en réalité seksu (sexu!), marrant non?! Ce mot viendrait de la couscoussière appellée tha-seksuts qui n'est pas sans rappeller par sa racine SK e mot askiw (bassin). Simple coincidence?

Ordre
Pour faire règner l'ordre certains n'hésitent pas à avoir recours au bâton, hélas. En kabyle le bâton est appellé a-ukaz, altéré en âukaz/3ukaz par le ayn (â, 3) sémitique. Bien faire, classer, régulariser ou ordonner en kabyle se dit qaadh, sqaadh altéré en qaâedh/sqa3edh, pour info en arabe c'est tartib, nidham donc aucun lien avec nos notions. Et pourtant notre qaâedh est phonétiquement proche de deux mots arabes qaâida, qa3ida (al-qaïda) = la base, la fondation. En kabyle on dit tha-qaats, thaqa3ets pour une surface pleine donc régulière (ordonnée!), rien de tel chez les arabes pour qui qa3a/qaâa = salle, hall, cour, chambre. C'est pour vous dire nemvaadh khas nemqarav, on est différents mêmes si on est proches (ici phonétiquement).
Mais alors comment nous débarasser de cet intrus ayn (3, â) surtout que dans différents cas il altère différentes lettres kabyles. Dans le cas pris pour exemple aujourd'hui ça donne cette formule:
â, 3 ~ j (voir z, s), ou g/G/C
Pour comprendr pourquoi prenons un mot kabyle et comparons le à un mot arabe avec le même sens. Notre tha-qRaats altéré en tha-qRa3ets signifie "bouteille" tout comme l'arabe qar3a/qarâa. Maintenant on prend un autre récipient phonétiquement proche existant en kabyle et mazigh mais pas en sémitique-arabe, le mot est a-veqRaj, tha-veqRajth (theière, cafetière).
On peut supposer que dans le mot qRâa (bouteille) la forme kabyle-mazigh devrait prendre un j voir s ou z à la place de â/3 étranger et serait donc tha-qRajth, tha-qRasth, tha-qRazth.
Le mot âukaz (bâton) serait alors jukaz ou juGaz proche de a-jeGu (pilier, colonne).
Idem pour qaâa qui serait qaja, on compend pourquoi la confusion e kabyle pour dire a-qejdhuR ou a-jeqdhuR (ustensile), voir aussi luqjaR, leqjaR/legjaR? (casier, tiroir), mot ayant donc un rapport avec le classement et l'ordre tout simplement!
Cette formulé utilisée pour les patronymes ayant cet intrus ayn (3, â) donnerait ça par exemple:
awis, âawis (Aouis) devient jawis (ou Bejaoui?), sawis ou zawis (Zaoui, Zwaw existent).
aalmam, âllam devient jelam, sellam, zellam ou bien gellam, Gellam, callam (du toponyme Calama-Guelma?)
Et puis âïssa en arabe devient logiquement jaissa ou Jésus!
Bref, cette formule est apparement valable dans certains cas mais il ne faut pas la généraliser. L'essentiel aujourd'hui est que nous avons retracé les fondamentaux, les notions fondamentales de l'identité kabyle, la base et les piliers sur lesquels repose notre identité kabyle et notre pays kabyle.

lundi 21 décembre 2009

Africa

C'est un grand jour, le nom afrique enfin déchiffré!


Africa
Un toponyme mazigh antique a donné son nom à tout un continent et pourtant peu de gens ont cherché à découvrir la vraie étymologie de ce nom. Africa est avant tout un toponyme mazigh nord-africain, il est attesté au moins depuis l'époque romaine. L'annexion de nos territoires par les romains est le résultat de nos défaites militaires. L'afrique proconsulaire cétait la province orientale d'Afrique du Nord qui correspond à l'Est de la Tunisie depuis l'antique Carthage jusqu'à la Libye au moins jusqu'à Leptis Magna. Tous nos territoires à l'est sont revenus aux romains à ce moment là. C'est cette partie orientale qui était désignée par le toponyme Africa. C'est une toponyme mazigh sans aucun doute et il doit obéir aux règles de désignation des toponymes mazigh, en clair on doit lui trouver une forme proche dans les appellations modernes en kabyle ou en shawi et on doit lui déchiffrer son étymologie. Les versions populaires qui lient le mot africa à tha-ferka (propriété foncière, lot de terrain) ou à la racine [vrk] de a-verkan (sombre, noir) sont folkloriques et inacceptables. Un toponyme mazigh situe le lieu désigné dans l'espace selon un système bien précis, c'est comme des coordonnées pour situer tel ou tel endroit d'après les points cardinaux et probablement l'horoge solaire. C'est comme chez les français le Midi désigne le Sud, comme ça vous comprendrez la logique de nos toponymes.

Aurore
En kabyle le mot tha-phrara désigne l'aurore, c'est à dire que si un toponyme porte la même racine que ce mot [Ph.R.R], ou [Ph.R.G] avec gh/G à la place du R ici grasseyé, il indique d'une façon ou d'une autre le côté oriental, l'Est ou le Levant. Nous allons appliquer la "formule de thallaphsa" (voir les deux billets précédents) pour la racine PhRR et on aura deux variantes, l'une complète [sh.ph.r.r] donc phrara serait shephrara, sephrara, et l'autre variante courte avec le "sh" à la place du "ph" qui fera que phrara devient sherara. La version avec un R grasséyé (un GH ou Ga donc) dans la terminaison donnera spheragha, sheragha, sheraga pour phrara de tha-phrara (aurore).
Bref, aphrir, aphrig ou aphriq devenu Africa est lié à tha-phrara (aurore) pour indiquer le côté du Levant, l'Est. Donc Africa c'est simplement la partie orientale de notre patrie nord-africaine. Avec le "sh" à la place du "ph" aphrir, aphrig, aphriq devient sheriq qui n'est pas sans rappeller sherq (Levant, Est, orient) en sémitique-arabe. Des toponymes kabyles proche de cette antique Africa existent même s'ils sont déformés comme phRéha, i-pheRhunen (Fréha, Iferhounène) ou phaRedj (ex.Sidi Fredj = sidi ferruche), des patronymes kabyles, issus exclusivement des toponymes, liés à cette appellation on en a beaucoup: phrik (Frik), pherag, phergan (Ferragui, Fergane, Fergani), phaRedj (Faredj). Avec un "sh" à la place du "ph" on en a aussi: shregha (Chréa), sheraGa (Cheraga) par exemple, voir le patronyme consquent sherGi (Chergui). En plus la varante verkan (Berkane) aussi peut avoir un lien; Tout comme la variante avec un "z" à la place de "ph" pour zerkan, tout ça reste à vérifier.

Donc à très très forte probabilité le nom Africa serait sephrira-sephrega, sherarga avec comme sens principal le côté de l'Aurore donc du Levant, l'Est ou l'Orient par extension. Et il concorde parfaitement au lie géographique qu'il désignait dans l'antiquité, à savoir la partie orientale de notre patrie nord-africaine.

Fès

Post consacré au nom d'une ville mauresque et à un symbole nord-africain.

Il faut avoir lu au préalable le billet précédent (Ferratus) avec la "formule de thallaphsa" Ph-V (p, b) ~ S-Z (sh, j/dj) qui d'ailleurs conforte notre ancienne "formule 4x4" avec sh = s.ph/sf. Bref, pour ce post nous allons effectuer le remplacement sh ~ ph(F) dans les cas avérés.

Maroc
L'ancienne Maurétanie occidentale a toujours sauvegardé son nom du "couchant" (occident, ouest), il a été repris par les arabes après leurs invasions en Afrique du Nord entre le 7 et le 12 siècles, le maghreb ou al-maghreb "le couchant" et al-maghrib désignant le Maroc en arabe.
Le nom Maroc dans les langues romanes est parvenu via l'espagnol Marruecos qui est aussi le nom de la ville de Marrakech. D'autres peuples ont adopté un autre nom, d'une autre ville pour désigner le Maroc. En effet les iraniens tout comme les turcs désignent le Maroc par le nom Fès ou Fas, nom tiré de la ville de Fès.

Fès
Les russes en hiver arborent leurs shapkas, les cow-boys leurs chapeaux, les hébreux ont leur kippa, les nord-africains ont leur chachia (en argot arabe nord-africain) ou tha-shashith en kabyle. Vous savez que les russes, à cause d'un emprunt aux turcs, appellent feska notre tha-shashith (la chachia). Et cette tha-shashith, shashia (en français Chachia) nous vient indiscutablement de la ville de Fès c'est de notoriété publique. Elle est porté par les turcs aussi mais elle est avant tout portée en Afrique du Nord, en Algérie, au Maroc et en Tunisie.
shash ~ phash, phas (Fas, Fès)
tha-shashith =? tha-phashith, tha-phasith (ta-fassit)
Bref, notre "formule de thallaphsa" avec cette altération de ph en sh assied parfaitement au nom de Fès. On devrait supposer que le nom complet comporterait les deux (sh+ph, voir s+f) comme on l'a vu pour d'autres cas dans le billet précédent (Ferratus). On aura à partir de phas, shash la forme complète phsas, phshash, veshash (ça rappelle un toponyme kabyle tha-vushish-th transcrit en français Tabouchchit). La forme la plus proche et la plus réaliste de Fès en toponymie mazigh c'est Fezzan, des patronymes (toujours issus de l'origine géographique chez nous) comme Fezzan existent aussi. On ne pas exclure non plus une relation entre Fès et fath (phasth?) de tha-phath (la lumière), comme quoi Fès ville des lumières ne serait pas volé dans ce cas surtout que Fès possède l'une des premières universités du monde chronoligiquement parlant (à partir du 7ième siècle). A suivre donc.


Maintenant il faut dans l'immédiat tirer profit de ce que vient de nous révéler le nom de Fès, à savoir assainir les noms comportant une double syllabe avec un "sh" ou simplement un double "sh". Par exemple aqshish (garçon) devrait être a-qephish/a-qephis; a-mshish (chat) deviendrait a-mephish, a-mephis. Idem pour les toponymes ou patronymes concernés. On y reviendra mais retenez déjà qu'il faudrait peut-être adopter et appliquer cette formule en kabyle moderne pour dire tha-phasith au lieu de tha-shashith car la chuintanté "sh" est une preuve de l'influence des sémitiques. Alors autant reprendre la forme mazigh de ce nom.

Ferratus

Etant donné qu'il neige H24 on va parler du Jurjura.

Terroir kabyle
La formule que nous allons découvrir aujourd'hui est assez particulière. Nous allons recourir à une comparaison de toponymes et de patronymes du terroir kabyle (exemple des Ath Dwala) pour l'aborder. Ces noms transcrits en français à l'état civil sont les suivants: akal a-verkan (terre noire) ou Berkane ailleurs (au Rif par exemple), Zerkane-Zerkani, Feddak, Zeddak-Zeddek tous des patronymes familiaux de cette région des Ath Dwala.
verkan ~ zerkan
pheddak- zeddak
La formule du jour opopose les semi-voyelles du "groupe w" surtout Ph (F), V voir P, B et W aux consonnes du milieu surtout S et Z, voir leur altération en chuintantes et sifflantes J/Dj et Sh.
F-V-P-B-W ~ S-Z-Sh-J-Dj
Cette comparaison des noms et des mots qui ont pour seul différence F-V à la place de S-Z ou inversement devra nous aider à déterrer beaucoup de choses, on verra si les sens des mots sont les mêmes ou pas.

Nez kabyle
Eb kabyle nous disons a-nezaren (le nez) au pluriel, tha-nezarth (narine) très proche phoéntiquement de nose en anglais, nez en français, noss en russe ou nozdria (narine) en russe. Nous avons en kabyle le mot niph qui au sens figuré désigne l'orgueil (de celui qui porte la tête haute, "le nez en l'air"!) et qui très souvent désigne au sens propre le pif du nez. Ce mot nif signifie "nez" en arabe. Autre interférence entre l'arabe et le kabyle le mot nephs (haleine, respiration, respirer). Donc en clair nous avons la racine NZ ou NS d'un côté et la racine NPh ou NF de l'autre pour désigner le nez. Nous allons coupler Z+Ph ou S+F pour ces mêmes mots afin de supprimer l'altération d'un Z/S par un F.
a-nezaren (nez) =? anephzaren, a-nefsaren. On y voit le verbe nephes (respirer).
a-shenphir (lèvre) =? a-shenezphir, a-shenesfir. La racine NSF y est pour la lèvre aussi!
a-anphur (dent superposée sur les autres qui pousse anormalement sur le haut de la gencive) =? a-anezphur, a-nesfur. Idem on y voit la racine NFS.
a-ghendjur, a-ghenzuR?(nez aquilin) =? a-ghenephzur, a-ghenefsur. Idem on retrouve la racine NFS.
Donc le fait de coupler N+F nou a aidé à comprendre l'origine de cette formule que l'on va baptiser la formule de Thallaphsa. Et voici pourquoi.
thalla = source, fontaine
thallaphsa = hydre, serpent des eaux/sources/fontaines
lapha, laphaa = thallaphasa (forme plus courte).
Vous n'allez pas le croire mais j'ai rerouvé notre mot lapha sous la forme laphaâe dans un (vous allez tomber sur le q!)...dictionnaire arabe en ligne (ajeb)! Ce mot lapha tout comme le nom germanique Shwarzenegger ne peut pas être arabe!!! Et d'ailleurs les arabes ne le connaissent sans doute pas car l'équivalent de notre thallaphsa-lapha en arabe serait probablement al-thaâaleb (serpent). L'intérêt pour nous est dans ces deux formes kabyles et mazigh thallaphsa-lapha avec PhS couplés pour la forme complète et le seul ph pour la forme courte. La "formule de thallaphsa" va donc nous guider à vérifier notre formule du jour Ph-V ~ Z-S en les alliant tout simplement.

Mont kabyle
D'après des sources concordantes et dignes de foi notre mont Jurjura (ou Djurdjura) était jadis appellé Montus Ferratus par les romains, soit mont de fer ou muraille de fer. De nous jours par le mot uzzal nous désignons un métal y compris le fer dont nous ne connaissons pas le mot exact en kabyle et mazigh faute de l'avoir perdu. On va essayer d'appliquer la "formule de thallaphsa" au mot fer, ferratus d'origine latine en ajoutant un S-Z au F pou avoir la forme kabyle-mazigh (au cas oû elle aurait existé sous une forme proche du latin).
ferrat; racine FR =? zefer, sefer, sever, seber
Maintenant on va appliquer la formule de comparaison B-D pour passer du latin au kabyle-mazigh dont on a parlé sur ce blog déjà (voir post Citron).
FR =? sefer, sever, seber = (avec D à la place du B/V) seder, sedher, sether
Et là on obtient un mot grec mais pas kabyle connu: sidheros, sideros = fer, d'oû sidérurgie.
Je pense qu'il serait raisonnable de supposer que le mot utilisé par nos ancêtres pour désigner le fer serait plutôt proche du mot grec sidheros, sideros (fer). La preuve se trouve dans nos toponymes kabyles, shawis (mazigh en général) nors-africains. Le mont Ferratus deviendrait le mont Sedratus si on appliquait la forme grecque sideros pour le fer, et ce Sedratus ou Sedrata (voir kherrata = khedrata) on en a déjà parlé récemment dans le billet Cirta.

Les avantages de la formule du jour baptisé "formule de thallaphsa" sont nombreux. Par exemple le nom hannashi (Hennachi à l'état civil en français) doit s'aligner sur hannaphi (Hannafi). Mais il y a d'autres exemples nettement plus intéressants. Le mot sémitique aleph, alif (alpha, mille) pourrait être alephz, alefs. Le nom ayssa de Jésus - Âaïssa lui aussi serait ayephsa (allephsa?) ou plus court aypha (allepha). La mythique Iset (soeur d'Osiris) devenue sans doute aysha chez nous (voir aussi Âaïcha chez les arabes) serait ayphsa, plus court aypha. On va pouvoir comprendre le sens rationnel des "religions" comme on va devoir réapprendre l'alphabet ou plutôt les origines de l'alphabet. L'histoire de l'alphabet apporté aux grecs par le "phénicien" Cadmos fils de Thallaphsa, pardon!, de Telephassa. A suivre donc!

vendredi 18 décembre 2009

Bûche

Un billet pas comme les autres...

Ici en Russie il fait froid entre moins 15 et plus bas mais ici on a l'habitude du moroz. En France c'est la neige à gogo. Neige t-il en Kabylie en ce moment? Je ne sais pas. Cependant la neige et le froid me rappellent toujours un motif kabyle, une chanson pas comme les autres.

Vava Inouva
S'il y a une chanson emblématique, une chanson kabyle du terroir c'est bien le chef d'oeuvre Vava Inouva de Dda Yidhir (Idir) dont la notoriété a dépassé nos frontières. C'est une berceuse pour certains, une chanson emblématique pour d'autres. C'est une chanson que j'adore, il m'a même été donné de la chanter devant un public qui a beaucoup apprécié, c'est une chanson qui donne des frissons sur scène et en dehors de la scène. Cette chanson fait partie de notre patrimoine kabyle. Elle porte en elle notre identité kabyle.
La chanson comporte deux motifs, elle allie le mythe et la réalité. Le mythe c'est le conte kabyle Le chêne de l’ogre qlq part proche du petit chaperon rouge de Perrault ou des frères Grimm sauf que dans le conte kabyle la nièce est avec son grand-père (et non la grand-mère) face à l'ogre ou au monstre de la forêt (et non pas le loup). La réalité c'est la dureté de la période hivernale pour la famille kabyle traditionnelle, la période des vaches maigres et de la disette, la période du froid et de la neige. Cette chanson nous raconte justement le quotidien des montagnards kabyles durant cette période hivernale, période oû la terre ne donne rien et il n'y a pas de travaux de champs. C'est la période de tissage pour les femmes qui ont largement le temps de raconter les contes aux enfants et les initier à l'apprentissage de ce monde. C'est le foyer (kannun) pour se chauffer. La famille réunie autour du feu pour écouter la doyenne de la famille raconter la mythologie kabyle. Une bûche de chêne vert (thassaphth) pour se chauffer durant l'hiver kabyle. Autour d'une bûche naissent les mythes kabyles.
Une bûche en Occident c'est différent de la Kabylie. En Europe de tradition chrétienne les préparatifs de Noël vont bon train, le sapin, la bûche de Noël, tout sera là. Une autre bûche pour réunir la famille, cette fête étant familiale avant tout. La bûche de la nativité...ou la bûche de la renaisssance (de la vie, de la terre) qui débute juste après le solstice d'hiver (22-23 décembre). En bon kabyle j'attends le printemps, le printemps de la renaissance!

Ecouter Vava Inouva, Version 1
Ecouter la Version 2 Idir en duo avec la voix d'or celte l'écossaise Karen Matheson. Moi j'aime les deux versions. A vous d'apprécier. Bonne écoute!